Au commencement
Une énorme brèche s’ouvre dans le ciel et une créature d’une beauté infinie en descend, comme portée par un nuage. Des éclairs, semblables à de gigantesques stroboscopes, crépitent autour d’elle. Dans sa nudité la plus totale, elle exhibe un corps de déesse surplombant de longues jambes fuselées, des hanches généreuses, et de jolies fesses rebondies au galbe parfait. Ses longs cheveux auburn fouettent ses épaules nues et elle affiche une poitrine à damner un Saint. Bien qu’à cette époque, au tout début de la création de l’homme, les Saints n’existent pas encore.
La sublime créature se pose doucement à la surface des flots et jette un regard émerveillé autour d’elle, à la manière d’une petite fille que l’on aurait parachutée dans le jardin d’Eden. Et à peu de choses près, ça l’était.
La mer, qui, quelques instants plus tôt était déchaînée, devint lisse comme un miroir pour l’accueillir. Pandore se met lentement en mouvement, ses pieds délicats effleurent la surface de l’eau. Elle rejoint la rive.
« Nom de Zeus ! » s’écrie Epiméthée en la voyant arriver. Debout sur la berge, les pieds dans la vase, il n’a pas raté une miette du spectacle.
- Salut beau gosse, lui dit-elle d’une voix lascive lorsqu’elle arrive vers lui.
- Qui… qui es-tu ? demande-t-il, intimidé.
Pour toute réponse, la ravissante jeune femme lève les yeux vers le ciel et un immense éclair fend la voûte céleste. Cette fois-ci, c’est un Dieu au corps de culturiste qui descend des cieux. Il fait penser au Russe dans Rocky 3 lorsqu’il descend sur le ring face à Rocky Balboa. Sauf qu’il porte un casque sur la tête avec des ailes de pigeons sur les côtés, ce qui lui donne une allure plutôt cocasse. Ses vêtements se résument à un cache sexe en peau de bête noué autour de sa taille et il tient une valise dans la main.
« Nom de Zeus ! » s’exclame à nouveau Epiméthée. C’est quoi ce binz ?
La créature de rêve lui jette un regard noir.
- Euh, pardon ! Je ne voulais pas vous offenser, mademoiselle !
Tout guilleret, l’individu au corps d’Apollon se met à son tour à marcher sur l’eau pour les rejoindre sur la berge tout en roulant des mécaniques.
- C’est cool, lui aussi il peut marcher sur l’eau sans couler ! » s’extasie Epiméthée.
Puis il tâte le biceps de son visiteur lorsque celui-ci arrive vers lui.
- Purée, et pas une once de graisse!
Le nouvel arrivant dépose la valise par terre et se présente à Epiméthée, l’air un peu embarrassé :
- Veuillez m’excuser, je suis resté endormi ! Je m’appelle Hermès. Ma mission est de m’assurer que cette jeune créature du nom de Pandore arrive bien en ce lieu afin de vous l’offrir comme épouse… »
- M’épouser moi ? C’est une blague ou quoi ? s’exclame Epiméthée qui ne peut quitter des yeux les seins de sa promise.
- Non, ce n’est pas une blague, cette femme est à toi !
- Et… en quel honneur ?
- C’est un cadeau de Zeus, répond Hermès avec un sourire équivoque.
- Ah bon, alors si c’est un cadeau…
C’est alors que Prométhée, le frère d’Epiméthée déboule vers eux. Il porte une tunique avec une capuche. Une feuille de chanvre roulée au bout incandescent pend au coin de sa bouche.
- Eh les mecs ! Qu’est-ce qui se passe ici ? s’empresse-t-il de demander.
- Tout va bien mon frère ! répond Epiméthée d’un ton euphorique. Je te présente Pandore, ma future épouse.
- Et d’où elle sort cette meuf ? demande Prométhée d’un air suspicieux.
C’est lui qui est venu l’accompagner, dit-il en désignant d’un grand geste le géant au corps d’Apollon.
- Je m’appelle Hermès, précise Hermès. Je viens de l’Olympe.
- C’est quoi ce trip ?! s’exclame Prométhée.
- Je te l’ai dit, cette nana est un cadeau de Zeus.
- Non, tu ne m’a jamais dit ça, mec !
- Si
- Non
- Si
- Bon, vous avez fini tous les deux ? s’insurge Hermès. On ne va pas y passer la nuit ! Tu acceptes cette femme oui ou non ?
Prométhée tire son frère par la manche de sa tunique pour l’entraîner à l’écart des deux autres et lui causer seul à seul.
