Valid XHTML 1.1!
Valid CSS!
Get Firefox!

Texte précedent Texte précedent dans la rubrique Texte suivant dans la rubrique Texte suivant

voyage vers l\'inconnu



                                      Chapitre 1              

Granpin, 24/11/1223
                                                                         

Les éternels rayons de soleil me réveillèrent, pénétrant par la fenêtre tels des caresses. J?ouvris la porte, je trouvai tous les manants du village où  je résidais, dans le comté de Toulouse. Ils me paraissaient plus beaux que jamais, sûrement parce que je quittais le village pour voyager et améliorer mon savoir de troubadour. Je fis mes adieux à ma s?ur, qui était ma seule famille. Depuis la mort de mon père, je m?étais occupée d?elle comme si s?était ma propre fille.


La plaine était d?un éclat verdoyant comme des émeraudes. Les arbres semblaient me sourire et me faire des signes d?au revoir avec leurs branches, comme si ce n?était pas le vent qui les faisait balancer. Je commençais alors un long voyage vers les riches terres d?Andalousie. C?était une contrée où la musique arabo-andalouse rayonnait depuis maintenant plusieurs siècles.
J?allais alors, mon luth à la main, à la recherche de nouvelles aventures musicales. Ce luth, je l?ai hérité de mon père qui était lui aussi troubadour. Pour moi, cet instrument était ma seule raison de chanter, car il me rappelait les nombreuses soirées d?hiver que je passais avec mon père à écouter ses poèmes et ses mélodies qui nous entraînaient dans un autre monde. Elles me réchauffaient le corps et l?esprit.
Je m?en allais d?un pas lourd de mon village dans lequel j?avais passé 35 étés, abandonnant toutes les souffrances que j?ai vécues lors de la mort de mon père.


Le soleil était brillant. Une brise fraîche me cajolait le visage en ce beau matin de dimanche. J?avais déjà parcouru trente lieues, et il me restait encore un long chemin pour arriver à ma première destination : Toulouse.



J?ai trouvé une auberge lépreuse, non loin de Toulouse. Les gens y étaient si généreux, tant qu?en échange de quelques parodies, ils m?offrirent une nuit fort confortable, et quelques denrées.

              chapitre 2


                                                                Toulouse, 26/11/1223
Je suis parvenu au matin à Toulouse. Le voyage fut long et une lourde fatigue m?interdisait tout déplacement. Je pris alors une chambre dans une auberge en échange de quelques chants pour animer l?auberge durant la nuit.
 Avant de chercher l?auberge, je me suis renseigné auprès d?un forgeron sur les fêtes qui avaient lieu en ce moment. Il me répondit que le duc organisait chaque jour des concours de chants et de lyrisme, et que tous les ménestrels qui voulaient y participer étaient invités. Il ne fallait pas que je manque cette occasion de faire mes preuves. Je décidai alors  de m?inscrire à cette compétition.


 Je me réveillai à une heure tardive de la nuit. Je me vêtis de ma plus belle tunique, celle que mon père m?avait léguée, nettoyai mon luth et me dirigeai vers le castel du duc. La lune était déjà pleine. Malgré la nuit, les rues étaient bondées comme en plein jour. Pour moi, c?était un spectacle magnifique. Je n?en avais jamais vu d?aussi éblouissant de ma vie. Les marchands se bousculaient pour vendre leurs tissus aux femmes vêtues de belles robes ornées de roses.




