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Forêt Maudite ( fin )



Cela faisait environ trois jours que nous étions dans cette forêt, tous les jours nous marchions, espérant trouver la lumière du jour, mais plus nous progressions, et plus
Nous semblions nous éloigner de cette lumière...
De jour en jour, je voyais Laura faiblir, elle maigrissait si vite, tout comme moi…
Nous n'avions plus rien pour nous nourrir, nous devions manger la mousse des arbres, les quelques insectes qui osaient pointer le bout de leurs antennes, et le peu de champignons qui poussaient. Tout cela avait un goût affreux…Et plus le temps passait, plus je me disais qu’il valait mieux mourir que de devoir nous rabaisser à cela…
Mais je tenais le coup, je vivais encore, je m’accrochais pour une raison que j’ignorais totalement…
 Soudain, alors que je marchais, je fus pris d’une douleur atroce : encore ces satanées migraines qui ne cessaient de me torturer. Sous le poids de la douleur, je m’écroulais, genoux à terre, tenant ma tête entre mes mains. Depuis que j’étais entré dans cette forêt, mes migraines étaient de plus en plus fortes. J’entendais toutes ces voix se bousculer dans ma tête, j’avais l’impression d’être un intrus dans mon propre corps… J’entendais de nouveau cette voix provenir du plus profond de moi-même :
« Joe, tue-la… et enfuies-toi sans elle ! Cette fille te freine, tu ne le vois donc pas ?
Tu dois partir, sauves-toi…vite ! Si jamais tu ne pars pas…tu y resteras. »


 Tout en continuant d’avancer, je regardais Joe, il avait les sourcils froncés, semblait perturbé…
Je me demandais sans arrêt ce qui pouvait bien lui passer par la tête.
- «  J’ai vraiment faim… me dit-il.
- Moi aussi tu sais, mais on y peut rien…  »
 Là il se mit à me regarder d’un air étrange, ses yeux étaient aussi vides qu’un puit desséché.
- «  Peut-être que je devrais t’égorger  pour me sortir d’ici !!
- Comment ?! Mais qu’est-ce que tu racontes ?! C’est sûr tu deviens vraiment malade !  »
Puis son regard redevint tout à coup normal, l’air étonné, il me dit :
- «  Mais qu’est-ce qui te prend Laura ? Je te disais juste que j’avais faim, je n’en suis pas malade pour autant !
- Non, là franchement ça ne va pas, je ne comprends vraiment plus rien…
- Mais il n’y a rien à comprendre, t’as vraiment un comportement bizarre ces derniers temps…
- …  »
Joe me faisait vraiment peur, je commençais vraiment à douter de lui… devais-je quand même rester près de lui pour m’en sortir ?


 Laura était vraiment étrange, franchement je ne savais plus que penser d’elle… Je n’avais pourtant rien dit qui puisse la mettre dans cet état, peut-être voulait-elle ma mort ?
Mais comment aurai-je pu m’en sortir seul ?
Je doutais de plus en plus de cette forêt, ces cris qui se répétaient chaque soir, étaient de plus en plus fort, de plus en plus horribles, mais si je devais commencer à douter de Laura, qu’est-ce que j’allais devenir ? Je ne savais pas et ne voulais pas savoir, tout ce que je voulais c’était partir, rentrer chez moi, prendre une bonne douche, et boire autre chose que l’eau moisie de cette rivière…
 La nuit commençait à tomber, le ciel se recouvrait d’étoiles, un instant j’oubliais mon désespoir et ma peur.  Je m’assis alors contre un arbre, et Laura vint se blottir contre moi : elle grelottait de froid. La lune se reflétait dans ses yeux et ses cheveux, un instant, elle me fixa et se mit à rire, je me mis alors à rire avec elle…

 
 Regardant le ciel, j’oubliais toutes mes peines, mes angoisses, je ne pu m’empêcher de rire, et Joe ria avec moi. Ce moment je ne l’oublierais jamais, aujourd’hui je donnerais ma vie pour revivre cette soirée un instant, rien qu’un instant… Je ferais tout et n’importe quoi pour oublier mes larmes et le revoir, une dernière fois, juste une seconde, sentir sa présence…
Ce soir là, ce fut la dernière fois que je le vis sourire…  