- Eh mec ! Je t’ai déjà dit de ne jamais accepter de cadeau de ce bouffon de Zeus !
- Mais…
- Il n’a y pas de « mais » ! Ouvre les yeux, bon sang ! C’est un cadeau empoisonné. Zeus ne m’a jamais pardonné de l’avoir niqué !
- Peut-être veut-il tout simplement faire la paix avec nous ?
Prométhée secoue lentement la tête en signe de désapprobation et se tourne vers ses visiteurs.
Il fixe Hermès droit dans les yeux.
- Toi, t’as dix secondes pour te barrer de mon royaume avec ta nana !
- Pas question.
- Ah ouais, et pourquoi donc ?
Prométhée lui souffle la fumée de son joint en pleine figure en signe de défi. Hermès se met à tousser, mais loin de se laisser impressionner, il se tourne vers Epiméthée qui semble plus raisonnable que son frère et ne peut détacher son regard du corps de la jeune femme.
- Si tu refuses ce cadeau, Zeus réserve un sort terrible à ton rebelle de frère !
- Lequel ?
- Il sera enchaîné nu à une colonne dans les montagnes du Caucase où un vautour viendra lui dévorer son foie. Et je te garantis qu’il va morfler !
Prométhée éclate de rire.
- Peuh ! Tu n’arriveras pas à me faire flipper, mec. D’ailleurs mon foie est déjà abîmé par la liqueur d’oranger !
Mais Epiméthée, qui ne veut pas voir son frère subir les foudres de Zeus par sa faute et qui meurt d’envie de goûter aux plaisirs de la chair, accepte sa proposition.
- Très bien, j’accepte de prendre cette femme pour épouse.
- Voilà qui est raisonnable, répond Hermès en posant une main amicale sur l’épaule d’Epiméthée. Et crois-moi, c’est un sacré coup ! Je te promets des nuits torrides avec elle.
- Pourquoi, tu te l’es faite ? demande Epiméthée avec une petite note de jalousie dans la voix.
Hermès lui répond sur un ton de confidence:
- Bien sûr ! Quand Zeus l’a créé, elle ignorait tout. Il a bien fallu lui apprendre quelques trucs ; tous les Dieux ont été chargés de l’initier. Les distractions se font rares là-haut depuis le départ d’Eve.
- Ah oui, Eve ! Et qu’est-elle devenue cette brave fille ?
- Elle a disparu après nous avoir sucé la pomme ! fit Hermès en éclatant de rire.
C’est alors que Prométhée se rapproche d’eux, tire une dernière bouffée sur sa sèche, et toise son frère avec sévérité.
- Ok mec, mais je t’aurai prévenu, tu commets là une terrible bourde ! On n’a pas besoin d’une telle créature dans nos pattes.
Puis il se tourne vers Pandore, le regard mauvais.
- Toi, si t’essaies de niquer mon frangin ou de nous faire un coup fourré, je te renvoie illico au nirvana, la meuf ! Pigé ?
Hermès s’apprête à repartir mais Epiméthée l’interpelle.
- Eh ! C’est quoi ça ? demande-t-il en lui désignant la lourde valise posée sur le sol.
Hermès se retourne avec un sourire.
- Ah oui, j’allais oublier : ce sont les effets personnels de Pandore. Quelques cache-sexe de rechange et des extraits de feuilles parfumées. Bon, maintenant je vous laisse ! Il me tarde de regagner les cieux.
- C’est ça, bon vent ! lui lance Prométhée d’une voix glaciale.
Les jours suivants, tandis que Pandore trouve lentement ses marques, Prométhée se retranche dans son coin, irrité par les bruits bizarres que font le jeune couple lors de leurs ébats amoureux.
Un beau matin, Epiméthée fait visiter le monde des hommes à sa femme. Ils s’approchent d’une sorte de réserve où des créatures aux allures de singes dansent autour d’un feu.
- Mon Dieu, c’est quoi ces ignobles choses ? murmure Pandore avec une mimique de dédain.
- Des hommes, répond Epiméthée. C’est mon frère qui les a créés pour défier les Dieux.
- Il avait bu ce jour là ? demande Pandore.
- Je n’en sais rien. Mais c’est pour cette raison que Zeus lui en veut tellement. Il n’a pas supporté que mon frère lui vole le feu sacré pour l’offrir à ses créatures. Depuis ce jour là, Zeus a juré de se venger. Et il est convaincu que tu es l’instrument de sa riposte. Par moments, cela frise la paranoïa.