 A l?entrée du château, on entendait les rires des chevaliers et les chants des musiciens. Déjà, je sentais une angoisse m?envahir. Je me demandais bien quel serait le niveau de mes adversaires. Mon père et moi étions les seuls troubadours du village, et je n?ai jamais eu le privilège d?en connaître d?autres.
 A mon entrée dans la grande salle du castel, j?aperçus de longues tables où étaient disposés des plats à perte de vue. Il y avait de tout : des b?ufs farcis, les poulets rôtis, les têtes de sangliers à la noisette ; bref, tout ce que méritait une telle fête. Autour de ces tables, se trouvaient les plus gras chevaliers que j?aie vus. Ils étaient entourés de bonnes femmes et se gavaient de nourriture. On avait même installé des chaises spéciales pour eux afin que d?autres ne se brisent sous leur poids.
Je me demandais comment ils interviendraient si des brigands s?introduisaient dans l?enceinte du château pour piller quelque objet de valeur. Car il y en avait, des objets de valeur. Presque tout le monde portait au moins un pendentif en bronze pour les hommes ou des perles en argent pour les femmes.
 Je me dirigeai vers une table où se tenait un vieil homme vêtu d?une  tunique noire. C?est là où s?inscrivaient les intéressés pour le concours de poésie. La file était longue. J?apercevais des hommes de tous genres. Un avec une cape qui balayait le sol, un autre avec une tête tellement petite qu?on aurait cru qu?elle avait été dégonflée par une épingle à nourrice.
J?ai longuement patienté avant que mon tour n?arrive. Enfin, après avoir longtemps attendu, je me trouvais face à face avec le vieillard. Il commença aussitôt à me questionner :
« Votre nom, je vous prie?
- Clodion l?esseulé
-Votre âge ?
-Trente-cinq ans.
-Votre instrument ?
-Le luth.
-Bien. Lorsque vous entendrez votre nom, vous vous avancerez vers le devant de la scène pour présentez votre texte. »
Je remerciai le vieil homme et me dirigeai vers le rideau de la scène. Déjà, je sentais l?angoisse m?envahir.
J?entendis mon nom, je me dirigeai vers le devant de la scène. La peur me trahissait. Mes mains tremblaient et je sentais une grosse soif m?assécher la gorge. Je me ressaisis et commençai à observer les gens. Mais mon premier regard se riva sur la dame du duc. De toute ma vie je n?avais vu une aussi belle créature terrestre. En la voyant, le courage me revint et je pus fredonner ma poésie :


O humble dame,                                    Dès le premier regard,
Devant votre beauté,                           Mon c?ur a fondu.
Je ne suis plus qu?une âme                   Dès la première pensée,
Remplie de gaieté                                  Mon esprit s?est  tordu





Je me vas d?un pas lourd,                      Pour moi, la  vie n?a plus de sens,
Vers de lointaines contrées,                    Une succession de saisons.
Sans même vous rencontrer,                   Le jour est comme la nuit,
Sans même vous parler                              Deux  ombres confondues.                    

 Des dizaines d?acclamations me félicitèrent de ma prestation. Toute la salle était en ébullition, et même la dame du duc m?applaudissait. J?étais satisfait de mon travail, et une grande joie écartait l?angoisse que j?avais eue auparavant.

 Plusieurs instants passèrent avant que les jurés ne délibèrent. Ils demandèrent à tous les participants de se réunir au milieu de la salle. Comme pendant chaque concours, c?est le duc qui remettait les récompenses à chacun. Il se leva, et se dirigea vers nous. Un serviteur lui donna la liste des cinq meilleures productions. Puis le duc commença de sa grosse voix :
« Le cinquième prix est décerné à Ivanov Glounberg. »
Je n?arrivais pas bien suivre. Un long brouhaha m?empêchait d?entendre.
J?eus a peine le temps de reconnaître mon nom :
« ?premier prix?Clodion l?e? »
Je n?en croyais pas mes oreilles. Je me disais qu?il y avait sûrement une erreur. Le prix me fut décerné. C?était une bourse de mille écus. Ainsi, j?avais l?argent nécessaire pour venir à bout de mon épopée, ou du moins, aller jusqu?à Barcelone.


