Je limagine
Hier encore, je limaginais ouvrir un il à la sonnerie mélodique de son réveil
Je limaginais, le visage ensommeillé, embrasser son homme tendrement,
Je limaginais prenant son bain en écoutant les chansons de Linda Lemay tour à tour nostalgique, romantique et sarcastique,
Je limaginais peignant sa longue chevelure rousse et bouclée,
Je limaginais sapprêtant pour accompagner ses enfants à lécole,
Je limaginais, chez elle, seule, écrivant ses poèmes bouleversants dont elle a le secret,
Je limaginais surfant sur la toile pour lire de jeunes auteurs cherchant à faire leur preuve et attendant fiévreusement quune âme charitable veuille bien se pencher sur leur uvre,
Elle était cette âme charitable, juste, bonne et généreuse. Un jour, jai reçu ce message salvateur que jattendais tant. Cétait elle. Elle me disait quelle avait lu attentivement mon poème, quil était bien écrit, quil sonnait juste et que les sentiments quelle y percevait la touché. Cen était trop. Moi avec mon vague à lâme, mon mal-être, je succombais à ses douces critiques, à ses poèmes, à son être
Oui, à son être !
Simplement parce que jai appris à lapprécier puis à laimer.
Aujourdhui, nos destins se sont éloignés. Cest un triste sort pour lequel je porte toutes les responsabilité. Par Amour, jai du lui dire des mots durs, mais des mots vrais et sincères. Je lui ai dit quil ne fallait pas quelle perde sa fraîcheur à mattendre et à maimer
que je ne pouvais pas me donner à elle puisque jétais promis à une autre, non pas par amour, mais par principe, par sens du sacrifice, juste pour tenir ma parole au près dune femme et de mon enfant.
Voici la lâcheté des hommes personnifiée. Oui, Mesdames, en dautres lieux et dautres temps vous auriez considéré ce comportement comme de la grandeur dâme envers ma future femme mais aujourdhui, seul le mot lâcheté vous viendrait à la bouche
et je lassume pleinement même sil y a des jours où il devient simplement difficile de vivre avec,
de vivre tout court.
Oui, je suis un lâche, je suis un couard, je suis un goujat,
je suis un homme ! Jaurai tant voulu être celui qui serait capable de montrer une autre facette de notre terrible nature dhomme « contemporain ». Mais le temps nest pas à lauto-flagellation, plutôt à la désolation.
Je suis désolé de lui avoir dit je taime alors que je nétais pas libre de moi. Je voulais que mon esprit se libère, à défaut de mon corps. Je voulais me laisser « pousser les envies » comme disait mon ami Tété. Voilà pourquoi je lui ai soufflé ces mots si simples et si forts à la fois. Je me dois, maintenant, de lui faire comprendre quelle doit en aimer un autre que moi parce que, par ma trahison, je ne suis pas digne de son Amour. Je lui ai dit des mots quon ne devrait pas dire, ni même penser, dans ma situation.
Je regrette profondément de lui avoir fait du mal. Alors aujourdhui, je limagine, seule, la tête dans les étoiles pour oublier ce monde dhomme vils, pour oublier cette toile où elle rencontre des curs qui aiment, qui donnent, qui touchent, qui pleurent mais qui ne sont pas à pendre.
A toi. Tu sais, je suis paradoxal au possible, comme tous ces fichus hommes mais je te le dit encore, malgré ma vie, je taime.
Je nai pas assez de mots pour dire à quel point je tiens à toi.
Wilfried.