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Mon bonheur



Je me suis longtemps demandé pourquoi chaque matin, malgré les jours gris, je continuais à me réveiller le sourire aux lèvres. Mais cette réponse, je l’ai trouvé dans un regard, dans un rire, dans des mots. Il y maintenant six ans, parce que j’ai perdu la moitié de moi-même, je suis devenue une fille aigrie, agressive, parfois même méchante, une fille froide, sans état d’âme. Je devais survivre à ma petite sœur, il le fallait pour elle mais qu’est-ce que vaut la vie sans les personnes que vous aimez le plus au monde ? Mais je me devais de me relever, d’assumer. Aveuglée par la douleur, j’ai cru que ce comportement me protègerait, je le prônais un peu comme ma seule chance de survivre. Mais je me suis trompée, j’ai fait du mal à ma famille, même à certains amis, je m’en suis fait et tout ça pour sombrer encore plus dans ma folie morbide. J’ai vraiment cru que je n’avais plus ma place dans cette vie. A quoi pouvais-je servir ? J’avais laissé ma petite sœur mourir devant moi, incapable de la sauver, alors que pouvais-je encore prétendre ? J’étais impuissante, je n’avais jamais encore pris conscience de la limite humaine auparavant. J’étais persuadée que l’amour pouvait vaincre tous les maux, j’aimais, je donnais sans compter et je me plaisais à lire le bonheur dans les yeux de mes proches. Mais je ne voulais voir dans cette vie que le côté rose, le côté vivant. De la mort, je ne voulais pas entendre parler, d’ailleurs que pouvait-elle contre moi et mon amour indestructible ? Avait-elle la prétention de croire qu’elle pourrait intervenir dans ma vie ?J’ai eu la réponse en 1998. La mort a frappé et elle a dépouillé ma vie de mon rayon de soleil, mon ange gardien. Pour combler ce vide laissé par cette perte, je me suis réfugiée dans la nourriture, c’était ma seule amie, ou devrais-je plutôt dire ma pire ennemie. Je me suis laissée entraîner par cette obsession de manger, de me remplir, j’y voyais là mon seul réconfort mais pour combien de temps ? Je ne sais même pas pourquoi j’ai plongé dans ce piège, j’étais complètement inconsciente du danger, déconnectée de la vie. Sans même me l’avouer, ma seule ambition, c’était de mourir. Je ne voyais plus ma maman, ma famille, mes amis, tout le monde avait disparu avec Samira et aujourd’hui je me rends juste compte que je me suis trompée. J’ai fait l’erreur d’oublier qu’autour de moi, l’amour était encore là et que des personnes avaient encore besoin de moi.

Et puis j’ai rencontré des personnes fantastiques, ceux à qui je dois ma survie, ma vie aujourd’hui. D’abord il y a eu cette fille, d’apparence timide, la première qui a su passer au travers de ma carapace et découvrir qui j’étais vraiment. J’ai longtemps joué avec mon double visage mais elle a su me surprendre, me faire prendre conscience que cette protection n’en était pas une. J’ai commencé à parler, à dire les choses tout simplement, elle m’a sorti du silence même si l’ombre planait encore sur ma vie. Ces mots posés sur une douleur que je ne pouvais pas maîtriser m’ont permis d’extérioriser mes peurs, mes démons. Grâce à cette amie, cette sœur de cœur, j’ai redécouvert ma maman. De cette petite fille craintive et agressive que j’étais, je suis devenue une petite plante fragile mais qui sentait à nouveau son cœur battre faiblement. Pourtant, je me sentais toujours aussi vide. Le ciel de ma vie était orageux et menaçait d’éclater en de violentes tempêtes. Si l’amour que je recevais arrivait à dissiper quelques gros nuages trop menaçants, je n’ai revu le soleil qu’en le voyant lui, cet Ange venu du ciel. Peu à peu, il a creusé sa place dans mon cœur. Sous ses faux airs de « gros dur » se cache un magnifique trésor pour qui sait l’apprivoiser. Son cœur, comme le mien, souffrait. Cette souffrance m’a redonné l’espoir de me savoir utile pour quelqu’un mais comment panser ses blessures ? Ce qu’il ressentais je le comprenais, cependant encore une fois, je me suis sentie impuissante. Comment rendre heureux celui à qui j’étais prête à tout donner, celui qui illuminait ma vie et qui faisait exploser mon cœur de joie ? Aujourd’hui, je n’ai pas encore trouvé la réponse, sans doute parce que son bonheur n’est pas avec moi. Si notre histoire a été mouvementée, c’est la plus belle chose que la vie m’ait offerte, et je ne regretterai jamais cette année passée avec lui, cette année où sans le savoir, il m’a sauvé la vie, sauvé contre moi-même, il m’a guéri de beaucoup de mes blessures.

Alors à ces trois personnes-là, je voudrais dire merci, une fois de plus, ce n’est jamais de trop. Je voudrais aussi leur dire que si mon cœur bat encore aujourd’hui, c’est grâce à eux, leur amour qu’ils me donnent ou m’ont donné. Peu importe ce que j’ai pu faire ou dire, jamais vous ne m’avez jugé. Continuez à vivre, à être heureux, à être vous. Je crois que le monde a besoin de gens comme vous, sincères, généreux, vrais. Je vous en supplie, ne m’abandonnez pas. J’ai besoin de vous pour vivre. A toi maman, je voudrais simplement te dire je t’aime, tu as tout sacrifié pour moi et je ferai tout pour que tu sois fière de moi. A toi Cécile, ma petite fée, je voudrais simplement exprimer ma reconnaissance pour tout ton soutien, ces moments de tendresse et d’amitié, ces moments de délire, ces moments de vie. Avec toi, l’arc-en-ciel n’a pas fini de briller de mille couleurs au-dessus de ma maison. Enfin à toi, Didi, je ne trouve même pas les mots pour te dire ce que tu sais déjà. Mon tempérament entier, mon côté jaloux et possessif, m’a fait commettre plusieurs erreurs mais j’ai toujours été maladroite pour te dire tout simplement que j’ai besoin de toi, mon Soleil, je t’en supplie continue de briller. Pardonne-moi tous ces mots, je t’aime trop et je ne supporterai pas de te perdre, ne t’en va pas.

sihame


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