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Grandeur d'âme - suite et fin.



Ainsi Mac, à cinq ans, avait eu raison de faire ce qui lui semblait juste, si avoir raison est voir une conséquence bénéfique découler de ses actes. Il se sentait mieux.

Ce fut en paix avec lui-même qu’il retrouva Soir et lui annonça sa lourde décision. Même s’il était déclaré traître au royaume, il ferait ce qui lui semblait juste, il détruirait cette Pierre et libèrerait l’âme du Roy Arthur.

Soir lui répondit :

- «  Je crois que ce sera pour plus tard. Ta sœur Diandra a été enlevée. »


Épisode 11 : Pour Diandra !


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Je vais reprendre l’histoire deux jours après, quand une troupe se préparait à quitter le château du Duc pour se porter au secours de Diandra, la prêtresse d’Albion.


Mac, anxieux, vérifiait une fois de plus l’équipement de son cheval. Autour de lui, des mercenaires faisaient également leur dernière vérification, sous le regard impassible et professionnel de leur capitaine, Panda Mc Keen. Soir, assis à cheval, le regard dans le lointain, semblait perdu dans ses pensées, ignorant l’activité fébrile dans la cour du château. Des serviteurs allaient et venaient, les chevaux, sentant les hommes se préparer à la guerre, piaffaient et partageaient l’excitation ambiante. Le Duc était déjà parti hier, vers Midgard, et seule une garnison minimum resterait au château.

Mac ne parvenait pas à dissoudre la boule d’angoisse qu’il ressentait au creux de l’estomac. La mort d’Alfania était comme un fer rouge qui lui brûlait la poitrine. Elle avait confiance en lui, il aurait dû la protéger, veiller sur sa vie et non la laisser se sacrifier pour lui ! Et maintenant Diandra ! Il venait de retrouver une sœur, Yaelle, ce n’était pas pour en perdre l’autre ! Il sauverait Diandra, il le fallait ! Il arriverait à temps ! Il se le répétait, la répétition lui permettait ne pas écouter la peur qui le rongeait.

Il était, juste avant, passé voir Lawyld, le paladin qui avait amené la nouvelle du rapt de Diandra. Son récit était assez simple. Il était seul avec Diandra lorsque des hommes et des Géants de Salisbury les ont attaqués. Malgré sa résistance, Diandra ne put échapper au groupe de ses agresseurs. Lawyld, lui, fut blessé par une flèche empoisonnée et tomba au milieu de ses adversaires, incapable de se battre. Un des géants se tourna vers lui et lui dit  « Petit lutin, dans une semaine nous la mangerons. Viens nous voir dans nos plaines avant cela, si tu veux être mangé avec elle ! » Il lui tourna le dos avec un éclat de rire tel de grosses pierres s’entrechoquant les unes avec les autres. Hommes et géants repartirent avec Diandra prisonnière. Le paladin, faible et déjà fiévreux, voulu se lever et suivre sa bien-aimée. Il ne put que s’écrouler. Plus tard, il se réveilla, et à moitié délirant se glissa sur son cheval, partant vers le château du Duc. Il gisait maintenant sur un lit, sauvé, mais la fièvre le clouait toujours au lit. Mac avait tenté de le rassurer : « Messire, je sais que ma sœur et vous êtes ensemble.
Même si vous avez été très discrets, ma sœur m’en a parlé. Je comprends que vous désiriez aller l’aider. Mais puisque vous ne le pouvez, rappelez-vous, c’est ma sœur, je la sauverai, je vous en fait le serment ! »

Hier matin, avant son départ vers la zone frontière, le Duc avait donné ses ordres. Mac se rappelait…

- « Je pars vers Midgard, les vikings attaquent en force. J’amène mes meilleures troupes, mais ma garde personnelle restera à la chapelle, avec la Pierre, sous la direction de Narfarielle et d’Elmonchan. Louvéa et les éclaireurs partent avec moi. »

Le Duc se tourna vers Defers, le puissant maître d’armes.

- « Vous commanderez la troupe qui se portera à l’aide de Diandra. Vous aurez deux éclaireurs, deux clercs, Mac Leod et Soir, Panda Mc Keen et des mercenaires. Fouillez ces plaines et ramenez-la-nous ! »

Defers fronça les sourcils.

- « Je le ferai, Seigneur. Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander si c’est vraiment une coïncidence, cette attaque de Midgard juste à présent. Tout cela ressemble trop à un plan, à un piège.
- C’est possible, Messire Defers, ce n’est probablement pas une coïncidence que la sœur de Mac, le seul qui puisse détruire la Pierre, soit enlevée… mais nous n’avons que peu de choix. Pas question de laisser Mac s’occuper de cela tout seul, comme il voulait le faire ! Je compte sur votre expérience de la guerre… et des coups tordus ! Je compte sur vous ! » rétorqua le Duc, avec un petit sourire.


