Deux clics de souris, me voilà connectée ! Je ne mattendais pas à rencontrer quelquun de spécial. Le soleil était haut dans le ciel, on était en juillet 2002.
Et puis au hasard, nos chemins se sont croisés. Coup dil rapide à ton profil : jeune homme de 23 ans, parisien, tu étais installé dans une relation depuis deux ans
lhomme parfaitement inaccessible.
Quelques mots échangés et le sort était jeté mais jétais loin de me douter de ce que je commençais à vivre. Il faut dire que jai eu du mal à définir ce que je ressentais. Pour moi, tous les hommes étaient à limage de ce monstre vicieux quétait lex mari de ma tante. Au fil des jours, un lien sest tissé entre nous, sans quon ne puisse vraiment lexpliquer. On traversait tous les deux une période difficile : toi avec la maladie de ton papa, moi avec mes démons et mon passé. Je ne pensais pas quon garderait contact mais à linstant où jai appris que ce drame, qui mavait touché quelques années avant, venait bousculer ta vie, jai su que nous allions faire un petit bout de chemin ensemble. Je voulais être là, te soutenir comme jaurais voulu quon le fasse pour moi quand ma petite sur ma quittée. Alors jessayais de te donner le maximum de moi. Je técoutais quand tu avais besoin de parler, avec toi je revivais le deuil de Samira, que je nai, à vrai dire, jamais accepté. Jétais consciente que je ne pouvais pas faire plus mais lidée que tu puisse souffrir métait insupportable. A partir de là, inutile de me mentir plus longtemps, jai compris que je taimais. Tu mattirais, le fameux coup de foudre, auquel je ne croyais pas, venait de me frapper. Mais même mes sentiments navaient rien dordinaire. Dailleurs, tu ne las jamais vraiment compris. Bien sûr, je nai pas eu le courage de te le dire, comment aurais-tu réagi ?
Peu de temps après, tu me déclarais ta flamme. Jétais naïve mais quelque chose mempêchait de te croire. Comment pouvais-tu tintéresser à cette gamine capricieuse, sombre et triste que jétais ? Le cur a ses raisons, que la Raison ignore.
Tu mas fait découvrir le sens caché du verbe Aimer. Je navais pas peur de toi mais tu mintriguais. Tu étais si différent des autres alors jai voulu maccrocher à cette image dhomme que tu me renvoyais. Javais envie de me voir grandir dans tes yeux parce que le regard que tu portais sur moi effaçait un instant cette obscure partie de moi, je me sentais en sécurité et respectée quand tu étais là. Jétais prête à tout pour que tu sois fier de moi. Plus rien navait dimportance, je navais besoin que de Toi, mon Ange, mon oxygène. Sans Toi, aujourdhui, je me sens vide, comme morte. Avec tendresse tu apaisais mes craintes, mes blessures. Un jour, tu finirais par partir, je le savais mais cela navait encore à tes yeux pas le moindre sens. Cet amour a grandi et des rêves sont nés de cette fusion comme notre petite Sofia qui ne verra jamais le jour. Jy ai cru tellement fort, on en parlait presque comme si elle était déjà là, elle, unique symbole de notre amour. Tu voulais quelle ressemble à sa maman avec cette pointe coquine qui pétillait dans tes yeux. Tu la voyais belle, fière et rebelle
un peu comme toi en somme. Une année sest écoulée, bercée par ta présence et toutes tes promesses, jai grandi, je me suis ouverte au monde, retrouvant ainsi le goût de la vie. Ma vie navait de saveurs que parce que tu étais là, je ne vivais que par toi.
Et puis un jour, sans que lon ne sache pourquoi, sans quon ne sy attende, tout sécroule. On était le 7 juillet 2003, triste ironie du sort, un an après notre rencontre
Je me souviens même de lheure, il était 8h37. Je dormais paisiblement quand tu mas réveillé comme à ton habitude en menvoyant un message. Ca y est, cétait fini
Ta promesse de ne jamais me quitter était oubliée, tu as balayé un an damour intense en une demi seconde, sans scrupules ni regrets.
Ca ma fait comme leffet dune bombe, mon cur a éclaté en mille morceaux, je tai détesté si fort ce jour-là !
Jai vécu cette rupture comme une trahison, aujourdhui ce sentiment dabandon persiste encore. Tu mas laissée tomber. Et dire que jaurais pu te donner ma vie sans la moindre hésitation, dailleurs au fond de moi, cétait déjà le cas. Javais déposé cette petite vie fragile entre tes mains, je tappartenais.
Toute cette histoire je lécris au passé parce que mon Didi, celui à qui je vouerai un amour éternel, celui à qui jappartiens nest plus là, il est mort. Quand je te parle, cest un nouvel homme que je découvre, je ne reconnais plus en toi lHomme de ma vie, celui qui ma sauvé de tellement de choses. Peut-être quun jour, tu liras cette lettre, quand jaurais moins peur de la douleur, de la violence de ces mots que jécris.
Aujourdhui encore quand jai trop mal, quand jai trop peur, cest à Lui que je me confie, mon Ange gardien, ma Vie tout simplement
Je me souviens de son rire, ses mots
tous ces petits souvenirs gravés au fond de mon cur, je les emporterai avec moi jusquau fond de ma tombe. Je tAime. Merci.