Une simple croix dans un carré d\'herbe.
Je n\'ai plus de pieds pour marcher.
Comme un immigré, cherchant un pays pour m\'installer toujours
Je rampe, les genoux cagneux, sur le sol caillouteux.
Ce que je donne m\'appartient pour toujours
Sur les flancs de l\'amour, je m\'oublie un peu.
Autour de moi, l\'indifférence joue son premier rôle.
Le bruit de mon intérieur, laisse mes yeux nettoyés
De regarder mon nombril.
Je sors de mon cinéma qui m\'habite
Refoulant les images de mon vécu.
Prenant un masque sur le visage
Pour ne pas être connue, je deviens aimable.
Je sonde mes recherches,
Errant aux méandres de mes endurances.
Je suis une femme debout, m\'échappant de la vertu.
Une simple croix indique le changement de routes.
Dans l\'écho de l\'égarement, je lis un nouvel itinéraire.
Dans le rythme de la vie, je m\'offre un espace,
Jai mis des souliers neufs, si je ne prends pas d\'ampoule
Je marcherai jusqu\'à qu\'ils soient usés.
A la main, une valise remplie de reliques
Sous le bras, mon duvet pour ne pas avoir froid.
En face de moi, s\'ouvrira tout un univers
Déjà je suis prête à m\'affronter.
Je me lance le défi de ne pas courber le dos
Devant d\'adversité.
Offrir ce que j\'ai de bienveillance
A ceux qui me ressemblent, et qui me voient
Telle que je suis, m\'acceptant avec tous mes défauts.
Je réclame haut et fort, de la patience
De la générosité, et surtout une longue page
Pour écrire ensemble les mots que j\'apprendrai
À connaître le vrai sens.