Maintenant, Defers parlait à voix basse avec Panda, les hommes étaient prêts. Defers s’adressa au groupe.

« Notre but est de sauver Diandra. Sachez tous, toutefois, que Messire Mac Leod, ici présent, a une importance particulière pour le Duc et pour Albion. Protégez-le et gardez-le vivant. »

Mac fit une grimace. Il n’était pas un enfant, à protéger. Il ne laisserait personne l’empêcher de se battre, de sauver sa sœur…

« Comme d’habitude, les éclaireurs nous ouvriront le chemin. Mais nous resterons plutôt groupés, et vous devez vous tenir prêts à obéir à tous mes ordres, instantanément. Si c’est un piège, nous le retournerons contre nos ennemis ! Tous en selle ! Pour Albion ! Pour Diandra !»

La troupe, dans l’air glacé du petit matin, franchit les portes du château. Le décor majestueux des montagnes faisait comme un écrin aux soldats, aux armures brillantes qui reflétaient le soleil, aux lances dressées et aux boucliers…

Plus loin, cachée dans la forêt, suivant des yeux cette troupe, Selicia, l’assassine Hiberniene, s’adressa à la silhouette noire à coté d’elle. « Ne pensez-vous pas qu’il aurait été plus simple de tuer ce paladin, Mac, plutôt que de satisfaire aux caprices de certains magiciens, de le capturer pour sacrifier son âme à la Pierre ? »
Plus silencieuse encore que l’Elfe, la silhouette en noir se retourna sans un bruit. « Non. L’âme de Mac, marquée par le Maitre-Démon, renforcera la torture d’Arthur, et Albion n’en sera que plus affaiblie. Ne vous inquiétez pas, Defers est un de nos meilleurs agents, on peut compter sur lui ».


Épisode 12 : trahison !


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Laissez-moi vous raconter le moment où un traître tomba le masque, quelqu’un dont j’avais souvent influencé l’esprit, mais que pour autant je ne soupçonnais pas. Ne le dites à personne, mais même moi je peux faire des erreurs…

« Trahison ! » pensa Mac, en regardant l’éclaireur, sur les hauteurs du défilé.

La troupe, engagée dans l’étroit défilé, se préparait à la bataille. Un éboulement leur coupait la retraite, à l’arrière. Et devant, une imposante compagnie de Géants leur barrait le chemin. Là-haut, sur les hauteurs du défilé, le scout envoyé pour prévenir les risques d’embuscades les regardait tranquillement. Il avait fait le signe convenu pour signaler un passage libre d’ennemis, attirant ainsi les hommes dans ce piège fatal.

Mac, protégé par les soldats du Duc, porta son regard vers l’avant, vers la troupe de mercenaires qui ouvrait la marche. Leur chef, Panda McKeen, revenait vers l’arrière, vers Defers, pour prendre les ordres.

- « McKeen, il faudra nous ouvrir le passage. Prenez vos mercenaires et chargez ! Dès que vous les aurez enfoncés, ma troupe foncera au milieu. Nous ne nous arrêterons pas pour combattre, nous passerons et fuirons. Retenez-les au maximum, et rejoignez-nous. Même des Géants ne rattraperont pas les chevaux. »

Defers se tourna vers ses hommes et vers Gadone, son lieutenant. « Ne bougez pas tant que je ne donne pas le signal ! » et ajouta, en se retournant vers Panda : « A vous de jouer, McKeen ! »

Panda hocha la tête et galopa vers ses hommes, jaugeant les ennemis. Ces Géants étaient différents… il ne savait pas en quoi, mais.. différents… oui.. leur attitude organisée, leur tenue, une véritable armure ! Panda était mal à l’aise, son instinct soufflant un terrible avertissement. Il donna l’ordre de charger, galopant en tête de ses hommes.

Le choc fut fatal à bon nombre de chevaux et de guerriers. Les Géants, comme des soldats entraînés, manœuvrèrent avec précision et puissance, leur lourde masse tuant sans distinction hommes et animaux. Panda, son cheval mort, roula au sol, esquiva une première attaque et tua net un géant. Autour de lui, ses hommes survivants faisaient honneur au corps des mercenaires, se battant avec férocité. Mais l’issue de la bataille ne faisait aucun doute. Les Géants étaient trop nombreux, et plus entraînés, mieux équipés que leurs cousins des plaines. Quelques minutes encore et les mercenaires seraient tous morts.

Un puissant cri de guerre assourdit les hommes. Devant Panda se dressa un Géant plus grand que les autres, tout de noir vêtu. « Petit humain, je vais te réduire en purée, même ta mère ne te reconnaîtra pas ! » s’écria-t-il en abattant sa masse sur Panda. Celui-ci esquiva de justesse et riposta, blessant légèrement le géant à la cuisse. Plus furieux mais ne perdant pas son contrôle, le Géant en noir donna une série de coups rapides. Panda bloqua, esquiva, mais chaque coup bloqué ébranlait son corps, le sonnait un peu plus, il était sur la défensive, reculait et faiblissait.

