PAUVRE IDIOTE?
Comment ai-je pu me retrouver ici, dans cet hôpital, moi qui normalement ai la tête sur les épaules, je me pose la question, et je crois que je me la poserai encore souvent?
Il faut dire qu?on m?avait prévenu, mais vous voyez je n?étais pas ce qu?on appelle une belle fille, alors les remarques où quolibets des collègues du bureau je m?en moquais, je me trouvais trop intelligente pour me faire avoir? Et trop contente à mon tour, de connaître les joies de l?amour, je n?ai rien vu venir?
Je suis employée depuis deux ans au service du personnel dans un grand cabinet d?assurance, alors des individus j?en vois défiler tous les jours? Avec les collègues du bureaux, quelques réceptionnistes et secrétaires, nous avions pris l?habitude de nous retrouver tous les vendredis soirs, dans le café du coin pour prendre un verre et discuter des différentes occupations de chacun pour le week-end, je n?étais pas une mordue de ce genre de réunion, mais je m?étais laissée entraîner par mon amie Rachel, la seule amie d?ailleurs et collègue que j?avais?
Rachel est le genre de jeune femme grande et belle, que l?on remarque tout de suite et que n?importe quel homme rêve de mettre dans son lit, alors que moi pauvre Nathalie, je suis ce genre de personne qui passe complètement inaperçue, toujours coiffée de la même manière, chignon stricte, et cachée derrière des lunettes démodées, je suis la seule qui les trois quart du temps fait tapisserie comme on dit?
J?étais la risée du groupe, je ne faisais jamais rien de mes week-end, je passais tous mes samedis soirs, à pleurer en regardant « le journal de Bridget Jones », en DVD, seul luxe d?ailleurs dans mon appartement? Bref, j?essuyais lamentablement les sarcasmes de mes collègues, sous les yeux de Rachel agaçée par cette situation?
Et puis un jour tout changea, c?était un jeudi en Mars, mon c?ur ne fit qu?un tour, quand il rentra dans mon bureau, les filles se sont retournées sur son passage elles aussi, sous le charme, de celui qui allait devenir leur nouveau collègue. « J?ai rendez-vous avec Mr Delaware, pourriez-vous m?indiquez son bureau s?il vous plait », j?ai hélas balbutier je ne sais quoi, pour la première fois de ma vie je me suis trouvée déstabilisée par quelqu?un, j?entendais les rires des pétasses qui s?étaient entassées derrière la porte de mon bureau, et je me sentis rougir, terrible? Heureusement Rachel arriva à mon secours et lui indiqua le bon bureau, il se détourna au moment de passer la porte « très mignon vos petites pommettes toutes rouges », se fut le coup de bambou? Je repris mes esprits tant bien que mal, devant une Rachel très enthousiaste par la situation, et qui sorti en me souriant?
« Et bien Nat, t?en fait une tête, faut pas rêver ma pauvre, il n?est pas pour toi », cette phrase sortant de la bouche des autres collègues, me fit l?effet d?une gifle, pourtant quand il ressorti du bureau de Mr Delaware, le jeune homme revint dans le mien, pour me remercier, et me dire qu?il était embaucher le lundi suivant? Il anima évidemment la conversation le lendemain, à notre fameux pot du vendredi, les unes s?imaginant ce qu?elles feraient de ce bel apollon si elles l?avaient sous le coude pour le week-end, les autres rêvant plus discrètement, sur le sujet, mais toutes certaines qu?il ne me remarquerait même plus? Quand il est revenu, elles ne perdirent pas de temps pour l?inviter à notre sortie de fin de semaine, il faut dire qu?il était superbe, grand brun, yeux verts, le beau gosse bien bâti qui plus est? Dan savait y faire avec les filles et profitait de chaque moment passé avec l?une d?entre elle pour la faire rire?
Bref le vendredi arriva et nous nous retrouvions tous, comme d?habitude au café du coin, de grands discours, toutes excitées elles dévoraient des yeux ce cher Dan, qui leur rendait bien d?ailleurs. « Je vois bien que tu es différente », en se penchant vers moi, « si tu veux on va ailleurs », j?ai cru mourir, et les filles aussi d?ailleurs, Rachel me donnaient presque des coup de pieds sous la table, et ouvrait de grand yeux, quelques signes de têtes pour que j?accepte. Moi je tremblais comme une feuille, ne sachant quoi dire? Il se leva et me pris la main, et tout naturellement je le suivis, sous les regards verts de rages des filles?