          chapitre 3
                                                  Pyrénées, 1/12/1224

 Après avoir quitté Toulouse, je me trouvais devant les Pyrénées aux nombreuses légendes. J?allais marcher le long d?un chemin escarpé, Dieu seul savait où il me menait. Finalement, j?aperçus une sorte de pont fait grâce à des cordes et des morceaux de bois. Ce pont ne me donnait pas très envie de le traverser. Derrière moi se dressait une forêt-labyrinthe, dont je venais de sortir, heureusement. J?hésitais entre deux solutions : traverser le pont et terminer mon voyage aux Pyrénées, ou rebrousser chemin. Si j?avais choisi la deuxième solution, j?en serais mort de faim.
C?est sur ce même pont que mon père a péri. Mon père, rêvant d?aventure, alla défier les Pyrénées pour se rendre à Cordoue. Il était accompagné de son jongleur. C?est ce même jongleur qui m?a informé que mon père était mort dans ce pont, et c?est lui qui m?a donné une éducation stricte et m?a appris tous les secrets des troubadours.
Je penchai ma tête pour voir en dessous du pont, je détournai mon regard, et j?aperçus des dizaines, voir des centaines de squelettes. Finalement, je pris du courage entre mes deux mains et je traversai le pont. Une marche en bois vint s?écrouler sur un rocher en bas, près de la rivière. Cela ne suffit pas pour me faire reculer. Je n?avais pas fait tout ce chemin pour rien. De plus, ce qui me restait était trois fois moins long que ce que j?avais déjà fait. Soudain, je sentis mon corps basculer : les cordes avaient cédé. Je me précipitais vers le bord du pont afin de sauter et de m?aggriper à un arbre, mais malencontreusement, je ratai mon essai. La chute était inévitable. En tombant, je mis mon luth sur mon ventre, de façon à ce qu?il ne s?endommage pas. Me rapprochant de la terre et sentant que ma dernière heure était arrivée, je sentis quelque chose de douillet amorcer ma chute. Ensuite, j?entrevis une silhouette me tirer très fort par la main. Et c?est à ce moment-ci que je m?évanouis.


          chapitre 4

                                                                                                                                        02/12/1224
« Relève-toi, courage ! »
     Cette voix était semblable à celle de mon père. J?ouvris mes yeux, mais je ne distinguais rien d?autre que le néant. Je sentais d\\\\\\\'atroces maux de tête. Tout à coup, j?entrevis mon père, entouré de lumière qui m?apportait chaleur et réconfort. Néanmoins, cette vision ne fut que de courte durée. La silhouette de mon père se métamorphosa et laissa apparaître une personne d?apparence chétive, agenouillée près de moi. Grâce à la lueur de la cheminée, je pus voir plus précisément mon sauveur.
  C?était un homme de taille moyenne, aux cheveux roux. Malgré ses guenilles, il avait un visage fort bienveillant. Il m?interpella :
« Tu m?as fait peur, l?ami ! Je te conseille de ne plus traverser ce pont, il est très fragile.    
C?est moi qui ai amorti ta chute. Je passais par là, et j?ai vu un lépreux en train de couper les liens du pont alors que tu étais en train de traverser. Très astucieux. Il voulait te faire tomber du pont, et une fois mort, te ramener chez lui pour en faire un repas. Ne t?en fait pas, je l?ai éloigné et il n?approchera plus personne. »                
Ce jour là, je sus que j?étais un miraculé, après avoir eu toutes ces frayeurs. Je n?aurais jamais imaginé que j?échapperais de ce mauvais pas. Je restai sans voix, tant la fatigue m?embrumait le cerveau.
« Tiens, je te donne ce sabre. Il appartenait a un de mes aïeuls. On le nomme la langue de feu. On l?appelle ainsi parce qu?il est toujours chaud. D?ailleurs, comment t?appelles-tu ?
« Je m?appelle Clodion l?esseulé. Et toi ?
-Tous mes amis m?appellent Laflèche, puisque je suis le meilleur tireur à l?arc de la région, se vanta-t-il.
-Comment puis-je te remercier de m?avoir sauvé la vie ?
-Promets-moi simplement de ne plus t?aventurer dans les endroits dangereux. »
 Je commençais alors à m?exercer au sabre. Au début, j?étais surpris à l?idée de l?utiliser, mais il s?avérait aussi facile à manier qu?un luth. Après avoir maîtrisé ma nouvelle arme, je fis mes adieux à Laflèche. Je me retrouvais alors devant les portes de l?inconnu, devant les routes sombres qui mènent à Cordoue.
 
