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Samira



Vendredi 17 juin 1997. Ce jour-là, on a fêté la fin de l’année à l’école. J’étais en CM2, l’année d’après je devais passer en sixième ; la sixième, un pas de plus dans la Cour des Grands. Je rentre de l’école, il est 17 heures. Mais maman pleure. Est-ce qu’elle s’est disputée avec mon père ? Non. Samira est malade, elle est à l’hôpital pour faire des examens. C’est grave.
D’un coup, c’est le monde entier qui s’arrête de tourner, j’essaie de me persuader que j’ai mal compris. Elle répète : Samira est malade. Elle doit partir pour rejoindre ma famille, je veux aller avec elle mais elle refuse, je dois aller à l’école moi. Mais ma place n’est pas ici, loin de ma petite sœur. Tiens bon je t’en prie, j’arrive. Je ne t’ai pas menti, je finis par venir. Mon cœur bat à la chamade. Comment vais-je te retrouver ? On m’a dit que tu avais une tumeur au cerveau mais c’est quoi une tumeur ? On n’explique pas ce genre de mots aux enfants.
Le train s’arrête à Arles mais tu n’es pas à la maison, il faut aller à l’hôpital pour te voir. J’arrive dans un grand couloir blanc, j’ai envie de partir en courant. Mais qu’est-ce que je fais ici ? Je ne veux pas croire que c’est toi que je viens voir dans cet endroit sinistre, froid, dur.
Mais tu apparais au bout de ce couloir. On te porte jusqu’à moi, tu ne marches déjà plus. Je t’ai serré très fort dans mes bras, je me suis mise à pleurer. Tu m’as alors regardé avec tes grands yeux noirs, tu n’as jamais aimé me voir triste. Tu as pris ma main et nous sommes allées ensemble dans la salle de jeux de l’hôpital, tu voulais me montrer tes « trésors ».
Je t’observe, tu as encore les yeux pleins de vie. Je ne sais pas encore que demain je te verrai, impuissante, perdre un à un tes sens, tes membres, ta vie… Je te promets que je ne t’abandonnerai jamais ; je ne sais pas qui de nous deux ça rassure le plus mais je suis là.
Et puis l’opération, notre dernier espoir, se rapproche. Le jour J arrive, une heure déjà que tu es sur la table d’opération. Deux, trois, jusqu’à six heures passent… Tout le monde est anxieux, fatigué, triste, sur le qui-vive. Et puis tu sors enfin du bloc, tout s’est bien passé.
Seulement deux semaines après, il y a des complications. Tu ne parles plus, tu ne manges même plus par la bouche, ils ont du installer un tuyau dans ton estomac et je ne compte pas le nombre de machines qui te maintiennent en vie. Tu es dans le coma, cela fait déjà un moment que tu es sur le fil de la vie.
Les opérations pour rattraper l’erreur médicale s’enchaînent jusqu’au jour où un médecin entre dans ta chambre, toute ta famille est là autour de toi. Il ne peut plus rien pour toi, tu vas mourir, ce sont les seules paroles que j’ai retenues de ce jour-là. Il n’a pas réussi à te sauver. Tes parents ont alors pris la décision de te ramener finir tes jours à la maison. Malgré tout, je ne veux pas croire ce qu’il se passe. Tu ne peux pas être en train de nous quitter, tu es un Ange et les anges sont immortels. Je t’ai supplié de rester avec moi et je sais que tu as lutté mais Samedi 4 mars 1998,à six heures du matin maman me réveille. Je sais déjà ce qu’elle va me dire, cette nuit-là tu es venue me dire au revoir dans mes rêves. Tu es morte. A trois heures du matin, ton petit être a cessé de respirer. Avant de t’envoler dans les cieux, dans un moment de lucidité, tu as appelé ceux que tu aimais, dont moi et je ne suis pas venue. J’aurais toujours du mal à me le pardonner. Même ton enterrement s’est fait sans moi, là-bas de l’autre côté de la mer. Un an après, je suis venue me recueillir sur ta tombe… T’imaginer, toi ma petite princesse, dans cette boîte pour finir éternellement est vraiment une idée difficile à accepter encore aujourd’hui. Le paysage qui t’entoure est sec, aussi vide que ma vie sans toi. J’avoue que j’aimerais t’avoir encore près de moi mais la vie n’est pas un beau cadeau et tu es mieux là-haut. Je suis sûre qu’au moins à toi, il ne t’arrivera rien, les Hommes sont violents et égoïstes. Alors je ne suis plus triste quand je pense à toi, même s’il m’arrive encore de pleurer. Je me souviens de ton sourire, nos petits secrets, nos jeux et plus de tes larmes… Samira, je t’aime.

Sihame


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2 commentaires sur ce texte :


  • Sihame (http://www.ecrivez.fr.st) le 2004-05-30 21:53:38 :
    Merci Anonyme, ton commentaire m'a vraiment touché


  • Annonyme (http://www.ecrivez.fr.st) le 2004-05-29 09:47:03 :
    ton poème ma beaucoup touchée sa ce vois que tu as vraiment vécu et ressentit tous ce que tu as dit et que sa vient du font du coeur sa ma beaucoup fait pleurer je ne connaît pas ta soeur mais à travers tes mots je ressent de l'infection pour elle. Et j'espère pour toi que tu auras une belle vie remplie d'amour et de bonheur,sache que la plus importante des placce et la plus belle c'est celle du coeur peut-être qu'elle n'ai pas avec toi physiquement mais dans ton coeur elle y serra pour toujours j'espère que cette amour serra imortel.