Des cris à l’arrière attirèrent son attention l’espace d’une seconde.

Defers, un instant plus tôt, avait levé son épée pour donner le signal. Il l’abattit sur son propre lieutenant, Gadone, le tuant d’un coup. Aussitôt, les deux soldats près de Mac se jetèrent sur lui, le faisant tomber de cheval et le plaquant au sol. Un instant surpris, Soir sauta de cheval et se porta au secours du paladin. De la végétation sembla sortir comme par miracle des hommes de noir vêtus, au visage très pale et aux gestes vifs. Ils attaquèrent les soldats du Duc, et un d’entre eux assomma proprement Soir. Mac essayait en vain de se dégager, sous le poids de ses deux adversaires et des armures de plate.

Panda enregistra la scène en une seconde, une seconde de trop durant laquelle le chef des Géants le frappa au torse, envoyant son corps à plusieurs mètres et son âme dans les ténèbres.

« Rendez-vous ! Rendez-vous tout de suite, déposez les armes !  » hurla Defers. Certains des hommes, confus, ne comprenant pas ce qui se passait, posèrent leurs armes. D’autres crièrent à la trahison. « Rendez-vous, sinon vous allez tous mourir, regardez, vous êtes surpassés, vous n’avez aucune chance. Et si vous vous rendez, je vous laisserai la vie sauve, je veux que vous portiez un message au Duc de ma part ! »

Les dernières paroles de Defers, sa trahison et la chute de Panda eurent raison des dernières velléités de combats. Tous les guerriers jetèrent leur armes. Des hommes en noir passèrent parmi eux pour les fouiller et les attacher. Defers rejoignit le chef des Géants, et deux géants se chargèrent de porter Soir et Mac, tous les deux également attachés.

Panda émergea lentement de l’inconscience… Il avait mal partout. Il ouvrit les yeux, vit les Géants se mettre en ligne par deux. Mieux valait, une fois de plus, faire le mort… De toutes façons il n’avait pas trop le choix, il souffrait terriblement et ne serait peut-être pas capable de se relever…

Defers se tourna vers le chef des hommes en noir.

« Je pars avec les Géants. Tuez ces prisonniers assez stupides pour croire que je grillerai ma couverture auprès du Duc ». Il tourna le dos et s’éloigna.

Ses paroles glacèrent Panda. Dans les prisonniers se trouvaient des mercenaires, ses propres hommes, et des soldats. Il voulut se lever pour les aider, mais ses forces le lâchèrent. Il émergea à nouveau un peu plus tard, tiré de l’inconscience par les cris des prisonniers que l’on tuait. Impuissant à arrêter le massacre, bouillant de rage, il jura de venger ces hommes. Pour l’instant, il devait se contenter de survivre.

Leur sinistre besogne terminée, les hommes en noir se regroupèrent, pas loin de Panda. Leur chef prit la parole. « Nous allons rejoindre les autres au campement des Géants. Nous saurons à ce moment là si l’assassinat du Roy est maintenu. »

Il commencèrent à partir quand il leva le bras pour stopper son groupe. « Marfic, j’ai une tâche pour toi, tu nous rejoindras plus tard. Autant être sûrs de ne pas laisser de témoins. Fais le tour des corps et achève d’éventuels blessés. »


Épisode 13 : prisonniers


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Nous approchons de la fin de cette histoire…

L’homme en noir se pencha sur Panda. Il n’avait toujours pas trouvé de survivants. Mais il vérifierai tous les corps, pour exécuter les ordres. De plus ce mercenaire avait un équipement intéressant, il y avait sûrement quelque chose à piller.

D’une puissante détente, Panda planta son poignard dans la poitrine qui descendait vers lui. Le coup était parfait, le cœur transpercé, l’assassin s’effondra.

Panda Mc Keen se releva péniblement, reprit ses armes et fit lui-même le tour de ses hommes, à la recherche d’un survivant. Tous morts, dans le combat ou lâchement assassinés… il était en rage. Que faire maintenant ? Gravement blessé, son option la plus sage était de retourner chercher des secours… oui mais.. arriverait-il à temps ? De combien de temps disposait-il ? Et puis.. Il revoyait le traître donnant l’ordre d’assassiner… la rage le brûla, il se décida à suivre les traces des prisonniers.

Mac était en rage. Sa sœur Diandra, attachée comme lui et Soir, s’appuyait contre un des murs de la salle. Elle avait le visage marqué par les coups. Les yeux à peine apparents, de larges zones rouges et violettes, un peu de sang coagulé aux lèvres, elle n’était plus cette beauté qui faisait tourner la tête des hommes.

