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Je l’imagine



Je l’imagine

Hier encore, je l’imaginais ouvrir un œil à la sonnerie mélodique de son réveil…
Je l’imaginais, le visage ensommeillé, embrasser son homme tendrement,
Je l’imaginais prenant son bain en écoutant les chansons de Linda Lemay tour à tour nostalgique, romantique et sarcastique,
Je l’imaginais peignant sa longue chevelure rousse et bouclée,
Je l’imaginais s’apprêtant pour accompagner ses enfants à l’école,
Je l’imaginais, chez elle, seule, écrivant ses poèmes bouleversants dont elle a le secret,
Je l’imaginais surfant sur la toile pour lire de jeunes auteurs cherchant à faire leur preuve et attendant fiévreusement qu’une âme charitable veuille bien se pencher sur leur Œuvre,

Elle était cette âme charitable, juste, bonne et généreuse. Un jour, j’ai reçu ce message salvateur que j’attendais tant. C’était elle. Elle me disait qu’elle avait lu attentivement mon poème, qu’il était bien écrit, qu’il sonnait juste et que les sentiments qu’elle y percevait la touché. C’en était trop. Moi avec mon vague à l’âme, mon mal-être, je succombais à ses douces critiques, à ses poèmes, à son être… Oui, à son être !… Simplement parce que j’ai appris à l’apprécier puis à l’aimer.



Aujourd’hui, nos destins se sont éloignés. C’est un triste sort pour lequel je porte toutes les responsabilité. Par Amour, j’ai du lui dire des mots durs, mais des mots vrais et sincères. Je lui ai dit qu’il ne fallait pas qu’elle perde sa fraîcheur à m’attendre et à m’aimer… que je ne pouvais pas me donner à elle puisque j’étais promis à une autre, non pas par amour, mais par principe, par sens du sacrifice, juste pour tenir ma parole au près d’une femme et de mon enfant.

Voici la lâcheté des hommes personnifiée. Oui, Mesdames, en d’autres lieux et d’autres temps vous auriez considéré ce comportement comme de la grandeur d’âme envers ma future femme mais aujourd’hui, seul le mot lâcheté vous viendrait à la bouche… et je l’assume pleinement même s’il y a des jours où il devient simplement difficile de vivre avec,… de vivre tout court.

Oui, je suis un lâche, je suis un couard, je suis un goujat,… je suis un homme ! J’aurai tant voulu être celui qui serait capable de montrer une autre facette de notre terrible nature d’homme « contemporain ». Mais le temps n’est pas à l’auto-flagellation, plutôt à la désolation.

Je suis désolé de lui avoir dit je t’aime alors que je n’étais pas libre de moi. Je voulais que mon esprit se libère, à défaut de mon corps. Je voulais me laisser « pousser les envies » comme disait mon ami Tété. Voilà pourquoi je lui ai soufflé ces mots si simples et si forts à la fois. Je me dois, maintenant, de lui faire comprendre qu’elle doit en aimer un autre que moi parce que, par ma trahison, je ne suis pas digne de son Amour. Je lui ai dit des mots qu’on ne devrait pas dire, ni même penser, dans ma situation.

Je regrette profondément de lui avoir fait du mal. Alors aujourd’hui, je l’imagine, seule, la tête dans les étoiles pour oublier ce monde d’homme vils, pour oublier cette toile où elle rencontre des cœurs qui aiment, qui donnent, qui touchent, qui pleurent mais qui ne sont pas à pendre.

A toi. Tu sais, je suis paradoxal au possible, comme tous ces fichus hommes mais je te le dit encore, malgré ma vie, je t’aime.

Je n’ai pas assez de mots pour dire à quel point je tiens à toi.

Wilfried.


Wilfried Bruyères


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