Cest par hasard que jai vu ce film du Kirghizstan. Tout comme vous, jai toujours pensé que les films de ces pays (comme lIran ou la Corée) étaient
comment dire
assez rébarbatifs et quils sadressaient à des cinéphiles acharnés. Eh bien, je vais vous apprendre une chose : ce nest pas bien davoir des préjugés.
Le fils adoptif raconte les mésaventures du jeune Azate qui va apprendre quil nest pas le fils naturel de ses parents. En plus de cette brusque révélation, il doit faire face à lautorité de son père et comme si ce nétait pas assez, il est amoureux de la jolie Aïnoura. Quelle vie !
Le tout est filmé très subtilement, par petites touches. Les scènes sont lentes et le réalisateur prend soin de respecter le rythme quil a imposé. On sent que chaque plan a un sens, chaque image nest pas là par hasard. Cest un émerveillement de chaque instant et cela ne vire jamais à la démonstration. Plus quun film, un vrai chef duvre. Osons le dire !
Linterprétation est, elle aussi, excellente. Le jeune Azate est prodigieux de naturel. Il est également le fils du réalisateur. La bande son nous plonge aussi dans cet univers qui pourrait nous sembler austère et qui réussit pourtant à nous toucher au plus profond de nous. La scène des obsèques de la grand-mère est de ce point de vue inoubliable.
Le film est sorti en France en février 1999. Je sais que ça ne date pas dhier, mais je tenais à vous faire part de ce gros, gros coup de cur et je vous invite non seulement à voir Le fils adoptif, mais aussi tous les films de Aktan Abdykalykov, un grand réalisateur. Certes, il faudra vous habituer à cette autre manière de filmer, mais vous ressortirez enrichi de cette expérience magique.
emmanuel1976 (http://site.voila.fr/emmanuel.blas/index.html)