Oh bien sûr… Elle avait expliqué… Même attachée ainsi, elle pouvait invoquer certains des pouvoirs que Dieu lui donnait… par exemple blesser ses ennemis ou les paralyser quelques secondes… même se soigner ! Et c’est ce qu’elle avait fait, se soigner… Bien sûr ses ravisseurs lui avaient interdit toute forme de magie… et quand ils l’ont trouvée guérie de ses blessures.. Ils lui en ont infligé de nouvelles, méthodiquement… la battant de façon à la marquer, et lui promettant de recommencer plus méchamment si elle se soignait à nouveau, s’il y a avait la moindre trace de magie…

Et le fait que la plupart des géants et des hommes en noir aient quitté le village pour une opération spéciale n’était pas fait pour calmer Mac. Dans sa colère et sa détresse, il se  laissait un peu aller au désespoir. Ce fut Diandra qui le remonta, malgré sa propre faiblesse. Elle puisait dans sa foi et dans son âme forte les ressources pour deux. Peut-être même pour trois, car Soir restait immobile et silencieux, perdu dans ses pensées…

« Soir ! » dit Mac. « Allez reviens parmi nous. Diandra a raison, il faut garder foi et espoir, et surtout ne pas baisser les bras, trop de choses plus importantes que nous en dépendent ! »

Soir se tourna vers Mac et lui fit un large sourire.

« Je suis tout à fait d’accord avec elle ! » dit-il en écartant les bras, mystérieusement détaché !

Mac ouvrit de grands yeux, Diandra essaya de faire de même. « Comment as-tu fait ? » Soir répondit : « Les Sicaires ont leurs trucs, pour moi c’est cela. » en montrant une pièce de petite monnaie. « J’en ai plusieurs, dont une cousue dans une petite poche discrète de ma manche ».

Il entreprit de détacher Diandra et Mac. « Ces pièces ont un coté effilé. Cela permet de couper des liens, entre autres, si l’on est assez patient. ».

Ils ne leur fallut qu’un instant pour mettre un plan au point. Les cris qu’ils poussèrent amenèrent deux hommes en noir dans la  pièce, et l’effet de surprise fut suffisant pour les mettre hors de combat. Munis des armes de leurs gardiens, il sortirent. Le reste du plan se déroula presque aussi bien.

Ils se ruèrent dehors, où quelques géants curieux regardaient vers leur cabane. Mac se baissa sous l’attaque d’un géant un peu long à réagir et lui trancha l’artère fémorale, Soir détourna l’attention d’un autre géant qui courait vers Diandra. Celle-ci eu le temps d’invoquer la puissance divine et… tous les ennemis, une étrange lueur autour d’eux, s’immobilisèrent comme des statues…

« Vite ! » cria Mac, courant vers l’enclos aux chevaux. Une injonction inutile, car tous savaient que bientôt les géants s’éveilleraient… L’enclos était un peu loin, mais ce fut la course la plus rapide de leur vie ! Essoufflés, ils montèrent en selle lorsque qu’un carreau se planta dans la poitrine de Soir, qui sous le choc tomba au sol. Diandra aussitôt en appela à Dieu  pour le sauver, tandis que Mac se tournait vers le tireur..

Defers laissa tomber son arbalète et sortit son arme. Soir à terre, Diandra en train de soigner, Mac sauta du cheval, plus à l’aise pour se battre au sol, et se précipita vers le traître.

Plus à l’aise mais surclassé. Mac n’avait que la courte épée de l’un des ravisseurs, pas son fidèle marteau. Defers, un des meilleurs maîtres d’armes, souriait, sûr de lui. Mac, de son épée, para un coup et porta un puissant revers vers le ventre de son adversaire. Celui-ci dévia le coup, lança une poignée de sable dans les yeux de Mac, qui recula et se fit blesser à la hanche. Mac tomba, l’épée lui échappant des mains. Diandra était toujours en train, désespérément, d’essayer d’empêcher la vie de fuir Soir…

Mac, au sol et à tâtons, cherchait son arme… Defers, murmurant «Trop facile… », leva son arme pour l’achever…

Épisode 14 : LA FIN


Maintenant que les esprits des morts et des vivants ont parlé, moi le Conteur puis vous dévoiler la véridique histoire à laquelle mon Maître prit part. Voici comment se termine cette histoire…

Un bruit sourd de carreau d’arbalète. L’expression étonnée de Defers, alors qu’il s’écroulait. Panda, l’arbalète à la main, tombant à genoux, ruisselant de sang et murmurant « Je l’ai eu, ce salaud », Mac ne vit pas tout cela, les yeux emplis de sable.

- « Panda ! » s’écria Diandra. Elle venait juste de soigner Soir, et Mac se relevait. « Ne bouge pas, je vais te soigner ! » Elle se précipita vers le mercenaire.

Un cri de rage résonna, dans le village les géants étaient à nouveau libres ! Un bruit de course, des pas imposants, ils venaient !

« Pas le temps de le soigner ! » cria Mac. Il courut aider Diandra à mettre Panda à cheval. Ils n’eurent que le temps d’enfourcher les selles et de lancer le galop, les géants étaient là !

