Pour eux,
Un dernier sourire, ultime effort pour eux
Mes parents, que je trouve ce matin vieillis
Gorge serrée, larmes enfouies au fond de mes yeux
Pour ne trahir à leur vue ma lente agonie
Ils m?ont mise là, déposée comme un paquet
En cette chambre anonyme au climat austère
Baignée de blanc entre ces murs aseptisés
Etroite cellule à l?âcre parfum d?éther
Je n?ai rien décidé, eux, ils l?ont fait pour moi
D?un élan d?amour, qui pourrait leur reprocher ?
De vouloir mener guerre et d?en garder la foie
D?y croire jusqu?au bout que je serai sauvée
Cruauté d?une vie quant les jeunes se meurent
Quant le temps a usé mes forces et tout espoir
Souffrir en silence est un bien cruel leurre
Bien moins infâme que leur dire au revoir.