Mon fidèle carosse,
Mon fidèle carosse le temps s'en est allé
Les stigmates installés comme témoins des ans
Les rides sur ma peau et ta peinture rouillée
Ne sauraient effacer nos virées d'antan
Insouciante jeunesse, tu as veillé sur moi
Quand d'autres ont péri sur le bord de chaussée
Tu m'as ramenée à la maison chaque fois
Que j'avais trop bu ou bien même trop pleuré
Complice de toujours, de mes joies et mes peines
Ultime refuge de mon esprit embrumé
Combien de fois m'as-tu râvie à mes chaînes
Pour une brève évasion, chimère liberté !
Larmes roulant sur mes joues, le jour est venu
D'une retraite forcée que je ne voulais pas
Cynisme d'une vie pour parodie d'une issue
Objet défraîchi que l'on réduit en tas
L'homme au costume m'entraîne en fond de hangard
Je me retourne pour t'apercevoir encore
L'adieu déchire mon coeur d'un coup de poignard
Et noit mon âme, gouffre abyssal du remord
Elle est là flambante, sortie de son usine
Si neuve, si brillante que je n'ose la toucher
Bonheur nuancé d'une pensée orpheline
Pour mon fidèle carosse et mes jeunes années
Sandra