Il y a un grand cortège, et même un prêtre. Un prêtre! On dirait qu'ils ne savent pas qui on enterre! Tout le monde a cet air triste, le même... Aucune originalité dans tous ces regards. Ma mère pleure, la première fois que je vois des larmes sincères couler de ses yeux. Elle me donnerais presque envie de la rejoindre dans ses lamentations. Si seulement j'avais pu. Je ne pensais qu'il y aurait tant de monde. Mais si, ils sont là! C'est que ce sont mes amis. Mais mon âme s'en ira triste et seule, résonnant comme un tombeau. Pas le mien. Car Lui, Lui n'est pas venu. Je me fiche bien des autres. Il était la seule personne qui puisse me faire regretter la vie. Durant celle-ci, j'étais aussi seule que je le suis à présent. On ne m'a pas écouté à temps. Personne ne m'a tendu la main... Personne, sauf "Elle". Elle, sa main si chaude et acceuillante, si glaciale et repoussante. Cette main que j'ai pourtant serrée dans la mienne, espérant qu'elle m'offrirait une vie plus heureuse. Mais elle me laisse amère, amère de ne pouvoir le regarder encore dans les yeux. Elle m'a trahi, moi qui l'aimait je la haïe. mais je ne veux pas partir, je ne partirais pas avant de l'avoir revu. Errant, comme un fantôme, je crierai son nom dans les allées, traversant les caveaux et les rues. Ame désespérée et sans vie.
Ma tombe descend lentement dans son trou, où mon corps pourrira. Et je le regarderai en regrettant de l'avoir trop peu habité. Ce corps que je trouvais tellement superficiel m'étais pourtant utile. Il me permettait de marcher , de voir, de rire. Car qu'est ce qu'un esprit vide, seul... Adieu monde qui m'étais trop dur, adieu, amis, qui ne m'avaient pas retenue, adieu, toi, homme sui laisse mon âme fragile et nue.