 Je regardai tranquillement les étoiles et tournant la tête, je remarquai que Laura s’était endormie, elle avait l’air si paisible durant son sommeil, je ne l’aurai réveillé pour rien au monde, passant mon bras autour d’elle, je m’endormis à mon tour…
 Je me réveillais en sursaut, Laura dormait toujours entre mes bras, je me souvins alors de son comportement étrange de la veille… Je ne voulais pas faire de mal à Laura, moralement ou physiquement, je ne voulais pas qu’elle me déteste non plus et que ce soit elle qui me blesse, malgré tous nos différents c’était mon amie et cette amitié là je voulais la préserver à tout prix, je pris alors une dure décision : partir seul. Je savais que Laura pouvait s’en sortir sans moi, peut-être même mieux qu’en ma présence. Prenant alors un bout de papier et un stylo dans mon sac, je lui laissais un mot lui expliquant mes intentions, avant de disparaître dans l’obscurité de la forêt, je sentais de petites larmes me picoter les yeux, prêtes à tomber, j’avais comme l’impression que je ne la reverrais jamais et déjà elle me manquait, je me rendis compte à ce moment à quel point elle pouvait compter pour moi… Je lui laissais mes affaires comme souvenir, j’allais donc affronter seul cette maudite forêt…


 La lumière du jour me réveilla, je me levai alors difficilement, épuisée…
Je me frottai les yeux : la place à côté de moi était vide !
Mais où était Joe, paniquée, je le cherchais désespérément des yeux… je sentais les larmes me monter au coin des yeux. Il était parti, Joe n’était plus là ! J’étais abandonnée, seule dans cette forêt.
 Soudain je vis ses affaires, il ne serait pas parti sans ses affaires, m’approchant de son sac, je vis un mot posé dessus, je le pris et le lis attentivement.
Les larmes me coulaient désormais le long des joues, parti… il était parti…
Pourquoi ? Pourquoi était-il parti ?! Imbécile, pourquoi ? Mais pourquoi ? J’étais désespérée, j’avais mal au cœur, si mal. Je me sentais si seule… Pleine de peine et de colère, je poussai un cri.


 Pendant un instant, je cru entendre Laura crier, mais ce devait être un tour de mon imagination car je devais être si loin maintenant…
Ma douleur me reprenait de plus en plus souvent, de plus en plus forte, et toujours cette voix :
«  Enfin tu te décides à m’écouter, tu aurais quand même pu la tuer… »
J’avais peur de moi-même désormais, peur de cette voix, étais-je capable de penser une chose pareille ? Mais j’avais si mal, je ne voulais plus réfléchir, seulement fuir, fuir de cette forêt.


 J’essayais de me ressaisir, me disant qu’il allait revenir… Il ne pouvait pas me laisser, je devais rêver, oui ce devait être un mauvais rêve. Mais j’avais beau me pincer, je ne me réveillais pas… Je sentis la panique me reprendre, je pris le sac de Joe, délaissant mes propres affaires qui ne me servaient désormais plus à rien, je me décidai à partir à mon tour, je voulais le retrouver, peu importe le danger !


                                                       ***


 Les jours défilaient, les semaines, puis enfin  les mois… Cette forêt n’en finissait pas, j’avais finalement trouvé refuge dans une grotte. Oui, une grotte. Elle était très grande et très profonde, mais aussi très sombre et très humide… J’y étais depuis plusieurs semaines déjà, et je commençais à me lasser, la vie n’avait plus de sens, plus aucun. Alors j’avais décidé de tricher, de changer les règles de la vie, et de me donner la mort avant que celle-ci ne vienne à moi.
 Puis je me demandais soudain ce que Laura avait pu devenir, était-elle encore en vie ? Et si il lui était arrivé quelque chose ? Je renonçais alors à mes envies de mort un instant, pensant à elle…
 Alors que je méditais sur mon sort, installé dans un coin de la grotte, un énorme bruit me fit sursauter.


 Je marchais dans la forêt depuis des semaines et des semaines, et jamais je ne lui trouvais de fin. Mais bon sang, tout avait une fin ! Comment se faisait-il que cette forêt n’en avait pas ? Elle semblait s’étendre sur toute la surface du pays, même du monde si vous voulez mon avis.
Je ne cessais de penser à Joe depuis mon départ, chaque jour mon cœur se brisait un peu plus, refusant de croire qu’il ai pu me laisser… Désespérée, épuisée, je m’assis contre un arbre, regardant à côté de moi, je vis l’entrée d’une grotte, et alors que je me levai pour entrer à l’intérieur, un immense bruit se fit entendre…


 Je regardais tout autour de moi, apeuré. D’où venait donc ce bruit ? Il semblait provenir du fond de la grotte, et si… Non, je commençais à penser comme Laura. Les monstres, les fantômes et toutes ces conneries, ça n’existait pas, ce pouvait juste être un animal sauvage…
Mais à propos d’animaux sauvages, je n’en avais pas rencontré un seul durant tous ces mois, pas même une ombre. Mais alors ce bruit… Non, décidemment Laura m’avait refilé sa paranoïa ! Je me mettais alors en marche vers le fond de la grotte, prenant tout mon courage avec moi. J’entendais mes pas se poser doucement sur le sol humide, plus j’avançais et moins je pouvais voir clair, il y avait de la moisissure contre les parois de la grotte, et je pouvais maintenant distinguer des squelettes qui jonchaient le sol, oh bon sang ! Mais qu’est-ce que c’était que cette grotte ?! Tout mon corps se mit à trembler, mes genoux et mes dents claquaient, je me mis à imaginer les situations les plus incroyables qui soient. Je commençais alors à distinguer une lumière rouge provenir du fond de la grotte, quand j’entendis un cri derrière moi…


