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l'automne





Automne





Il est le secret des couleurs d’or….
Lumière en chaire visuelle de l’éternel.
Rouge, brûlant sur le manteau des forêts.
Il avale la chaleur du soleil
Et marque au fer blanc
Les nervures de l’avenir…
La pluie tombe lavant les regrets
Du temps qui déambule sur son dos
Dans l’écorce profonde des êtres et des arbres
La sève s’endort retournant à sa source originelle.
Le ciel se mêle à la terre
Les brouillards enveloppent de leurs bras les plaines.
L’automne déprime ses peines,
Suinte de larmes les troncs des arbres.
La morsure des gelées réveille les germes
Recroquevillés en fœtus.
Survivre…
La puissante force d’amour fait merveille.
Elle donne dans les profondes entrailles de la terre
Le don fécond de l’hérédité.
Les pâles matins enrobent d’un voile amoureux
L’automne qui tricote de ses doigts douloureux
Un gant de laine.
Les cheminées sont allumées
Sur les toits s’élèvent les fumées de pensées
Les fenêtres sont closes et les portes sont fermées…..
Le chat miaule
La mésange a froid.
L’automne carillonne ses louanges
Avec ses pognes de châtaignes.
L’épine ardente défend son fruit farineux…
La hulotte raconte sa vie à l’ombre des nuits.
Elle effraye le hibou qui hulule la lune refroidie.
L’automne écrit son testament
Sur les feuilles en lettres d’or.
Le vent chuchote des mots d’amour à la feuille tombante.
Sur ses rayures sont marquées les émotions inconscientes des arbres.
Le froid pétrit les nuages blancs,
La joie et la peine sont accrochées aux fils des araignées
Suspendues aux branches des sapins.
Douloureuse la séparation des corps
L’empreinte du pas s’efface sur les allées des cimetières.
La bruyère et le chrysanthème pleurent des larmes secrètes.
L’automne lie ses mystères aux creux de la terre
Vient écraser ses larmes de tendresse
Sur le tableau gris de la vie.
Il retient ses dernières heures de bonheur
Jouant comme un enfant avec le vent et le soleil
Il ouvre les portes de la plénitude du repos.
Le pain de la vie germe dans les grains du blé
Qui prend conscience de la faim.
L’oiseau s’envole au cœur de l’automne noyant son vol
A l’harmonie des couleurs du paysage.
L’automne mouille les chemins de campagne
Le pas du promeneur aplatit modestement
La vanité de ses promenades.
Médium, il voit la vie…
Il va…

yuiliel


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