Clémentin, riche bourgeois et vendeur de tissus, veut marier sa fille, Audile, à un noble. Sa femme, Pauline, s?y oppose.
Pauline
Quel genre de nigaud étes-vous. Etes-vous du genre à feindre d?être naïf ou plutôt de ces gens-là qui croient tout ce que l?on dit ? Voyons, mon cher ami, cessez cela et laissez la sagesse vous guider.
Clémentin
Qu?y a-t-il de mal à vouloir tenter sa chance. Si maintes bonnes gens sont parvenues à le faire, pourquoi pas nous ?
Pauline
Ces gens-là qui ont réussi avaient sur qui compter pour marier leur fille à un fils de noble. Et toi, qui n?a aucun ami de haut rang, tu veux tenter ta chance, comme s?il ne s?agissait que d?un jeu de loterie !
Clémentin
Et qui t?a dit que je n?avais aucun ami de haut rang ? A ce que je sache, tu n?est pas du genre à suivre à la traîne tous mes faits et gestes, et à m?espionner pour connaître tous mes contacts de l'extérieur.
Pauline
Ah ça, nullement. Mais la véracité des choses est évidente. D?après les bruits qui émanent de la cour du sire, tu est déjà fort connu pour ta malveillance et ta tricherie. Je doute que quiconque ne veuille épouser notre fille, même si cette dernière avait toutes les qualités de ce monde.
Clémentin
Ceux qui colportent ces sottises de porte en porte ne veulent que saccader l?image de notre famille. Et puis, arrêtons ce bavardage. Si je veux marier ma fille à un noble comme à un paysan, je le ferai, avec ou sans ton consentement.