Nous sommes allés boire un verre dans une autre pub, on a écouté de la musique, on a parlé, on a rit, on a même dansé, j?étais sous le charme, et lui me donnait l?impression de n?avoir d?yeux que pour moi? Je savais que je faisais des jalouses et rien que pour cela je me suis laisser subjuguer par les belles paroles de Dan? Je n?ai même pas joué les farouches, quand il m?a raccompagné, quand il est monté, quand il est entré dans mon petit appartement, qu?il a refermé la porte et qu?il m?a embrassé? Il a ôté mes lunettes et dénoué mes cheveux, et il m?a regardé, « tu n?es pas si laide que ça, et maintenant tu es à moi », j?aurai du réagir même avec si peu d?expérience d?ailleurs avec aucune expérience de ce genre, car jamais je n?aurai pu m?imaginer que ces mots auraient pu avoir une telle force, dans les mois qui suivirent? Ce soir là, il m?a prise violement, mais je n?ai rien dit, pas même les soirs qui ont succédé, je n?ai en fait jamais rien dit sur sa violence sexuelle?
Il avait le don pour m?enivrer de mots tendres, et je n?y ai vu que du feu, il s?est installé très vite chez moi, prétextant qu?il était fou de moi, et que je lui appartenais. Rachel ne me reconnaissais pas et était désolée par mon attitude puérile. Mais je m?en foutais, j?étais persuader d?avoir trouver l?homme de ma vie, et surtout j?étais trop contentes de voir les filles enragées? J?étais devenue la nouvelle coqueluche du bureau, chacune leur tour, elles venaient me poser des tas de questions sur Dan, et je me serrais bien garder de leur dire qu?il n?était pas l?homme auquel elles rêvaient, trop fières de leur avoir chiper cet apollon sous le nez?
Car hélas, il est très vite devenu violent, j?ai pris ma première gifle, un matin parce que j?avais oublié de programmer la cafetière, je n?ai même pas pleuré malgré la violence de cette gifle, je suis restée glacée par son geste, il s?est confondu en excuses, et pour lui c?était fini. J?ai su à ce moment là que j?aurai du le mettre dehors, mais voilà pour la première fois de ma vie, quelqu?un m?aimait et malgré son geste je le pardonnai, je crois juste pour ne pas me retrouver seule encore une fois, et perdre la face devant les copines? « Tu vois, qui voudrais de toi? à part moi? je t?aime moi alors fais attention? et tout ira bien », avait-il dit en me serrant dans ses bras, et m?embrassant sur ma joue douloureuse? J?aurai du en parler à Rachel, mais finalement j?avais peur de lui, autant que je l?aimais, si bien que je me suis éloignée d?elle?
Les filles ont continué à défiler dans mon bureau pendant quelques temps, « comment tu fais pour garder Dan près de toi », où « vous éteignez la lumière quand vous faites l?amour c?est pas possible », où bien « mais c?est pas vrai la petite Nat, finalement est une bombe sexuelle », enfin des tas de moqueries, qui me rendais finalement encore plus malade que tous les sarcasmes dont elles me coiffaient avant ma rencontre avec Dan? Et puis elles arrêtèrent, pourtant j?aurai donné n?importe quoi pour qu?une d?entre elle revienne, peut-être alors j?aurai pu lui avouer mon grand désarroi? Elles ne remarquèrent même pas le fard à paupière sur mes yeux, et le fond de teint pour camoufler mes bleus, moi qui n?avais jamais acheté de cosmétique, je me surprends à dévaliser les rayons, et ce n?était même pas pour essayer de m?embellir? Dan me battait, tantôt parce que j?avais oublié d?acheter son vin préféré, tantôt parce que je n?avais pas réussi son plat favori, où tantôt parce que je n?étais pas assez câline à son goût, où que je ne savais pas satisfaire au mieux ses envies?Bref tous les prétextes étaient bon pour me mettre une gifle, c?était un violent doublé d?un pervers, manipulateur, « tu m?appartiens? alors tu fais ce que je te dis? qui voudrais de toi de toute façon? », Ses phrases qui me font encore mal, jamais je crois, je ne les oublierais?
Voilà je me retrouvais prise à mon propre jeu, tel est pris qui croyais prendre comme on dit, jamais je ne pourrais avouer mon échec total, en matière d?homme, je voulais en mettre plein la vue à mes collègues, en m?affichant avec un beau mec, mais hélas il n?était que beau d?extérieur, son âme était pourri, il m?a sali?
