Ce soir, mon cur est silencieux. Je regarde le ciel, il est encombré. Entre les différentes nuances de bleu qui le parent, les nuages samassent comme lécume. Ils semblent peser sur le Monde. La nuit doucement gagne du terrain, dans quelques heures la Lune remplacera le Soleil, dans quelques heures il fera froid. Jouvre ma fenêtre emmitouflée dans une couverture, je ne me lasse pas dobserver le jour se coucher pour laisser place à lobscurité. Bientôt, lAstre nocturne apparaîtra et menveloppera de sa lumière, je lui parlerai et Elle restera immobile, comme attentive. En lattendant, jécoute la nuit sinstaller et semparer de cette immensité quest le ciel, cest une douce musique qui me berce. La solitude, pas à pas, avance pour gagner mon âme ; elle mentoure de ses bras, presque tendrement. Je me laisse envoûter par cette présence glaciale, paradoxalement elle occupe ce vide qui se creuse en moi chaque jour un peu plus.