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Entends-moi...



Dis-moi pourquoi ces « non-dits », ces « interdictions de dire ceci ou cela » ? Aujourd’hui je t’ai dit je t’Aime et tu as préféré ne pas l’entendre. Oui, je sais, il y a cette Autre. D’ailleurs c’est drôle mais toutes les preuves d’amour qu’elle te fait paraissent exceptionnelles, je ne la connais pas alors je ne me permettrais pas de la juger mais moi je t’ai tout donné et aujourd’hui tu sembles avoir oublié comme tu dis si bien que je t’ai donné jusqu’à mon âme.
Par pudeur et respect, il y a tellement de choses que je ne te dis pas mais qui me brûlent les lèvres à chaque fois que je te parle. Quand on s’est connu, j’étais naïve et encore pleine d’illusions et je n’ai pas su te dire que sans toi, je serais malheureuse, oui bien plus que frustrée. Mais tu es et restes complètement inconscient de tout ce que je peux te donner, ce que je fais pour toi, tous les appels que je te lance désespérément ou peut-être simplement ne veux-tu pas les voir… ?
J’avoue que c’est bizarre de penser que depuis deux ans maintenant, on se parle, on construit des choses ensemble, on s’est fait du mal… tout ça sans se connaître physiquement. Pourtant derrière cette voix, derrière ces mots, il y a une personne, bien vivante. Oui vivante mais en souffrance, je ne pensais pas que l’Amour pouvait être aussi destructeur. La question que je me pose ce soir, c’est pourquoi ? Pourquoi tant de mal ? Pourquoi cette indifférence ? Pourquoi ces promesses sans avenir, ces rêves sans lendemain ? Pourquoi « notre » petite fille ne verra jamais le jour ? Parce que moi, elle était beaucoup plus qu’un simple fantasme, elle vit dans mes rêves mais je sais que tu ne lui accorderas jamais une chance de pouvoir rendre fier son papa. Ce soir, c’est la colère qui me fait poser ces mots, je sais que cette nuit tu rêveras d’elle, de vous, de votre histoire, de votre vie. Seulement ce soir, l’espace de quelques minutes, tu te rappelleras que j’ai mal, c’est comme un poison qui m’étouffe chaque jour un peu plus. Tu me vois posée, sereine, heureuse mais je n’attends que la délivrance, en silence pour qu’enfin je puisse goûter au calme, au repos. Je vis à 400 km/h pour oublier un peu que dans mon cœur, une bombe a explosé sans m’épargner et que quelque part tu m’as tuée. Excuse-moi pour cette dureté et la violence de mes propos mais je voulais que tu sache qu’ils ne représentent pas le millième de la douleur que j’ai ressenti et que je ressens encore depuis que tu m’as quittée.

Sihame


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