- Et toi, tu ne crois pas cela, j’espère ? demande Pandore avec un petit sourire.
- À toi de me prouver le contraire, réplique Epiméthée.
Pandore se penche au dessus de l’enceinte de rochers qui domine la vallée où vivent les humains.
- Dis-moi, pourquoi a-t-il créé ces hommes ?
- Je ne sais pas vraiment. Il prétend qu’un jour ils deviendront très évolués. Mais je crois plutôt qu’il a voulu faire une mauvaise blague à Zeus.
Pandore éclate de rire.
- En effet ; j’ai de gros doutes que ces créatures deviennent un jour comme nous ! Regarde leur allure grotesque. Et que font-ils autour de ce feu ?
- Ils s’amusent. Ils ont tout pour subvenir à leurs besoins : de la nourriture en abondance, une température clémente, des animaux et le sexe comme distraction. Ces êtres ne vivent que pour le plaisir et ne connaissent pas le péché.
Sur ces paroles, ils regagnent leur hutte. C’est alors que Pandore y découvre une jarre cachée tout au fond de celle-ci, masquée par des feuillages. Elle ne l’avait jamais remarquée auparavant.
- Qu’est-ce que c’est ? demande-t-elle en s’apprêtant à ouvrir le couvercle.
Epiméthée bondit vers elle et la retient par le bras.
- N’y touche surtout pas ! Jamais, tu m’entends ?
- Pourquoi ?
- Parce que celle-ci renferme tous les péchés de l’humanité ! Mon frère a eu un mal fou à y enfermer tous les maux… Si tu l’ouvres, il sera furax !
- Bon bon d’accord…
Pandore fait volte face à son mari et plaque ses lèvres contre les siennes.
- À notre tour de nous consacrer à notre distraction favorite, déclare-elle avec un sourire mutin. Ce plaisir n’est pas réservé seulement aux hommes !
Les semaines, les mois, les années s’écoulent. Pandore fait apparaître peu à peu sa véritable personnalité et lorsque Epiméthée découvre que Zeus l’a faite aussi sotte et méchante qu’il l’a faite belle, il est trop tard pour revenir en arrière. Un jour, alors qu’ils se sont disputés, Pandore ne peut réfréner davantage l’un des traits de sa personnalité que le Dieu Héra lui a donné :
La curiosité.
Elle choisit un instant où son mari a le dos tourné pour ouvrir la fameuse jarre. C’est alors que tous les maux se répandent à l’extérieur comme une nuée d’insectes, piquant au passage Pandore et Epiméthée, avant de s’attaquer aux humains.
Ils tentent vainement de refermer la jarre, mais il est trop tard. Seule l’espérance, plus lente à s’échapper, y reste enfermée.
À partir de ce jour, les humains qui ne vivaient jusqu’à présent que dans l’insouciance et le bonheur, connaissent tour à tour la vieillesse, la maladie, la guerre, la misère… enfin, les pires maux dont Zeus a voulu les accabler et dont Prométhée a voulu les préserver.
Et c’est depuis ce temps là que l’homme cessa d’être parfait !
Quelques millions d’années plus tard, à notre époque
Une brèche s’ouvre dans le ciel et un rayon de soleil vient illuminer la plage.
À cet instant, un avion survole la crique et largue un premier parachutiste. C’est alors qu’une créature de rêve descend lentement du ciel, se balançant de manière sensuelle au bout du parachute. Elle exhibe un corps de déesse sous son bikini très serré, mettant en valeur ses longues jambes fuselées, ses hanches généreuses, et son joli petit cul. Ses longs cheveux auburn fouettent ses épaules nues et elle possède une paire de nichons à damner un Saint. Bien qu’à notre époque, être un Saint ne veut plus dire grand-chose avec tous les curés pédophiles qui peuplent nos églises.
La sublime créature se pose doucement dans l’eau, décroche les sangles de son parachute, et jette un regard émerveillé autour d’elle, à la manière d’une gamine que l’on aurait parachuté à Disneyland.
Pandora se met lentement en mouvement, ses pieds délicats crèvent la surface de l’eau. Elle rejoint la rive.
« Par Allah ! » s’écrie Emeric en la voyant arriver. Debout sur la plage, les pieds dans l’eau, il n’a pas raté une miette du spectacle.
- Salut beau gosse, lui dit-elle d’une voix lascive lorsqu’elle arrive vers lui.
- Qui… qui es-tu ? demande-t-il, intimidé.
