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Forêt Maudite ( partie 2 )



La nuit venait de tomber, ce qui donnait à cette forêt un aspect encore plus inquiétant…
Joe lui, s’était endormi adossé à un arbre. Mais moi, je n’avais pas l’esprit tranquille avec tous ces bruits bizarres. Je m’attendais toujours à voir quelqu’un surgir des buissons, je n’osais pas bouger, de plus il faisait si froid… Je n’avais qu’un mince gilet pour me couvrir, mon corps était parcouru de frissons, j’étais pétrifiée de peur et de froid, mes lèves étaient gelées.
 Quand soudain un cri déchira le silence de la nuit, un cri affreux, presque douloureux à entendre.
Je me mis alors à trembler, non cela n’était pas un cri humain… J’étais alors paniquée, ne sachant que faire, je cherchais désespérément des yeux un lieu où me cacher.
Quelle fille courageuse je faisais…
Puis un autre cri se fit entendre, un cri d’agoni, mais bon sang ! Que se passait-il dans cette forêt ?!
Quelqu’un, ou plutôt quelque chose, était en train de mourir en ce moment même…
Prenant mon courage à deux mains, je me levai d’un bond, les poings et les dents serrées, j’étais fermement décidée à découvrir ce qui se passait ici ! J’étais apeurée mais à la fois excitée, cette forêt me faisait peur mais c’était si excitant de la découvrir en pleine nuit. Moi à qui il n’arrivait jamais rien, je me retrouvai dans cet endroit étrange…
En partant, je regardai Joe, il avait l’air si tranquille… Rien ne semblait pouvoir le tirer de son sommeil, plus je le regardai et plus je pensais que je me sentais en sécurité près de lui. Mais je ne pouvais pas le réveiller maintenant, il avait l’air de si bien dormir.
C’était donc décidé, j’allais explorer cette forêt seule, quelque en soit le danger. Le sentiment de peur s’était évanoui, laissant place à de l’intrigue.
 Alors que je m’enfonçais de plus en plus loin dans cette forêt, j’entendis quelque chose bondir derrière moi…


