La nuit venait de tomber, ce qui donnait à cette forêt un aspect encore plus inquiétant
Joe lui, sétait endormi adossé à un arbre. Mais moi, je navais pas lesprit tranquille avec tous ces bruits bizarres. Je mattendais toujours à voir quelquun surgir des buissons, je nosais pas bouger, de plus il faisait si froid
Je navais quun mince gilet pour me couvrir, mon corps était parcouru de frissons, jétais pétrifiée de peur et de froid, mes lèves étaient gelées.
Quand soudain un cri déchira le silence de la nuit, un cri affreux, presque douloureux à entendre.
Je me mis alors à trembler, non cela nétait pas un cri humain
Jétais alors paniquée, ne sachant que faire, je cherchais désespérément des yeux un lieu où me cacher.
Quelle fille courageuse je faisais
Puis un autre cri se fit entendre, un cri dagoni, mais bon sang ! Que se passait-il dans cette forêt ?!
Quelquun, ou plutôt quelque chose, était en train de mourir en ce moment même
Prenant mon courage à deux mains, je me levai dun bond, les poings et les dents serrées, jétais fermement décidée à découvrir ce qui se passait ici ! Jétais apeurée mais à la fois excitée, cette forêt me faisait peur mais cétait si excitant de la découvrir en pleine nuit. Moi à qui il narrivait jamais rien, je me retrouvai dans cet endroit étrange
En partant, je regardai Joe, il avait lair si tranquille
Rien ne semblait pouvoir le tirer de son sommeil, plus je le regardai et plus je pensais que je me sentais en sécurité près de lui. Mais je ne pouvais pas le réveiller maintenant, il avait lair de si bien dormir.
Cétait donc décidé, jallais explorer cette forêt seule, quelque en soit le danger. Le sentiment de peur sétait évanoui, laissant place à de lintrigue.
Alors que je menfonçais de plus en plus loin dans cette forêt, jentendis quelque chose bondir derrière moi
Je me réveillais en sursaut. Quel était ce cri que je venais dentendre ? Cétait un cri rauque, affreusement laid, jen avais presque les oreilles qui saignaient.
Je mis du temps à me rendre compte que jétais réveillé, javais encore limpression de rêver, mais où étais-je ? Ce nétait pas mon lit
Jétais adossé à un arbre, assis sur de la mousse, en fait cétait plutôt confortable mais moins que mon oreiller et mes draps
Je regardai Laura assise sur un tronc darbre assez loin de moi, la lune éclairait son joli visage. Je pouvais bien la voir mais elle ne semblait pas avoir remarqué que jétais réveillé. Elle semblait paniquée, sans doute le cri avait dû leffrayer
alors je ne rêvais pas. Quelque chose avait bel et bien crié.
Soudain un autre cri transperça la nuit, un hurlement encore plus affreux que le précédent. Mais je ne minquiétais pas, cela devait sans doute être une bête sauvage agonisante qui devait traîner quelque part, un loup peut-être ? Mais Laura elle, navait pas lair de penser comme moi, on lisait de la peur sur son visage. Cette fille avait vraiment une imagination débordante, quétait-elle encore allé simaginer ?
Elle se leva et serra les poings, mais que faisait-elle ?
Tout à coup elle se tourna vers moi en me regardant tendrement. Je fis alors semblant de dormir, pour ne pas quelle me parle, gardant tout de même un il ouvert pour la surveiller. Vu lexpression quelle avait sur le visage en me regardant, je devais vraiment avoir lair beau quand je dormais.
Puis je vis Laura disparaître derrière les arbres, mais où pouvait-elle aller en pleine nuit ?
Je décidai alors de la suivre discrètement pour voir ce quelle faisait.
Cela faisait au moins 5 bonnes minutes que je la filais et elle ne mavait toujours pas entendue
Je décidai alors de me faire entendre, je lui sautai dessus :
- Ah ! Ah ! cri-je.
- AH ! hurla Laura, effrayée.
