La peine entre en moi tel un venin, se répandant lentement en chacunes de mes veines, paralysant mes membres meurtris. Je me laisse envahir par ce poison mortel, me laisse ensevelir sous le poid de mes chagrins. A quoi bon resister, quand on sait qu'un jour ou l'autre ils reviendront vous hantez. L'eau d'un noir d'encre penetre mes poumons jusqu'au plus profond de mes bronches, et je me laisse faire. Quand on pense avoir touché le fond, on est bien loin de la réalité, car l'on trouve toujours une ou deux failles, pour nous faire perdre un peu plus pied. La surface de ce lac sans fond nous parait tellement loin, que l'on aura jamais assez de force pour la rejoindre. Et on se laisse couler, toujours plus loin dans ces abîmes de pensées. La lumière n'existe plus pour nous, le monde tout autour devient flou. On se dit plutôt mourir que de rester ici, on attend la mort avec impatience, on attend que sa main prenne la notre. Et dès qu'on la saisie, que devant nos yeux a défilé notre vie, on regrette ce geste incensé, maintenant on a peur d'y rester. Est il trop tard? peut on encore remonter? On retrouve alors la force dans nos bras pour nager vers la surface de cet ocean glacé qu'est notre âme et, heureux d'être encore en vie, nous sourions, de ce sourire plein d'espoir et de joie qui illumine alors notre visage.
Lorsqu'un eclair déchire le ciel pour nous frapper de plein fouer, nous faisant retourner en nos malheurs premiers.
Ainsi va la vie,
Ainsi dans ce monde sans merci.