 Intriguée par ce bruit étrange, je pénétrai dans la grotte, me demandant si je ne ferai pas mieux de m’en éloigner. J’entendais des gouttes d’eau couler sur le sol, il faisait tout à coup humide, très humide… J’avançais d’un pas mal assuré, m’imaginant voir des monstres surgir de nulle part pour m’arracher la tête. Oh, cet endroit me faisait vraiment peur, les murs étaient recouverts de champignons, le sol était comme mou sous mes pas, et il y régnait un silence de mort. Alors que je continuais de marcher, je vis des crânes, Ils jonchaient le sol, il y en avait au moins une centaine, des ossements partout, oh non, oh non… Effrayée, je me mis à crier.


 Je me retournai d’un bond, il n’y avait personne derrière moi, mais à qui pouvait bien appartenir ce cri ? Ce devait encore être un tour de mon imagination, oui, j’étais fou, complètement fou, cette forêt me rendait dingue ! Je continuais de marcher sans me soucier des bruits que j’entendais, puis j’entendis des bruits de pas derrière moi, la peur me montait doucement à la gorge, je suais, les pas se rapprochaient, j’accélérai la marche, faisant le moins de bruit possible, mais les pas se rapprochaient toujours, de plus en plus rapides, de plus en plus lourds. Mon cœur battait tellement fort qu’il semblait vouloir me déchirer la poitrine.
Puis les pas s’arrêtèrent, inquiet, je me retournai et vis une silhouette se dresser devant moi…


 
 « Joe… ?  »
Je devais rêver, il se tenait devant moi, toujours aussi grand… Il était si maigre et si pâle, d’immenses cernes étaient profondément marquées sous ses yeux, il avait l’air si épuisé, si faible, presque mort. Un frisson me parcouru le dos. Tous ces mois de galère, sans lui, et il était devant moi, là, maintenant… J’avais envie de le prendre dans mes bras, de le serrer fort et de ne plus jamais le relâcher, mais j’étais clouée sur place, je ne pouvais plus bouger, j’étais si heureuse de le revoir, mais cette grotte me faisait si peur, et cette lumière étrange qui émanait de derrière lui, qu’était-ce donc ?


 Laura… Laura ! Je rêvais, Laura était en face de moi aussi maigre qu’un bâton et aussi pâle qu’un mort, elle semblait avoir du mal à tenir sur ses propres jambes… Elle me fixait, ébahie, n’osant dire un seul mot.
- « Tu es en vie, Laura tu es en vie… J’ai du mal à le croire, je suis si heureux de te voir saine et sauve…
- Oui, moi aussi tu sais… Mais… Non, tu n’es pas si heureux que tu le prétends ! Tu m’as abandonné, tu m’as laissé seule ici, toute seule, j’avais si peur ! Comment as-tu pu me faire une chose pareille ? Tu m’avais promis qu’on allait sortir de cette foutue forêt ensembles ! Menteur, hypocrite !
- Si j’ai fait ça c’était pour ton bien, arrête un peu de jouer les victimes tu veux ! Si nous restions ensembles… On risquait de se faire du mal un jour ou l’autre, tu comprends ?
- Non, non je ne comprends pas !
- Putain mais t’as vraiment la tête dure ! Et…  »
 Soudain il y eu un autre bruit, comme une explosion provenant du fond de la grotte, j’entendais comme des battements, oui, comme des battements… de cœur ! D’énormes battements qui semblaient faire trembler la grotte entière, la lumière rouge s’intensifia, devenant presque aveuglante, puis redevint comme avant… Mais qu’est-ce qui se passait ici ? Laura tremblait à côté de moi, il fallait à tout prix que j’aille voir ce qui se passait au fond de cette grotte ! Je me mis à courir et elle me suivit.
 Soudain je m’arrêtais net. Cet endroit de la grotte ne ressemblait en rien au reste ! Il y avait des plantes partout, des racines énormes recouvrant le sol et les murs, l’herbe m’arrivait à la taille, et au milieu de cette étrange pièce se trouvait une énorme boule, oui une sorte de boule faite de racines, il en émanait une étrange lumière rouge : celle qui m’avait conduit jusqu’ici. Je voyais les racines bouger, la boule ne cessait de grossir et de rapetisser, elle semblait respirer, c’était comme un énorme cœur qui battait.
 Une voix déchira alors le silence, semblant venir de nulle part :
«  Saloperies d’humains ! Vous osez pénétrer chez moi et souiller mes terres de vos déchets, vous n’êtes que des parasites, sachez que chaque être vivant entrant dans cette forêt n’a le droit d’en ressortir vivant… Vous allez périr ici ! »
J’étais pétrifié, la forêt avait un cœur et elle s’exprimait, mais pire encore : elle voulait nous tuer. La grotte se mit à trembler, si fort que des roches commencèrent à se décrocher du plafond, je mis à courir, attrapant Laura au passage. La forêt criait, mes oreilles saignaient. Je ne pouvais m’arrêter, je ne contrôlais plus mes jambes, il fallait à tout prix que je sorte d’ici, que nous sortions d’ici.
 Soudain des rochers tombèrent devant nous, puis derrière, les deux voies étaient bloquées, nous étions cernés, fait comme des rats…
Après tout, c’était peut-être mieux ainsi, je n’avais plus aucune raison de vivre, j’allais enfin être libre, mais Laura… Elle était pleine de vie, elle avait encore tellement de choses à vivre, il fallait que je la fasse sortir d’ici…