En quelques minutes ils mirent de la distance entre eux et les Géants, mais alors qu’ils avançaient vers le défilé ils virent, devant eux et coupant leur retraite, une autre troupe de Géants.

- « Demi-tour ! » cria Diandra ! Les chevaux hennirent, ils repartirent au galop dans l’autre sens. « Je connais un petit chemin qui passe par les hautes collines et qui mène à un bac. Nous fuirons par-là ! »

Mac répondit :

- « Tu es sûre de toi ?  »
- « Oui. Lawyld et moi nous nous baladions beaucoup dans le coin, avant que les Géants ne s’y installent. La rivière est profonde et rapide ! Une fois de l’autre coté, nous couperons les cordes du bac et nous serons tranquilles, même les Géants ne peuvent passer cette rivière !  »
Le voyage fut rapide et épuisant pour les humains, surtout ceux blessés. Mais plus encore pour les chevaux, la dernière montée n’en finissait pas de sinuer le long de la haute colline, les animaux s’essoufflaient, fatiguaient et baissaient leur allure. Arrivés en haut, ils jetèrent un coup d’œil vers le bas, le paysage froid et sauvage était calme, pas de traces de géants. Ils continuèrent, passèrent sur l’autre versant et virent enfin la rivière. Le bac était de l’autre coté, et la cabine du passeur semblait tranquille.

Diandra prit le temps de soigner Panda, d’invoquer la protection divine, et armes à la main ils descendirent et investirent les lieux. La cabine était déserte. Le système de treuil était en bon état. Plusieurs cordes constituaient des sortes de rails guidant le bac à travers la rivière, sombre et menaçante. Une manivelle permettait à un seul homme de ramener le bac vers cette rive. Mac, le plus en forme du groupe, s’y mit aussitôt, faisant rouler sa puissante musculature pour faire traverser le bac le plus vite possible, environ dix à quinze minutes… Les chevaux enfin pouvaient souffler, ils tremblaient de tous leurs membres, Diandra se chargea de les calmer. Soir décida d’explorer les environs, en attendant, et se fondit dans le paysage. Panda, lui, remonta vers le col de la haute colline. De là haut il verrait les Géants arriver de loin.

Il passa le col et scruta l’autre versant. Il n’osait pas s’éloigner plus, il ne voyait déjà plus ses compagnons. A tout hasard, il prit son arbalète à la main. Le long et sinueux chemin était toujours aussi calme, toujours pas de Géants.

Un petit arbre fut brutalement arraché, un Géant apparu et frappa Panda de sa lourde masse ! Il n’eut que le temps de parer avec son arbalète ! L’arbalète vola en éclats, la masse toucha le mercenaire à l’épaule et il fut projeté au sol, sonné. Le Géant s’approcha et leva la masse pour porter le coup de grâce.

Une ombre se matérialisa près du Géant. Soir, apparu comme par magie, poignarda le géant et lui assena un puissant coup d’épée. Le Géant, capable de supporter plusieurs coups comme ceux-là, se retourna contre l’assassin. Puis il s’écroula… Soir était content d’avoir gardé un peu de ce poison très puissant…

- « Merci » souffla Panda, qui essayait de se relever. « Décidément c’est une habitude de se sauver la vie, entre les membres de cette compagnie ! Appelons les autres.
- Non. J’ai vu plusieurs traces entre les arbres. Il vaut mieux les rejoindre sans faire de bruit, il y a peut-être d’autres Géants pas loin. »

Soir aida Panda à marcher, et ils reprirent le chemin vers le bac. Panda reprit :

- « Le clan McKeen te sera reconnaissant, en particulier mon père, Thobald.
- Thobald ? Je cherche un certain Thobald Mahakin… »

Panda fronça les sourcils. « Deux sarrasins comme toi viennent d’arriver au clan, ils portent ce nom… » Soir fit un grand sourire et répondit « Il faudra que je parle à Thobald ! » Ils arrivèrent au col, Diandra les vit et alla les aider.

Mac avait enfin ramené le bac. Il firent monter les chevaux et s’installèrent. Le dispositif qui, sur le bac, permettait de le faire avancer, pouvait être manipulé à deux, Soir et Mac s’y mirent. Diandra, à nouveau, soigna McKeen. Amusé, Mac leur jeta un coup d’œil et dit « Je me demande si certains ne se font pas blesser uniquement pour que tu leur mettes tes jolies mains dessus… »

Ils plaisantaient mais étaient nerveux. Les Géants pouvaient apparaître à n’importe quel moment, et s’ils coupaient les cordes avant que le bac ne soit de l’autre coté… ce serait les rapides, les chutes et la mort probable… Ils jetaient des fréquents coups d’œil vers le col de la colline.

