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Hellboy



Je suis parti voir HellBoy en étant très confiant. Guillermo del Toro était le réalisateur. Il avait réalisé avant Blade II, un film bourré d’action et à l’ambiance sombre parfaite qui m’avait impressionné par sa qualité technique indéniable et par son rythme d’enfer. Passé de Blade II à HellBoy était très logique. Sachant, en plus, que réaliser HellBoy était le rêve de del Toro, on ne pouvait qu’être optimiste. Autre motif d’optimisme était la participation au projet de Mike Mignola, le créateur du comic-book. Bref, jusque-là, le tableau est parfait. Mais, j’aurais dû me méfier.

Jadis, comme sur DareDevil, le réalisateur est un grand fan de la BD. Et, c’est toujours le problème dans ces cas-là (et Sam Raimi n’y échappe pas), celui-ci s’enferme dans la mythologie créée par la BD. Je m’explique. L’univers d’HellBoy est particulier ne serait-ce que du point de vue graphique. Le style de Mignola est unique, mille fois copié, jamais égalé. Son héros est un croisement de démon, de Mulder, de Spawn tout en gardant un esprit très enfant. Ses aventures l’obligent à se battre contre des monstres de l’enfer et autres bestioles débordantes de gentillesse. Mignola, tout comme Todd Mc Farlane, a réussi à construire un monde à lui, parfaitement identifiable et quasi-impossible à adapter au cinéma.

Et pourquoi est-il si difficile à adapter ? Parce qu’il faut faire des choix et c’est là le problème du film de del Toro, il ne choisit pas. On a droit à tout. Les origines du héros (passage obligé dans une adaptation de comic-book), son problème lié à son image, ses relations avec son père (brillamment joué par John Hurt), son histoire d’amour avec Liz et à tout cela, il faut évidemment inclure le méchant, l’obscur Raspoutine, dont on ne sait finalement pas grand-chose à part qu’il aime une blonde. Del Toro a rajouté en plus de tous ces éléments (comme si ce n’était pas assez) un personnage neutre d’agent du FBI devant servir de nounou à HellBoy, en espérant que le spectateur s’identifierait à celui-ci pour rentrer plus facilement dans l’univers. Mais, alors, problème ? C’est qui le héros ? HellBoy ou cet agent fraîchement sorti de l’école ?

Le résultat de tout ça, c’est qu’on parle beaucoup dans HellBoy et qu’on y parle trop. Del Toro perd un temps fou à diriger tout son petit monde et, au final, il coupe tout suspense. Et c’est d’autant plus rageant qu’il y a d’excellentes choses dans ce film. Les images, les décors, les costumes, Ron Pearlman (plus que parfait), mais au final, on reste un peu sur notre faim. On se dit que c’est un premier épisode. Le deuxième (et c’est sûr qu’il y en aura un deuxième) devrait nous épargner toute cette phase de présentation et l’on aura, alors, peut-être droit à un vrai film, avec beaucoup plus d’action et beaucoup plus de passion.


Emmanuel Blas

Emmanuel1976 (http://site.voila.fr/emmanuel.blas/index.html)


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