Elle se tourna alors et me vit en train de rire :
- Joe, non mais tes vraiment malade !!! Et arrête de rire, espèce didiot ! Tu ferais moins le malin si tu étais à ma place, et puis on pourrait nous
-
entendre ? Laura, qui pourrait nous entendre dans un endroit pareil ?! Cette forêt est immense, en plus dêtre effrayante, qui voudrait se promener ici en pleine nuit ?
- Euh
nous ?
- Euh, exactement
mais jte signale que si je suis ici cest pour te surveiller !
- Ah, me surveiller, moi ? Pourquoi ai-je toujours lair dune gamine à tes yeux ?
- Oh non ne commence pas sil te plaît ! Il fait nuit, en pleine forêt et
qui sait ce qui peut arriver à une jeune fille seule dans ces circonstances
- Oh
alors tu tinquiétais pour moi ?
- Disons que je me serai senti coupable sil tétait arrivé quelque chose
Enfin bref, quespères-tu trouver en venant par ici ?
- Jai entendu des cris et
- Oui je les ai entendu aussi figures-toi. Ca ne pouvait pas être un cri humain, mais ça ne pouvait pas non plus être une de ces créatures terrifiantes que lon voit dans les films, je suis sûre que tu tattendais à trouver ce genre de chose en venant fouiller ici
- Moi ? répondit Laura en rougissant. Mais non ! et dabord
tu ne dormais pas toi ?
- Ce sont justement ces beuglements de tarés qui mont réveillé !
- Des beuglements ? Il ny a pas de vache sauvage dans les forêts tu sais
- Oh, tu magaces ! Appel ça comme tu veux, pour moi cest la même chose. Enfin, arrêtons de parler de ça, et essayons plutôt de trouver un endroit où dormir
- Il ny a qune grande étendue darbres, la forêt est identique partout ! De la mousse, des arbres, de la mousse, et encore des arbres
- Bah bien sûr quil ya des arbres nous sommes dans une forêt, chère amie. Lui répondis-je dun air sarcastique.
- Oh arrête !
- Bon, puisque chaque lieu est identique en cette forêt, autant sinstaller ici pour dormir. Que lon dorme ici ou ailleurs ça ne changerait rien à notre situation tu sais
Jaurai tant aimé croire Joe quand il prononça ces mots. Pourquoi le destin est-il si dur ? Pourquoi a-t-il fallu que les choses se passent autrement ? Et pourtant, ce fut ainsi que lhistoire se passa
Je ne cessais de me torturer lesprit.
Jessayais de me persuader quaucune bête féroce ne résidait ici, mais ces cris
Je ne pouvais me faire de raison, il fallait que jaille chercher une autre explication, plus absurde encore. Toutes ces questions sans réponses, plus je men posais, plus le doute sinstallait
Allongée contre un tronc darbre, la tête posée sur une pierre recouverte de mousse, je regardai Joe qui, déjà sétait rendormi. Il était blotti contre moi, pour ne pas avoir froid, javais moins peur de cette manière
Joe, quand jy pensais, il navait que sa fierté, il sen fichait bien de moi ! La seule raison pour laquelle il mavait suivie, cétait parce que
Si il métait arrivé quelque chose, et quil aurait réussi à sortir seul de cette forêt, mes parents lui en auraient voulu de ne pas mavoir protégé
Sa fierté, alors je compte si peu pour lui ?
Pourquoi fallait-il toujours que cette fille se fasse autant de mal ? Pourquoi fallait-il toujours quelle culpabilise ? Mais pourquoi fallait-il quelle soit toujours autant pessimiste ?
Je nen pouvais plus, je ne pouvais plus la supporter ! « Pourquoi ai-je toujours lair dune gamine à tes yeux ? »
Mais parce quelle était la pire des gamines que je nai jamais eu à rencontrer
Et cette migraine qui recommençait à me faire souffrir. Javais si chaud tout à coup, si mal, ma tête était comme compressée, mon cerveau semblait bouillir sous mon crâne en train de craqueler.