 Je sentais le sol trembler sous mes pieds, Joe me regardait d’un air grave, j’avais envie de pleurer, de crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche, j’étais affolée, j’étais là à attendre ma fin !
Joe s’approcha du mur de rochers, et commença à essayer d’en soulever un, je voulais lui dire que ça ne servait à rien qu’il n’y arriverait jamais… Puis il réussit à libérer un bout de passage, minuscule, mais suffisant pour y faire passer une personne…
- «  Joe…
- Grouille-toi ! J’vais lâcher, vas-y, magne !
- Mais Joe, et toi !!!
- Magne-toi j’te dis !  »
J’exécutai alors ses ordres, me faufilant dans le mince chemin qu’il venait de libérer.
- «  Joe…
- Adieu…
- Joe tu peux venir !
- C’est trop tard Laura, je suis coincée… je t’aimais beaucoup tu sais.  »
Une larme coula sur sa joue, et il lâcha prise. La grotte trembla plus fort et j’entendis des roches tomber de l’autre côté du mur.
- « JOOOOOOOOOOOOE ! C’est pas possible, Joe réponds-moi, je sais que tu es là, allez, réponds, je t’en supplie, réponds allez…  »
Aucune réponse, je ne pouvais le croire, Joe, mort… je venais tout juste de le revoir, c’était injuste, il ne pouvait pas mourir comme cela ! Il était vivant, j’en étais sûre !
Les larmes coulaient à flot sur mon visage, je parti en courant, sans regarder où j’allais, je continuais de courir sans m’arrêter.
 Alors que je pleurais, je m’arrêtai et ouvrit enfin les yeux, j’étais à la lisière de la forêt, je n’en croyais pas mes yeux, j’étais libre. Mais repensant à Joe, je m’écroulai à terre en pleurant.


                                                  ***
   
 Plusieurs années sont passées depuis cette histoire, mais jamais je n’ai oublié. Perchée en haut du toit de mon immeuble, je regarde les étoiles, les yeux pleins de larmes. Joe, je continuerai de crier ton nom, pour qu’un jour tu me répondes… Je continuerai de regarder les étoiles, pour qu’un jour elles me conduisent à toi, je continuerai de t’attendre, pour un jour réentendre le son de ta voix. Durant toutes ces années, jamais tu n’es sorti de mes pensées, je continue de te pleurer, pensant qu’un jour tu viendras me consoler. Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait cela ? Mais pourquoi ?!
Mes larmes, chaudes, me brûlent les joues. Mon cœur continue de saigner depuis le jour où tu es parti, il continue de se briser, et il cessera un jour de battre, noyé dans le désespoir…
Ce soir, je vais en finir, je vais définitivement le briser, pour qu’il cesse de me torturer.
Je regarde le bas de l’immeuble, les voitures qui défilent semblent si minuscules… Leur bruit semble presque imperceptible. Je m’avance tout près du bord, tout doucement, la gorge nouée de sanglots, les jambes tremblantes. Je continue de m’avancer et saute, je sens mon corps poussé par le vent, mes larmes emportées par son souffle sèchent sur mes joues, je vois le sol se rapprocher, il se rapproche et se rapproche encore, de plus en plus vite, je sens déjà le goût du sang dans ma bouche, je m’approche encore, j’arrive, je te rejoindrai ! Je serais bientôt avec toi, et tout sera comme avant, à l’époque où nous étions heureux, l’époque où tu étais près de moi… de nouveau tu me tiendras la main et nous rirons ensembles, comme avant…
Le sol se rapproche, il est tout prêt maintenant, à bientôt…

MuRdEr


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