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Kill bill



Le générique le clame haut et fort : il s’agit du quatrième film de Quentin Tarantino !!!
Il s’agit en fait d’un joyeux foutoir sous forme d’hommage à toutes les formes de cinéma que Tarantino aime et qui ont forgé le maître incontesté qu’il est aujourd’hui. Sous les aspects un peu brouillons d’un mariage contre nature où tous les styles de cinéma populaires se côtoient allégrement, Tarantino nous rappelle constamment dans Kill Bill que les blockbusters d’Hollywood n’ont rien inventé, qu’ils se nourrissent du cinéma des années soixante et soixante dix, des films de série B avec Charles Bronson jusqu’aux plus obscurs films de karaté chinois, un peu à l’image de la Nouvelle Vague dans les années soixante qui vampirisait sans vergogne les polars noirs américains d’après guerre.
Sans jamais faire la leçon, le trublion armé de sa caméra multiplie les références, montrant par là toute l’étendue de ses connaissances filmiques, il jongle avec les couleurs et les styles allant jusqu’à déclarer le mauvais goût comme nouveau maître étalon qualitatif. Et le pire, c’est que la sauce prend ! Là où tout autre que lui aurait fait un brouet indigeste, un bordel incompréhensible, Monsieur Tarantino parvient à imposer sa propre marque, à créer un grand film, à la structure narrative certes linéaire, mais qui réussit l’exploit de réunir dans la même salle les intellectuels de la pellicule et le spectateur lambda. Il arrive finalement à ce que Christophe Gans, dans nos vertes contrées, ne parvient pas encore à faire : rendre hommage tout en sachant se détacher de ses influences.
Certains lui reprocheront son aspect gore et ultra – violent. Encore une fois, le Maître démontre et démonte les codes du cinéma actuel. A ceux qui lui reprochaient l’esthétisme de la violence dans Pulp Fiction et Réservoir Dog , il répond en faisant couler des hectolitres de sang sur l’écran, imposant une distance entre l’action du film et la réalité, nous rappelant au passage que ce qui gicle des corps démembrés, ce n’est que de la vulgaire peinture rouge. Il en rajoute tellement dans l’avalanche d’hémoglobine que ça en devient ridicule et les spectateurs se mettent à rire pour dissiper le malaise. Quel réalisateur américain peut se vanter d’être aussi sincère que Tarantino ? Certainement pas les frères Wachowski qui, en l’espace de trois Matrix où les héros se dessoudent à bout portant avec d’énormes flingues et s’entretuent avec des sabres, n’ont jamais fait couler une goutte de sang.
Mais laissons les bien-pensants polémiquer et s’indigner vertement entre la messe et l’angélus du soir pour en revenir à l’essentiel, le plaisir ! Celui que Tarantino ressent derrière sa caméra et qu’il nous transmet en s’amusant comme un gamin. On sent que, comme à son habitude, le p’tit Quentin n’a fait que ce dont il avait envie, filmant avec un fétichisme ostentatoire la superbe et fragile Uma Thurman. Le plaisir dans Kill Bill n’est pas seulement visuel, il est aussi sonore. Outre les musiques ringardes tirées de vieux films de kung-fu, il est à noter que RZA (prononcé Riza) est crédité au générique. Ce dernier n’est autre que l’architecte musical du groupe de Rap Wu-Tang-Clan et on lui doit la sublime bande originale du film Ghost Dog. Bien entendu le film est à voir en version originale, ne serait ce que pour goûter la saveur des dialogues en japonais dans la deuxième moitié du film.
Pour conclure, il n’y a qu’une chose à dire : vivement le deuxième épisode ! Si le premier épisode était plutôt axé sur les arts martiaux, ce dernier devrait plutôt être un hommage aux westerns et à Sergio Léone si l’on en croit la fin ouverte et les dernières images du premier opus.

de mon ami Sébastien Denizart

emmanuel1976 (http://site.voila.fr/emmanuel.blas/index.html)


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