Un claquement, et d’un coup le bac fit un bond dans le sens du courant. Panda glissa, faillit tomber, fut rattrapé par Diandra. Du coté de leur destination, un géant venait de couper une des cordes maintenant le bac. Mac hurla : « Diandra ! Nous n’arriverons jamais avant qu’il ne coupe les cordes, et nous n’avons plus d’arme de jet ! Foudroie-le ! »

Diandra laissa Panda finir de se rétablir, se tourna vers le Géant.. et dis : « Désolée, je ne peux pas. Je n’ai plus assez de force pour me concentrer… »

Ils regardèrent tous le Géant. Celui-ci leur fit un signe ironique, et se prépara à les envoyer en enfer.

Un cri de guerre retentit ! Un paladin, sur destrier, chargeait, lance en avant.

- « Lawyld ! » s’écria Diandra.

Le Géant s’était tourné vers le nouveau venu, levant sa hache. Mais le paladin fut plus rapide, percuta le Géant de plein fouet, le déséquilibrant et le projetant à l’eau. Les passagers du bac poussèrent un cri de joie, auquel répondit une clameur de fureur. Là-haut, derrière eux, les Géants dévalaient la colline. Mac et Soir redoublèrent d’ardeur, tournant la manivelle aussi vite qu’ils le pouvaient. Sur la rive, Lawyld mit pied à terre et se mit à tourner la manivelle de son coté.

Les Géants coupèrent les cordes alors qu’humains et chevaux sautaient à terre… Furieux de voir leurs prisonniers leur échapper, ils lancèrent des insultes, puis décidèrent, impuissants, de faire demi-tour.

Les retrouvailles entre Lawyld et Diandra furent brèves mais chaleureuses. Puis il fallut prendre des décisions…

« Le Roy est en danger. Nous devons le prévenir. » Le ton de Panda McKeen était sans réplique.

« Je sais où l’attentat doit avoir lieu. » répondit Diandra. « J’ai entendu les hommes en noir en parler. Si on fonce, on peut prévenir le Roy et éviter l’embuscade. »

Diandra avait aussitôt approuvé Panda, et le regard admiratif qu’elle lançait parfois au mercenaire n’échappait pas à Lawyld. Il dit, d’un ton cynique, « Vous y allez tous les deux ou on vous accompagne ? »

Mac intervint : « Allez secourir le Roy. Personnellement, il faut que je détruise la Pierre. »

Lawyld leva un sourcil surpris vers Mac, ne sachant pas de quoi il parlait. Panda répondit « Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu es fou ? »

Visiblement le chef des mercenaires avait été mis au courant et savait, lui, de quoi il retournait. Mac reprit :

- « Oui. Toute cette histoire pue. L’âme du Roy Arthur est enfermée dans la Pierre, qu’il soit d’accord ou pas. On veut me sacrifier, on tue des Albionnais, tout cela sens le mal.
- Et les paladins savent sentir le mal ?  » demanda Panda sur un ironique. Mac répondit :
- « Je sais ce que j’ai à faire, en tout cas. Faites ce que vous devez, et moi je ferai ce que j’ai à faire. »

Panda sortit son arme. « Tu ne feras rien par toi-même. S’il y a quelque chose de louche là dessous, c’est le Duc qui décidera. Qu’Arthur souffre si c’est nécessaire pour gagner la guerre ! »

Mac sortit également son arme. Diandra explosa.

« Stop ! Vous n’êtes pas des gamins et on est tous dans le même camp. Panda, on va prévenir le Roy. Mac fait ce qu’il veut, et si tu n’es pas d’accord, je te paralyse sur place ! »

Panda se détendit, rangea son arme et reprit « Tu as raison, on a plus important à faire. Et de toutes façons, la Pierre est protégée par les magiciens et les autres. » Il ajouta, avec un coup d’œil à la prêtresse, « Tu es jolie quand tu es en colère, Diandra. » Lawyld leva les yeux au ciel, Mac rangea son arme.

Le groupe se sépara ; Diandra, Lawyld et Panda partant sauver le Roy, Soir et Mac se dirigeant vers les terres du Duc. En chemin ces derniers rencontrèrent Louvéa. Le Duc était de retour, l’attaque des Midgardiens ayant tourné court. Louvéa leur confia également que le Duc semblait craindre une attaque contre la Pierre, et que la nuit prochaine la Pierre serait discrètement transférée dans un lieu secret, les gardes restant autour de la chapelle pour tromper d’éventuels attaquants. Lawyld avait disparu du château sans explications, et Louvea était chargée de suivre ses traces. Mise au courant de la situation, elle partit sur les traces du groupe de Diandra, Lawyld et Panda.