Depuis tout petit, je souffrais de ce mal, le médecin na jamais pu me dire ce que javais et na jamais pu men guérir. Et cette douleur atroce me reprenait, me tuait petit à petit
Et ces pensées, si mauvaises, qui venaient à moi
Une voix encore plus forte que la douleur séveilla au fond de mon esprit : « Pourquoi ne mécoutes-tu jamais Joe ? Tu aurais dû téloigner de Laura pendant quil en était encore temps
Il est trop tard maintenant, bien trop tard
»
Alors que je commençais à massoupir, Joe se tourna vers moi. Bien quil fût sombre, je pouvais distinguer un mince filet de sang qui lui coulait de la bouche. Javais une drôle dimpression, je nétais plus aussi rassurée que je pouvais lêtre auparavant, javais soudain peur. Mais après tout, ce nétait peut-être rien
Je voulu lui demander ce qui lui arrivait, mais je vis quil avait les yeux fermés
Il dormait ? Peut-être que
Alors que je pensais quil était peut être mort, il posa sa main sur mon épaule, puis la fit glisser jusquà mon cou, gardant toujours les yeux fermés.
Puis il se mit tout à coup à serrer les doigts, les serrer si fort, comme pour me transpercer la gorge. Je lui pris alors le bras pour essayer de le retenir, mais il était plus fort que moi, et serrait toujours plus encore, gardant toujours ses yeux fermés
Je me débattais, la respiration coupée, jessayais pourtant de parler :
« A
a
arrête ! »
Mais il ne sarrêtait pas, et continuait de serrer. Nen pouvant plus, je pris toutes mes forces et le poussa, il lâcha enfin prise et roula sur le côté, mais ne bougea pas
Epuisée, je mendormie.
Jouvris les yeux, jentendais les oiseaux chanter, le soleil me brûlait la tête, je levai les yeux et, la vision trouble, vit Laura assise sur une pierre :
- « Pourquoi te tiens-tu si loin de moi ? Jai lair si effrayant que ça au réveil ? lui dis-je.
- Non, non
je prends lair cest tout
- Lair on la pris toute la nuit, je te signale quon a dormi dehors
- Oui, mais on ne profite jamais assez de ce qui nous entoure !
- Bon, si tu le dis
»
Je trouvais vraiment le comportement de Laura étrange
Le comportement de Joe commençait à me faire peur, quelque chose nallait pas
Tous ces évènements, cela faisait trop pour moi
Et il navait pas lair de penser à ce quil avait essayé de me faire durant la nuit ! Il avait pourtant essayé de métrangler, mais là il avait lair si sympathique
je ne comprenais vraiment plus rien, devais-je avoir plus peur de lui que de cette forêt ? Il fallait que je pense à autre chose
- « Je commence vraiment à crever la dalle ! dis-je.
- Moi aussi, tiens, maintenant que jy pense, mon ventre me crie famine !
- On va mourir de faim, ou de quelque chose dautre, avant de pouvoir sortir dici !
- Oh, arrête ton cinéma, tes vraiment bizarre ce matin, et puis il me reste des gâteaux dans mon sac
- Mais quest-ce que tu as encore dans ton sac ?
- Bah, des objets quon peut mettre dans un sac
»
Il se leva et alla prendre son sac, je regardais chacun de ses mouvements, comme si je mattendais à ce quil puisse en sortir un revolver.
- Tadah ! me fit-il en sortant une boîte de biscuits du sac. Voici les fameux gâteaux ! Avec ça on va pas mourir de faim !
- Dis moi
- Hm ?
- Ce ne serait pas les gâteaux que jai faits pour toi la semaine dernière, par hasard ?
- Eh bien, euh
hé hé
cest marrant que tu me dises ça tu vois parce que
- Tu ne les avais pas mangé ?! Je te les avais offert de bon cur, moi !
- Bah voilà, ton bon cur il va nous sauver la vie, regarde ! On a de quoi manger maintenant !
- Mouais
- Et bientôt, nous pourrons partir dici
»