     chapitre 5



     Le frimas avait éteint mon lampion, et je n?avais plus que le grand tapis blanc de neige pour me guider jusque la sortie. Les flocons de neige me heurtaient le corps tels des rapières. Une lourde langueur m?encombrait mon esprit déjà transi par la lassitude. Je regrettais toutes les soirées que je passais au coin du feu, à composer de beaux airs et poèmes.
    Heureusement, j?aperçus la lisière de la forêt, et au loin de la fumée qui s?élevait. Pris d?un soudain bonheur et  sentant mes forces décuplées, je me ressaisis et me dirige vers cette nouvelle source de lumière.
   Arrivant près d?une demeure paraissant délabrée, j?ouvre la porte rongée aux mites, et je trouve des paysans vêtus de capes en peaux de bisons. Ils étaient assis près d?un faible feu qui éclairait a peine leurs visages consumés par le froid et la faim. En me voyant, un homme se leva et s?approcha de moi. C?était sûrement le chef du village, car il portait la cape la plus épaisse. Il m?invita à m?asseoir au coin le plus rapproché du feu. Il me questionna :
« Quel est ton nom, courageux voyageur ? »
J?étais étonne par l?appréciation faite par l?homme. Je lui demandai :
- « gentilhomme, pourriez-vous m?héberger dans votre humble demeure et de partager votre repas avec moi. Je suis ménestrel et je pourrai vous animez durant la soirée en attendant que cette tempête ne cesse.
- Mais bien sûr. Vous étés le bienvenu. En échange d?une de vos belles chansons, vous aurez tout ce don vous aurez besoin. »
- Je pris alors mon luth et commençai à fredonner des airs mélodieux

                chapitre 6

                                                                                                                          03/12/1224
22 heures
    J?aperçus la lisière de la forêt d?où ruisselait une large rivière. Il faisait très froid et un long tapis de neige blanchâtre recouvrait le sol gelé. Les flocons de neige me heurtaient le corps tels des épées. Une lourde langueur encombrait mon esprit déjà transi par la lassitude. Je regrettais toutes les soirées passées au coin du feu, à écouter de belles mélodies entre amis.
  Soudain, j?entrevis de la fumée qui s?élevait non loin de là. Pris d?un soudain bonheur et sentant mes forces renaître, je me ressaisis et me dirigeai vers cette nouvelle source de lumière.
 Arrivé près d?une demeure paraissant délabrée, j?ouvre la porte vermoulue, et j?y trouvai des paysans vêtus de capes en peaux de bisons. Ils étaient assis près d?un feu qui éclairait à peine leurs visages consumés par le froid et la faim.
 En me voyant, un homme se leva et s?approcha de moi. C?était sûrement le chef du village. Il m?invita à m\\\\\\\'installer à l?angle le plus rapproché du foyer. Il me questionna :
« Quel est ton nom, vaillant voyageur ?
- Je me nomme Clodion l?esseulé. »
J?étais étonné de l?appréciation faite par l?homme. Je l?interpellai :
« Gentilhomme, pourriez-vous m?accorder votre hospitalité durant cette nuit ? La tempête ne s?est pas encore calmée et je ne puis continuer ma route dans ces conditions. Si vous le voulez, je vous animerai durant toute la nuit par des mélodies, dis-je en montrant mon luth.
-En échange de quelques poèmes, vous aurez un repas chaud et des couvertures pour la nuit. »
Je m?éclaircis la gorge et, m?aidant de mon luth, je commençais a chanter :
                      Un loup solitaire demanda refuge
                               Chez maître hibou
                     Alors le hibou fut bon juge
                   Et accueillit le loup de bon c?ur.
Ainsi, je restai toute la nuit à chanter et à danser avec ces villageois. Au petit matin, alors que la tempête s?était calmée, je saluai tous les gens qui m?avaient hébergé, et repris ma route.
       
            chapitre 7

                                                                                                                                                                                             