 Je me réveillais en sursaut. Quel était ce cri que je venais d’entendre ? C’était un cri rauque, affreusement laid, j’en avais presque les oreilles qui saignaient.
Je mis du temps à me rendre compte que j’étais réveillé, j’avais encore l’impression de rêver, mais où étais-je ? Ce n’était pas mon lit… J’étais adossé à un arbre, assis sur de la mousse, en fait c’était plutôt confortable mais moins que mon oreiller et mes draps… Je regardai Laura assise sur un tronc d’arbre assez loin de moi, la lune éclairait son joli visage. Je pouvais bien la voir mais elle ne semblait pas avoir remarqué que j’étais réveillé. Elle semblait paniquée, sans doute le cri avait dû l’effrayer… alors je ne rêvais pas. Quelque chose avait bel et bien crié.
 Soudain un autre cri transperça la nuit, un hurlement encore plus affreux que le précédent. Mais je ne m’inquiétais pas, cela devait sans doute être une bête sauvage agonisante qui devait traîner quelque part, un loup peut-être ? Mais Laura elle, n’avait pas l’air de penser comme moi, on lisait de la peur sur son visage. Cette fille avait vraiment une imagination débordante, qu’était-elle encore allé s’imaginer ?
Elle se leva et serra les poings, mais que faisait-elle ?
 Tout à coup elle se tourna vers moi en me regardant tendrement. Je fis alors semblant de dormir, pour ne pas qu’elle me parle, gardant tout de même un œil ouvert pour la surveiller. Vu l’expression qu’elle avait sur le visage en me regardant, je devais vraiment avoir l‘air beau quand je dormais.
Puis je vis Laura disparaître derrière les arbres, mais où pouvait-elle aller en pleine nuit ?
Je décidai alors de la suivre discrètement pour voir ce qu’elle faisait.
 Cela faisait au moins 5 bonnes minutes que je la filais et elle ne m’avait toujours pas entendue…
Je décidai alors de me faire entendre, je lui sautai dessus :
- Ah ! Ah ! cri-je.
- AH ! hurla Laura, effrayée.
Elle se tourna alors et me vit en train de rire :
- Joe, non mais t’es vraiment malade !!! Et arrête de rire, espèce d’idiot ! Tu ferais moins le malin si tu étais à ma place, et puis on pourrait nous…
- …entendre ? Laura, qui pourrait nous entendre dans un endroit pareil ?! Cette forêt est immense, en plus d’être effrayante, qui voudrait se promener ici en pleine nuit ?
- Euh… nous ?
- Euh, exactement… mais j’te signale que si je suis ici c’est pour te surveiller !
- Ah, me surveiller, moi ? Pourquoi ai-je toujours l’air d’une gamine à tes yeux ?
- Oh non ne commence pas s’il te plaît ! Il fait nuit, en pleine forêt et… qui sait ce qui peut arriver à une jeune fille seule dans ces circonstances…
- Oh… alors tu t’inquiétais pour moi ?
- Disons que je me serai senti coupable s’il t’était arrivé quelque chose… Enfin bref, qu’espères-tu trouver en venant par ici ?
- J’ai entendu des cris et…
- Oui je les ai entendu aussi figures-toi. Ca ne pouvait pas être un cri humain, mais ça ne pouvait pas non plus être une de ces créatures terrifiantes que l’on voit dans les films, je suis sûre que tu t’attendais à trouver ce genre de chose en venant fouiller ici…
- Moi ? répondit Laura en rougissant. Mais non ! et d’abord… tu ne dormais pas toi ?
- Ce sont justement  ces beuglements de tarés qui m’ont réveillé !
- Des beuglements ? Il n’y a pas de vache sauvage dans les forêts tu sais…
- Oh, tu m’agaces ! Appel ça comme tu veux, pour moi c’est la même chose. Enfin, arrêtons de parler de ça, et essayons plutôt de trouver un endroit où dormir…
- Il n’y a q’une grande étendue d’arbres, la forêt est identique partout ! De la mousse, des arbres, de la mousse, et encore des arbres…
- Bah bien sûr qu’il y’a des arbres nous sommes dans une forêt, chère amie. Lui répondis-je d’un air sarcastique.
- Oh arrête !
- Bon, puisque chaque lieu est identique en cette forêt, autant s’installer ici pour dormir. Que l’on dorme ici ou ailleurs ça ne changerait rien à notre situation tu sais…


               J’aurai tant aimé croire Joe quand il prononça ces mots. Pourquoi le destin est-il si dur ? Pourquoi a-t-il fallu que les choses se passent autrement ? Et pourtant, ce fut ainsi que l’histoire se passa…
 Je ne cessais de me torturer l’esprit.
J’essayais de me persuader qu’aucune bête féroce ne résidait ici, mais ces cris… Je ne pouvais me faire de raison, il fallait que j’aille chercher une autre explication, plus absurde encore. Toutes ces questions sans réponses, plus je m’en posais, plus le doute s’installait…
Allongée contre un tronc d’arbre, la tête posée sur une pierre recouverte de mousse, je regardai Joe qui, déjà s’était rendormi. Il était blotti contre moi, pour ne pas avoir froid, j’avais moins peur de cette manière… Joe, quand j’y pensais, il n’avait que sa fierté, il s’en fichait bien de moi ! La seule raison pour laquelle il m’avait suivie, c’était parce que… Si il m’était arrivé quelque chose, et qu’il aurait réussi à sortir seul de cette forêt, mes parents lui en auraient voulu de ne pas m’avoir protégé… Sa fierté, alors je compte si peu pour lui ?


 Pourquoi fallait-il toujours que cette fille se fasse autant de mal ? Pourquoi fallait-il toujours qu’elle culpabilise ? Mais pourquoi fallait-il qu’elle soit toujours autant pessimiste ?
Je n’en pouvais plus, je ne pouvais plus la supporter ! «  Pourquoi ai-je toujours l’air d’une gamine à tes yeux ?  »
Mais parce qu’elle était la pire des gamines que je n’ai jamais eu à rencontrer… Et cette migraine qui recommençait à me faire souffrir. J’avais si chaud tout à coup, si mal, ma tête était comme compressée, mon cerveau semblait bouillir sous mon crâne en train de craqueler.
Depuis tout petit, je souffrais de ce mal, le médecin n’a jamais pu me dire ce que j’avais et n’a jamais pu m’en guérir.  Et cette douleur atroce me reprenait, me tuait petit à petit…
Et ces pensées, si mauvaises, qui venaient à moi… Une voix encore plus forte que la douleur s’éveilla au fond de mon esprit : «  Pourquoi ne m’écoutes-tu jamais Joe ? Tu aurais dû t’éloigner de Laura pendant qu’il en était encore temps… Il est trop tard maintenant, bien trop tard… »