En regardant Louvéa s’éloigner, Soir dit

- « Le duc est de retour. Je sais où ils amènent la Pierre, puisque j’ai surpris leur conversation. Mais à quoi cela nous mènera-t-il ? Panda a raison, la Pierre est bien protégée, même sans les gardes. Tu n’as aucune chance. »

Mac était songeur. Il avait un plan et l’exposa à Soir…

- « Je ne suis pas convaincu, Mac. Peut-être, si tu es vraiment, mais alors vraiment chanceux, tu pourras détruire la Pierre. Mais tu n’y survivras pas… Ils te tueront. Je t’aiderais, mais je ne suis pas un paladin. Je ne pense pas que je me jetterai dans la gueule du loup.
- Je ne peux t’en demander plus, Soir. Si tu joue ton rôle dans la première partie du plan, cela me suffit. Tu n’es pas paladin, et je n’aime pas les méthodes des sicaires. Toutefois, j’ai appris à te connaître et à  t’apprécier. Je suis content que nous soyons devenus amis. »


Soir sourit et hocha la tête : « Moi aussi, Mac. Et puis, nous ne sommes pas encore morts ! Dépêchons-nous si nous voulons faire tout ce que nous avons à faire ! » Ils s’élancèrent au galop.


Plus tard…

Dans la vieille chapelle abandonnée qui servait de nouveau refuge à la Pierre, le Duc Nakron marchait de long en large, nerveux. Il s’adressa à Elmonchan : « Je n’aime pas être éloigné de mes hommes alors que je pense que ceux-ci vont être attaqués ! »

- « Je vous rappelle, Seigneur Duc, que la Pierre est ce qu’il y a de plus important. Si comme vous le craignez, les forces au service d’Hibernia attaquent, elles attaqueront au mauvais endroit ! De plus, vous avez laissé la-bas des forces conséquentes… »

Narfarielle intervint : « Je ne crois pas à l’attaque d’un groupe important dans vos propres terres. Mais nous n’avons pas de nouvelles de Mac Leod. C’est lui le danger, s’il décide de trahir, il peut détruire la Pierre. J’espère qu’il ne trouvera pas. »

Fenerik l’archer intervint. « Et même s’il nous trouvait ? Il y a le Duc, deux magiciens, moi, et la ménestrelle nous rejoindra plus tard. Nous l’arrêterons sans problème. Surtout un paladin farci de principes, qui probablement voudra provoquer le Duc Nakron en duel.. » L’archer éclata de rire.

L’ambiance ne prêtait pas à rire. La vieille chapelle désaffectée était à moitié plongée dans la pénombre, la lumière de quelques torches ne parvenant pas à chasser les ombres qui dansaient entre les colonnes et les gravats. Les bruits de la nuit semblaient murmurer une chanson de mystère, et le froid des Highlands pénétrait vêtements et armures. Sans s’en rendre compte, chacun dans le groupe évitait un endroit de la chapelle, un mur à moitié effondré avec une statue d’un saint guerrier, un endroit qui suintait le malaise, le froid glacial, l’inconfort…

Ainsi, moi le Conteur, mettait ma propre touche dans la partie, influençant tout le monde, même mon maître…

Fenerik leva le visage, renifla l’air…

« Cela sent la fumée ! Attendez, je vais voir… » Il sortit, le Duc sur ses talons. Ils revinrent presque aussitôt. Le duc dit :

- « Il y a deux foyers d’incendie ! Et on vient de voir Mac en allumer un troisième, pas très loin d’ici ! »

Elmonchan, d’un ton surpris, répondit : « Et cela nous menace ? »

Fenerik dit : « Pour l’instant pas vraiment. Mais vu comme est disposée cette chapelle, si on laisse Mac allumer plusieurs feux, il se peut que l’incendie prenne bien et que la fumée nous tue tous sans même que nous combattions ! »

D’un ton dégoûté, Nakron dit : « Je suis déçu de cette tactique de la part d’un paladin. Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons pas le laisser faire. Fenerik et Elmonchan, suivez-moi, on va l’arrêter ! Narfarielle, restez ici et protégez la Pierre. » Narfarielle hocha la tête. Les autres étaient pris d’une frénésie guerrière, et se précipitèrent dehors.

Une petite minute après leur départ, Mac Leod surgit de derrière le mur effondré, à coté de la statue du saint guerrier, son lourd marteau au poing. Sans hésiter, il courut vers la Pierre, il n’avait qu’un coup à frapper avant que Narfarielle n’intervienne.

Ce fut une course entre Mac désirant briser la Pierre et Narfarielle lançant une incantation. Mac fut très rapide mais la magicienne ne prononça qu’un seul mot, un nom. Et Mac perdit.

Alors que son lourd marteau s’abaissait vers la Pierre, une épée s’interposa et avec une puissance incroyable, stoppa la course du marteau. Surpris, Mac se retourna vers l’apparition… il poussa un cri de surprise, le Maître-Démon se tenait devant lui. Un rapide coup d’œil à Narfarielle confirma son horrible soupçon, elle souriait, c’était elle qui avait appelé la créature infernale…

Mac se prépara à attaquer. Il savait n’avoir aucune chance face au Maître-Démon, mais si Narfarielle mourait, le démon repartirait…

Aussi, il bondit vers le démon et, au dernier moment, d’un puissant et rapide mouvement, dirigea son marteau vers la magicienne. Le Maître-Démon intercepta facilement le coup. Puis d’un revers de son épée, frappa Mac, le projetant au sol.