                                                                                                                                                                                 13 /12/1224                            
Barcelone !
   Enfin, j?y étais parvenu. Sûrement à cause du dépaysement, j?étais pris d?un soudain émoi en apercevant les innombrables demeures qui bordaient la route. Je fus aussi très ébloui en voyant, sur la place de la ville, les marchands ambulants se disputer les clients. Je m?assis au bord d?une fontaine, caressai mon luth, et me mis à fredonner d?un air admiratif :
Oh, gracieuse ville !
Quel est ton secret ?
Tu éblouis tous ceux,
Qui longent tes remparts.
 Je me dirigeais vers une auberge quand j?entrevis deux femmes  converser :
« Avez-vous entendu la nouvelle ?dit l?une.
-Non, répondit l?autre.
-une rumeur prétend que le duc de Toulouse a perdu sa femme et qu?il a épousé une jeune femme du village de Granpin. Ce serait la fille d?un troubadour qui est mort dans les Pyrénées. »  
  Ébahi, j?accourus vers les deux dames et leur demandai :
« Nobles dames, pourriez-vous me dire où je pourrais avoir plus de précision sur cette rumeur ? »
Les deux dames me regardèrent avec stupeur. Elles ne s?attendaient pas à ce que quelqu?un leur coupe la parole. Je me sentais très gêné car toutes les deux me regardaient avec mépris. Elles me lancèrent en me tournant le dos :
« Va chez le charcutier, il revient d?un voyage à Toulouse. C?est lui qui a annoncé la nouvelle »
  Je remerciai les deux femmes, malgré leur attitude et me dirigeai vers le marché. Après une longue recherche, je trouvai enfin le charcutier. Il me dit que la rumeur était exacte, et il ajouta même que le duc cherchait un musicien pour sa cour.
  Je rebroussai donc chemin, oubliant toutes les résolutions que je m?étais faites lors du début de mon épopée. Je ne pouvais m?empêcher de rater une si belle occasion de revoir ma s?ur.
   
               chapitre 8
                                                                                                          18/12/1224
  Je me retrouvai chez la personne qui m?avait sauvé de ma chute dans les Pyrénées. J?y pris repos pendant quelques jours, et avant que je reprenne ma route, je lui rendit son épée, la langue de feu, et lui donnai aussi un cadeau. C?était une cape faite en peau de bison que j?avais achetée en m?arrêtant dans un village.
                                                                             24/12/1224

 
  Enfin, Granpin est devant moi. La sueur au front, les jambes ankylosées, les lèvres gercées par le froid de pierre qui sévit en ce moment. Je me retrouvai alors devant le village qui m?accueillit toute mon enfance, et qui était prêt à m?accueillir encore.


  Je me reposai dans ma cabane, et à la nuit tombée, je sortis pour participer à un banquet qui était organisé en mon honneur et à l?occasion du mariage de ma s?ur avec le duc de Toulouse.



                                                                                              27/12/1224
    Je m?arrêtais sur la place d?un village où des marchands entreposaient leurs marchandises. Je pris la peine de me procurer une flûte qui me plut beaucoup. Elle était faite en bois d?acajou, et sa manipulation était très facile. Je commençais 100à m?entraîner avec ce nouvel instrument. Il était fort facile à manier. Ses trous étaient biens faits et le son était très mélodieux.                                                                                 chapitre 9
                                                                                                                                                                                29/12/1224
 Il ne me restait qu?une courte distance afin d?arriver à Toulouse quand je me heurtai à un mur de brouillard. La lande disparaissait sous la brume. La visibilité était réduite à quinze pas. Heureusement pour moi, il faisait jour. Après quelques minutes d?une marche aveugle, j?entendis des rires d?enfants.
    Je sus alors que l?endroit était habité. Je me pressai de les rejoindre. Ils étaient en train de faire des batailles de boules de neige. Je leur demandai s?il y avait une auberge aux alentours. L?un d?eux me répondit qu?un  village se situait a quelques pas d?ici. Il ajouta que le brouillard était fréquent pendant cette période.
 Je les remerciai et continuai ma route. Brusquement, le brouillard commença à se dissiper. J?en fus agréablement surpris car cela me facilita la vue. Je constatais que j?étais à quelques coudées de la porte d?un village. J?y entrai, et là, je découvris plusieurs troubadours avec leurs jongleurs. Soudain j?entendis un de ces troubadours grogner sur son jongleur :
« Tu n?es qu?un incapable !! Tu ne peux même pas accorder un luth ! Quelle honte ! »
    Le jongleur, tout comme le troubadour, n?était pas vêtus d?une façon très commune dans la région. Ces deux hommes provenaient sûrement d?Andalousie. Le jongleur prit son courage à deux mains et lança à son maître :
« Par la barbe de Merlin !! Comment puis-je accorder votre luth si je ne trouve même pas le temps de le faire. Toute la journée, vous m?interdisez de vous suivre de peur que je ne vous fasse honte, et vous vous baladez  dans le village à la recherche de quelque famille où chanter. Puis la nuit, vous buvez du vin jusqu\\\\\\\'à en perdre le nord et traînez trois ou quatre ribaudes. »
    Et sur ce, les deux hommes s?éloignèrent l?un de l?autre. Saisissant ma chance, je me dirige vers le jongleur. Depuis longtemps déjà, je cherchais un jongleur pour me servir. Je lui dis :
« Cher ami, voudrais-tu me servir ? Je suis un troubadour du village de Granpin, dans le comté de Toulouse. C?est d?ailleurs moi qui ai remporté une des compétitions de poésies qu?organisait le duc de Toulouse. Voudrais-tu me servir. Je ne t?offrirai pas la richesse, néanmoins, tu auras droit à mon amitié et à ma fidélité. »
 Le jongleur, ne sachant que dire, garda la bouche fermée. Après quelques instants de pure réflexion, il finit par dire :
« Je vous servirai avec honneur si vous me promettez de ne jamais vous comporter comme mon ancien maître.
- Ainsi sera-ce, répondis- je. »            
                                 
