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deux journées d'une abasive



Voilà déjà plusieurs mois que mes médecins avaient découverts que j?étais atteinte d?abasie.
Ils pensaient que cela pouvait être un mal lié à un atavisme que j?aurais pris de ma grand-mère puisque c?était elle qui m?avait élevée.
Ainsi, pour m?occuper, puisque j?étais condamnée à rester immobile, percluse de douleurs, je m?étais lancée dans un montage électrique. Voilà pourquoi depuis quelques temps, j?abrasais des vis au doux son de la batille qui se répercutait sur les côtes fractales de ma Bretagne natale.

Quand un jour, un margoulin habillé tel un hugenot  frappa a ma porte avec force. Il criait comme un matamore, faisant de la propagande pour des myxomycètes à l?odeur méphitique.

J?en achetai quelques uns, mais sur le conseil avisé de mon voisin, véritable paltoquet, je mettais en place un politique de prophylaxie. En effet, sait on jamais. J?avais déjà eu des problèmes avec le verjus qu?un de mes amis m?avais donné : excellent antiseptique, il s?avérait être un dangereux produit pour les ouvertures palpébrales.

Le lendemain, alors que je regardais à la télé un documentaire sur l?ultramontanisme, dont le présentateur zézayait, j?observais au microscope des fragments dendrités de feldspath plagioclase.
En effet, mon zigue de neveu dont la batave prenait la direction du Canada sous l?oriflamme de la Belgique à bord d?une gabare, m?avait laissé pour souvenir un magnifique microscope que j?avais décidé de dépoussiérer.
Il portait en lettres gothiques , la devise que mon neveu s?était cru bon de formuler, et dont l?antépénultième mot était « zoroastrisme ».

Une vétille qui attira mon regard était qu?une petite partie de son socle était couverte de vert-de-gris. Je remarquais également que en  tapotant sur son couvercle, il était possible d?obtenir des sons pentatoniques.

On sonna?.
Je soulevais la guipure mordorée et l?accrochait au chambranle de la porte afin de laisser pénétrer dans mon antre le Père Guicho. Il venait récupérer les guimpes que j?avais mis 2 semaines à confectionner pour les s?urs de l?ordre voisin qui fières de leur instinct grégaire se promenaient toujours ensembles.
Nous nous mimes à parler du chalcolithique,  car comme nombre de mes amis, il me savait friande de préhistoire avant de me reprocher mon onychophagie persistante

Ainsi puisqu?on me l?a demandé, j?ai relaté deux de mes journées, qu?en pensez vous ?


moi


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