Un soir de juillet après quatre mois de mélange de passion, de perversité et de violence, il rentra dans une colère folle, quand sans le faire exprès, je lui renversai du vin sur une chemise neuve, il se leva de table, et me poussa jusque dans la chambre, qu?il referma à double tour. « Déshabilles-toi », tremblante et obéissante, je m?exécutais. «Tu vois ce qu?il y a de bien avec les filles comme toi, c?est que tu n?es pas assez jolie pour te plaindre », j?étais terrorisée, aussi beau qu?il fut, je commençais vraiment à regretter de l?avoir laisser entrer dans mon appartement, il était odieux, son physique cachant sa violence inouï.
« On peut faire ce que l?on veut avec des filles comme toi? elles sont trop contentes d?avoir un mec dans leur lit? », Il me jeta sur le lit, il est devenu d?un seul coup encore plus en colère que d?habitude, et je voyais bien que cela allait mal finir? En me regardant ses yeux devinrent plus sombres, il enleva sa chemise, et moi comme une idiote je ne bougeais pas, je me demandais simplement ce qu?il avait l?intention de me faire subir comme punition pour avoir taché sa chemise, à chaque fois plus violent dans ses assauts et plus pervers pour ne plus que je recommence, du moins c?était ce qu?il me disait à chaque fois qu?il me violait »?
« Non Dan, non? pas aujourd?hui, je suis enceinte? », Je venais hélas d?apprendre le matin même que j?étais rendue à mon deuxième mois de grossesse, mais je crois que se sont les seuls mots que j?ai pu dire ce soir là, il me jeta sur le lit et se rua sur moi, arrachas mes sous vêtements, il fourra sa langue dans ma bouche avec une telle force que j?ai cru étouffer? Puis il m?empoigna avec une violence démesurée que j?aurai du hurler, mais seul mes larmes coulaient sur mes joues, je ne pouvais absolument pas parler ni même crier, je crois que cela aurait été pire? Quand il réalisa que je pleurais, il se mit à me gifler, de toutes ses forces, « dis-moi que tu m?aimes, et que tu ne recommenceras plus, hein? dis-moi? que tu m?aimes? », Il frappait, frappait, et frappait encore, son sexe toujours en moi? je ne me souviens plus très bien à quel moment j?ai perdu connaissance, je crois qu?il a prononcé ces mots en me donnant des grands coups dans le ventre « lui j?en veux pas? tu es à moi? qu?à moi », le sang qui coulait de mon nez se mélangeait à ma salive, je n?arrivais plus à déglutir, je crois qu?ensuite je me suis évanouis. Quand j?ai repris connaissance, quelques temps plus tard, il n?était plus là, j?avais du sang partout, mes yeux, mon nez, ma bouche, entre mes jambes, j?avais mal terriblement mal? Je ne sais pas par quel miracle j?ai réussi à me traîner dans le salon, pour récupérer mon sac, j?appelais le seul numéro enregistré sur mon portable, celui de Rachel?
C?est à l?hôpital, que je me suis réveillée trois jours plus tard, un bras cassée, des côtes enfoncées, à cause des coups j?avais perdu le bébé, et mon visage était dans un tel état, que ma laideur d?avant n?était rien à côté de ce qu?il m?avait fait?J?avais le coccyx déplacé par la violence de ses actes sexuels répétés pendant plusieurs heures d?après les médecins.
Mais ce qui me fait encore le plus mal, même aujourd?hui six mois plus tard, c?est que par stupidité, je me suis bêtement laissée faire par un beau garçon complètement dérangé qui s?est jouer de moi, je voulais tellement croire que l?on pouvait s?intéresser à moi que j?ai laisser le premier beau mec rentrer dans ma vie? Rachel est venue me voir tous les jours, je crois qu?elle s?en veut d?avoir laisser les filles se moquer de moi comme cela, elle sait sans que j?ai eu besoin de lui expliquer, que je me suis laisser embobiner par simple envi d?être comme tout le monde, aimer?
Demain, c?est Noël, j?ai un nouveau visage, il fallu de la chirurgie pour arranger tous ce qui avaient été cassé, ce visage me plait, je ne sais pas si il plaira à un autre homme, et je crois que je ne veux même pas le savoir pour l?instant, je passerai les fêtes de Noël seule, et je pense encore beaucoup d?autres Noël?
Il parait que dans la vie on ne reçoit que ce que l?on cherche, moi je n?avais pourtant pas demandé cela, je voulais juste être aimée, comme on a tous envi d?être aimé? J?aurai voulu être belle pour être aimé, je n?avais pas réalisé que c?est l?amour qui vous rend belle, quand il est vrai?
Moi? je me suis trompée?