ORGIE DIABOLIQUE…
Dans les bas fonds d’un quartier populaire de Paris, c’est par une nuit chaude d’été, l’absinthe ayant couler à volonté, l’opium embrumé l’atmosphère, et mon esprit déjà entaché par toutes sortes d’abus, que le diable s’est glissé sous mes draps, tout contre moi…
Ce diable avait la couleur de trois femmes, l’odeur de trois filles de joies, trois beautés aux lèvres sanguinolentes, d’un rouge flamboyant, enivrant, trois poupées aux cheveux d’ébène, aux boucles déferlantes et tournoyantes à donner le vertige…
Trois déesses déchaînées aux corps à demi dénudés, aux cuisses et jambes cachées, par des voiles, des robes, des frou-frou près à tomber… trois araignées qui ont tissé leurs toiles, autour de moi, pour mieux me capturer…
Dans une ambiance drapée, aux lumières tamisées, par une nuit chaude d’été, je me suis laisser bercer, par le souffle exaltant de ces trois diablesses… leurs ongles acérés m’ont griffé, leurs dents blanches, lumineuses et pointues m’ont croquer, elles ont fait courir leurs doigts, leurs mains, leurs lèvres, sur mon corps dénudé… Puis elles se sont mélangées, embrassées, caressées, entre elles, se jouant de moi. J’ai vu leurs bouches se toucher, leurs langues s’enrouler, leurs poitrines s’effleurer, leurs sexes se frôler, je devenais fou, fou de désirs, elle me rejetai à chaque fois que je voulais m’approcher d’elles, je n’en pouvais plus…
Etait-ce réel, ou mon imagination qui me jouait des tours, je les voyais tournoyer, s’envoler aux dessus de ma couche, elles riaient, leurs rires me faisaient un drôle d’effet, puis elles retombaient sur les draps, et s’approchaient de moi… dévastatrices, entre mes cuisses, une à une, elles m’ont savourés… Je me retenais, m’agrippaient à leurs cheveux, mon corps se dérobait, j’étais comme fou, fiévreux et ruisselant, j’écarquillais les yeux, essayait de reprendre mes esprit, mais j’étais trop bien, sur mon sexe bandant une à une, elles se régalaient, se vautraient, en continuant de rires, à m’en faire perdre la raison…
De mon front perlait des gouttes de sueurs, qu’elles s’empressaient de lécher avec plaisir, de leurs bouches coulaient quelques gouttes de sang, je ne comprenais pas, ce sang s’échappait des entailles de ma poitrine, de mes cuisses, des crocs à mes poignets, elles riaient, buvaient dans ma chair… elles buvaient mon sang…
Dans cette ambiance de plus en plus oppressante, des râles s’échappaient de ma gorge serrée, des râles non pas de douleurs ou de peurs, bien au contraire, je n’éprouvais que du bien être, que du désir, du plaisir… c’était excitant, alors dans la pénombre feutré d’un soir chaud d’été, à mon tour, j’ai mordu leurs poignets, leurs cous, mais leurs rires étaient encore et toujours plus fort, elles se moquaient de moi… Puis j’ai caressé, leurs seins, leurs cuisses, leurs sexes, goûter leurs chairs, bu leurs sangs, mélanger mon corps et mon sexe, avec leurs corps et leurs sexes… Mon esprit et mon corps en réclamaient encore, une folie enivrante s’était emparée de mon âme, de mon corps, de mon sexe, alors j’ai déchiré les robes, les chemises, souillé les draps…
J’étais certain d’avoir offert mon âme au diable, et c’était bon…
Dans cette ambiance affolante et excitante, plus avide que jamais, j’ai continué de boire leurs sangs, de goûter leurs ventres, de chevaucher leurs corps, avec force et rage, comme une bête sauvage, je n’étais plus moi-même, je riais moi aussi, mon sexe toujours en érection, s’offrait à ces diablesses infatigables, je me suis adonné à la perversité avec un plaisir incommensurable…
Et en cette fin de nuit chaude d’été, après une orgie diabolique, avec trois beautés sataniques, c’est rompu, que je me suis endormi… Elles… elles avaient disparu, me laissant nu et couvert de griffures, de morsures, dans des draps sentant la sueur et le sexe… l’esprit divagant, avec un goût amer dans la bouche, celui du sang, ou était- ce tout simplement l’absinthe et l’opium qui avaient eu raison de mon imagination…
Ce matin là je me suis réveillé en sursaut, avec une étrange sensation, j’ai vérifié la date sur mon réveil, mardi 20 novembre 2005, j’avais rêvé… c’est sûr, quel idiot… pourtant je me sentais tout bizarre, comme groggy… j’ai trébuché sur une bouteille de gin vide, en me levant. Je me suis dirigé à la salle de bain, avec beaucoup de mal, mon esprit dans le brouillard, j’ai allumé la lumière, je me suis aspergé d’eau, et ensuite, je me suis regardé dans le miroir. Deux petits trous sur mon cou, m’ont fait tressaillir… et j’avais aussi un sale goût dans ma bouche, qu’avais-je bien pu faire de ma nuit, j’étais dans le cirage complet… ce n’était pas possible, c’était juste un rêve… juste un rêve… et je rêvais encore, j’avais certainement trop abusé du gin, c’est fou… je devais me réveiller et revenir à la raison…
Je ne sais pas comment j’ai fait pour me rendre au bureau, j’avais la nausée, une migraine atroce, je me sentais vidé… mon esprit toujours dans le cirage…
« Ah, et bien tu as une sale tête mon ami, ta soirée s’est fini tard ? », me demanda un collègue…
« Quoi », j’étais perdu…
« Toi, tu as abusé du gin, encore une fois… »… continua t’il, avant de rentrer dans son bureau…
Ce matin là, le couloir pour me rendre à mon bureau, me parut terriblement long, je marchais tête baissée, en essayant de dissimuler mon cou, qu’avait-il bien pu se passer !!! Je ne me souvenais de rien, du moins rien de bien clair, mise à part ce foutu rêve, terriblement diabolique et excitant… mais ce n’était qu’un rêve… Quand tout à coup, elle me frôla, je compris en la regardant, son sourire éclatant, laissant entrevoir, ses dents blanches et pointues, que je n’avais pas rêvé, elle inclina sa tête, pour me murmurer à l’oreille, d’une voie suave : « j’ai encore le goût de ton sexe dans ma bouche, et toi… mon sang quel goût a t’il ? »… Puis elle disparu, avant que je ne puisse me retourner, laissant son rire raisonné dans le couloir, et son parfum ranimant, le souvenir de la nuit passée, puis un écho qui me susurra : « tu es des nôtre maintenant… tu es des nôtres… »…
veronique (http://www.ecrivez.org)