 Alors que je commençais à m’assoupir,  Joe se tourna vers moi. Bien qu’il fût sombre, je pouvais distinguer un mince filet de sang qui lui coulait de la bouche. J’avais une drôle d’impression, je n’étais plus aussi rassurée que je pouvais l’être auparavant, j’avais soudain peur. Mais après tout, ce n’était peut-être rien… Je voulu lui demander ce qui lui arrivait, mais je vis qu’il avait les yeux fermés… Il dormait ? Peut-être que…
 Alors que je pensais qu’il était peut être mort, il posa sa main sur mon épaule, puis la fit glisser jusqu’à mon cou, gardant toujours les yeux fermés.
 Puis il se mit tout à coup à serrer les doigts, les serrer si fort, comme pour me transpercer la gorge.  Je lui pris alors le bras pour essayer de le retenir, mais il était plus fort que moi, et serrait toujours plus encore, gardant toujours ses yeux fermés… Je me débattais, la respiration coupée, j’essayais pourtant de parler :
«  A…a…arrête !  »
Mais il ne s’arrêtait pas, et continuait de serrer. N’en pouvant plus, je pris toutes mes forces et le poussa, il lâcha enfin prise et roula sur le côté, mais ne bougea pas…
Epuisée, je m’endormie.


 J’ouvris les yeux,  j’entendais les oiseaux chanter, le soleil me brûlait la tête, je levai les yeux et, la vision trouble, vit Laura assise sur une pierre :
- «  Pourquoi te tiens-tu si loin de moi ? J’ai l’air si effrayant que ça au réveil ? lui dis-je.
- Non, non… je prends l’air c’est tout…
- L’air on l’a pris toute la nuit, je te signale qu’on a dormi dehors…
- Oui, mais on ne profite jamais assez de ce qui nous entoure !
- Bon, si tu le dis… »
Je trouvais vraiment le comportement de Laura étrange …


 Le comportement de Joe commençait à me faire peur, quelque chose n’allait pas…
Tous ces évènements, cela faisait trop pour moi… Et il n’avait pas l’air de penser à  ce qu’il  avait essayé de me faire durant la nuit ! Il avait pourtant essayé de m’étrangler, mais là il avait l’air si sympathique… je ne comprenais vraiment plus rien, devais-je avoir plus peur de lui que de cette forêt ? Il fallait que je pense à autre chose…
- «  Je commence vraiment à crever la dalle ! dis-je.
- Moi aussi, tiens, maintenant que j’y pense, mon ventre me crie famine !
- On va mourir de faim, ou de quelque chose  d’autre, avant de pouvoir sortir d’ici !
- Oh, arrête ton cinéma, t’es vraiment bizarre ce matin, et puis il me reste des gâteaux dans mon sac…
- Mais qu’est-ce que tu as encore dans ton sac ?
- Bah, des objets qu’on peut mettre dans un sac…  »
Il se leva et alla prendre son sac, je regardais chacun de ses mouvements, comme si je m’attendais à ce qu’il puisse en sortir un revolver.
- Tadah ! me fit-il en sortant une boîte de biscuits du sac. Voici les fameux gâteaux ! Avec ça on va pas mourir de faim !
- Dis moi …
- Hm ?
- Ce ne serait pas les gâteaux que j’ai faits pour toi la semaine dernière, par hasard ?
- Eh bien, euh… hé hé… c’est marrant que tu me dises ça tu vois parce que…
- Tu ne les avais pas mangé ?! Je te les avais offert de bon cœur, moi !
- Bah voilà, ton bon cœur il va nous sauver la vie, regarde ! On a de quoi manger maintenant !
- Mouais…
- Et bientôt, nous pourrons partir d’ici…  »

MuRdEr


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