Toc toc toc. Trois coups à ma porte. Cest une grande Dame de noir vêtue qui se tient devant moi, le regard envoûtant et plein de défi. Une lumière éblouissante se dégage et maveugle, bizarrement je me sens si bien. Je ne sais plus si jappartiens encore à notre monde mais je ne ressens plus rien. Ce nest ni du bien être ni de la sérénité que jéprouve mais oui, cest bien cela, je suis ailleurs. Je suis dans ma bulle, cet univers où les sentiments nexistent plus, où la souffrance est une faute. Même un vent glacial aurait la saveur dune brise dété dans ce pays-là.
Soudain jentends une voix au loin qui mappelle, elle me supplie de ne pas partir, de revenir. De revenir ? Mais où ? Et pourquoi ? Langoisse me gagne un instant, je me sens perdue. Je regarde la Dame en noir, elle me sourit et dun mouvement de la tête efface mes doutes et mes questions. Je me sens légère, je nai plus cette douleur qui me comprime le cur.
Et puis toutes ces sensations satténuent jusquà disparaître pour laisser place au vide, au froid. Là cest lobscurité, un monde sombre sans soleil menvahit. Je me sens seule, jai peur mais je nai plus mal. Cette Dame en noir qui me poursuit change dapparence, son visage devient dur et ses yeux nont plus aucun éclat, comme si elle était sans vie
oui morte.
Lorage se déchaîne, jentends des cris de milliers de personnes déchirées. Et puis parmi ce brouillard épais qui mentoure, je rencontre deux yeux, des yeux noirs, profonds, tristes mais remplis despoir. Ces yeux veulent me livrer un message mais il est trop tard, elle est déjà loin ma planète bleue, elle est déjà loin la vie. Ce royaume aux premiers abords idyllique nest pas le Paradis, cest lEnfer et cette Reine Noire nest autre que la Mort. Je ne suis pas sa première prisonnière, sans doute pas la dernière non plus.