Celui-ci se releva avec difficultés, le corps endolori. D’un ton incrédule il demanda à la magicienne « Comment peux-tu trahir ton pays et en plus pactiser avec un démon ? »

Elle répondit : « Oh… Hibernia me donne vraiment beaucoup d’or pour que cette Pierre fonctionne. Avec l’âme d’Arthur prisonnière à l’intérieur, torturée par le Maître-Démon, c’est une sorte de relique inversée que l’on a fabriquée.. Quelque chose qui mine le moral et les forces des Albionnais, qui entraînera leur défaite… Mais cela n’a pas d’importance pour moi, qui gagne cette guerre ou la perd... Pour moi, l’alliance avec le Maître-Démon représente un gain de puissance que tu ne peux même pas t’imaginer… »

Mac s’était relevé. Le Maître-Démon le regarda en souriant. « Pauvre mortel. Il existe une guerre plus importante que la vôtre, la guerre entre le Bien et le Mal. Et aujourd’hui le Mal marque un point. »

Il ponctua ses paroles d’un geste et d’étranges flammes semblèrent entourer Mac. Elle ne brûlaient pas vraiment, nulle trace sur ses vêtements ou son armure. Mais il se tétanisa sous la douleur, comme si son âme même brûlait. Le marteau à la main, immobile, il ressemblait à une illustration d’un damné en enfer. Une boule d’obscurité se forma dans la main du démon, qui reprit :

« Je t’avais dit que je te tuerais lentement. Tu sais comment ces boules tuent.. Tu te rappelles de ton amie Alfania ? A tes yeux elle est morte presque instantanément, de vieillesse… Et bien pour elle cela a pris exactement cinquante-huit ans, trois mois et huit jours… dont elle a vécu chaque seconde parfaitement consciente, consciente de son horrible douleur, et de votre présence immobile à ses cotés… Je peut t’assurer, Mac, qu’elle a eu largement le temps de regretter d’avoir intercepté la boule qui t’étais destinée… Et elle a fait cela pour rien, car tu vas mourir de la même façon qu’elle. »
Le Maître-Démon s’interrompit, une expression de surprise sur le visage, se tourna vers Narfarielle et cria NOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNN !

Narfarielle s’écroulait, mortellement blessée par les armes et le poison de Soir, apparut à ses cotés. Mac, libéré des flammes, se jeta sur le Maître-Démon, qui chancelait, perdant sa substance au fur et à mesure que la magicienne agonisait. D’un puissant coup de marteau, le paladin écrasa le crane du démon, qui tomba mort devant l’autel.

« Tu ne repartiras nulle part, démon… » souffla Mac. Il s’approcha de la Pierre, et d’un unique et puissant coup de marteau, la brisa. Puis il se tourna vers Soir. « Tu étais presque en retard, tu sais. »

Soir sourit. « Et bien, le temps d’enclencher le retardement de tous mes appareils à incendie, de me débarrasser de l’armure à tes couleurs et de venir ici sans me faire repérer par ceux qui me cherchent, pardon qui te cherchent… » Soir haussa les épaules. « Enfin, ton plan a marché, ils m’ont vu et ont crus que c’était toi, ils ne se sont pas doutés que tu étais dans la chapelle avant qu’ils n’y arrivent… »

Mac sourit et lui tendit la main : « Je suis heureux que finalement tu aies décidé de jouer ton rôle dans le plan jusqu’au bout. Merci mon ami. »

Le Duc, l’arme à la main, se précipita dans la chapelle, suivi de Fenerik, et plus lentement du gros Elmonchan et son familier jaune. Mac et Soir jetèrent leurs armes et se rendirent.


***

Voilà, mes amis, nous sommes à la fin de l’histoire. Comme vous le savez peut-être, Diandra, Panda et Lawyld arrivèrent à temps pour prévenir le Roy, et participèrent à la traque des hommes en noir. L’inquisition se mêla de l’affaire, pour juger Mac et Soir. Ils furent blanchis, et le complot d’Hibernia était déjoué.

Quant à moi, dans la guerre qui oppose le Bien et le Mal, je venais de marquer un point, pour le Bien…

Il est maintenant temps que je vous quitte. Je vais d’ailleurs aussi quitter mon maître, pour en choisir un nouveau, un jeune que je vais former et modeler pour mon prochain acte de cette guerre éternelle… Je me demande quelle apparence je vais adopter, cette fois-ci…

EPILOGUE

Dans l’obscurité de la forêt, une étrange créature jaune s’éloignait. Elle regarda le ciel, se transforma en un magnifique oiseau bleu et s’envola.


- FIN –

Promeneur (http://www.ecrivez.fr.st)


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