               chapitre 10
                                                                                                                          31/12/1224
  Durant le trajet qui nous séparait de Toulouse, je fis plus ample connaissance avec le jongleur. Il s?appelait  Abu-el-Cacem. Avant de s?installer en Andalousie, il vivait en  Égypte comme joueur de darbouka. Il était passé maître en cette matière. D?ailleurs, il me montra un de ses  couplets dont lui seul avait le secret. Il m?apprit aussi à  jouer avec ce nouvel instrument et je me révélais être assez doué.
   J?étais en train de lui raconter mon retour de Barcelone quand nous aperçûmes Toulouse. Cette ville mythique était encore plus resplendissante que jamais. Le château, lui, était en effervescence. Ces tours avaient été réaménagées et des bouquets de fleurs entouraient le pont-levis à l?occasion du mariage du duc avec ma s?ur. Je m?introduisais dans le château, Abu-El-Cacem a mes cotes, ou j?entrevis au loin ma s?ur qui me faisait des signes de la main. J?accourus vers elle. Elle fit de même. Nous nous étreignîmes allégrement. Mahaut, tel était son nom, était plus belle que jamais et sentait la douce odeur de la rose. Elle me dit :
« Oh grand frère, que j?étais inquiète à ton sujet ! J?avais peur que la célébration de mon mariage avec le duc ne se fasse sans ta présence.
-Je n?aurais manqué cela pour rien au monde, répondit-je en la dévisageant du regard. »
   Apres m?avoir fait visite le château-que je connaissais déjà quelque peu- Mahaut me présenta au duc. Ce dernier échangea avec moi une poignée de main chaleureuse et me dit :
« Puisque vous êtes le frère de ma belle dame, j?ai l?honneur de vous nommer musicien de ma cour ».
J?étais ébloui par cette décision. Elle me rendit ivre de joie. Je pouvais donc exercer mon métier et rester aux cotés  de ma bien-aimée s?ur.
Ma première interprétation eut lieu le jour des noces de ma s?ur avec le duc. Elle portait essentiellement sur la darbouka, puis sur la flûte. Je n?y ai pas utilisé mon luth, car je voulais essayer ces nouveaux instruments qui s?ouvraient a moi.












zagaloo


Texte précedent Texte précedent dans la rubrique Texte suivant dans la rubrique Texte suivant



Ce texte n'a pas encore été noté.

Pour pouvoir noter ce texte il faut être inscrit et identifié.


Commentez ce texte :


Pseudo : E-mail: Site :

Commentaire :





Ce texte n'a pas été commenté.