Pour toute réponse, la ravissante jeune femme lève les yeux au ciel, observant le petit avion de tourisme qui fait un deuxième passage. Cette fois-ci, c’est un culturiste aussi balèze que Schwarzenegger qui descend du ciel. Il porte un casque fluo sur la tête et un maillot de bain rembourré avec l’inscription « VIAGRA», ce qui lui donne une allure plutôt cocasse.
« Par Allah ! » s’exclame à nouveau Emeric. C’est quoi ce binz ?
La créature de rêve lui jette un regard noir.
- Euh, pardon ! Je ne voulais pas vous froisser, mademoiselle !
Tout guilleret, l’individu bâti comme Terminator rejoint à son tour la plage en roulant des mécaniques.
Emeric tâte le biceps du gars lorsque celui-ci arrive vers lui.
- Purée, et pas une brique de graisse ! Vous prenez de la créatine ?
Le nouveau venu dépose un grand sac de sport par terre et se présente à Emeric, l’air un peu embarrassé :
- Veuillez m’excuser, je me suis endormi dans l’avion ! Je m’appelle Hermès. Ma mission est de m’assurer que cette jeune femme du nom de Pandora arrive bien en ce lieu pour vous l’offrir comme épouse… »
- M’épouser moi ? C’est une blague ou quoi ? s’exclama Emeric qui ne peut quitter des yeux les seins de la jeune femme.
- Non, ce n’est pas une blague, cette nana est à toi !
- Et… en quel honneur ?
- C’est un cadeau de l’Emirat Mouammar Kadhef. Il vous offre la plus belle femme de son Harem !
C’est alors que Primaël, le frère d’Emeric déboule vers eux. Il porte une tunique marron avec une capuche. Il tire une bouffée sur sa pipe à eau, de laquelle s’échappe de la fumée de cannabis.
- Eh les mecs ! Qu’est-ce qui se passe ici ? s’empresse-t-il de demander.
- Tout va bien mon frère ! répond Emeric d’un ton euphorique. Je te présente Pandora, ma future épouse.
- Et d’où elle sort cette meuf ? demande Primaël d’un air suspicieux.
C’est lui qui est venu l’accompagner, dit-il en désignant d’un grand geste le gars au corps de Schwarzy.
- Je m’appelle Hermès, précise Hermès. Je viens de Syrie.
- C’est quoi ce trip ?! s’exclame Primaël. Et d’abord, vous n’avez rien à foutre ici, c’est une île privée.
- Arrête mon frère, je te l’ai dit, cette nana est un cadeau de Mouammar Kadhef, intervient Emeric.
- Non, tu ne m’a jamais dit ça, mec !
- Si
- Non
- Si
- Bon, vous avez fini tous les deux ? s’insurge Hermès. On ne va pas y passer la nuit ! Tu acceptes cette femme oui ou non ?
Primaël tire son frère par la manche de sa tunique pour l’entraîner à l’écart des deux autres et lui causer seul à seul.
- Eh mec ! Je t’ai déjà dit de ne jamais accepter de cadeau de ce bouffon de Mouammar Kadhef !
- Mais…
- Il n’a y pas de « mais » ! Ouvre les yeux, bon sang ! C’est un cadeau empoisonné. Mouammar ne m’a jamais pardonné de l’avoir niqué en lui volant son puits de pétrole pour le vendre aux Américains !
- Peut-être veut-il tout simplement faire la paix avec nous ?
Primaël secoue lentement la tête en signe de désapprobation et se tourne vers ses visiteurs.
Il fixe Hermès droit dans les yeux.
- Toi, t’as dix secondes pour te barrer de mon île avec ta nana !
- Pas question.
- Ah ouais, et pourquoi donc ?
Primaël lui souffle la fumée de sa pipe en pleine figure en signe de défi. Hermès se met à tousser, mais loin de se laisser démonter, il se tourne vers Emeric qui semble plus sage que son frère et ne peut quitter des yeux le corps de la jeune femme.
- Si tu refuses ce cadeau, Mouammar prendra ça pour une insulte et réservera un sort terrible à ton rebelle de frère !
- Lequel ?
- Il sera capturé et enchaîné nu à une colonne de marbre où des rats viendront dévorer son zizi. Et je te garantis qu’il va morfler !
Primaël éclate de rire.
- Peuh ! Tu n’arriveras pas à me faire flipper, mec. D’ailleurs depuis que je bois de la liqueur de palmier, mon zizi est devenu tout petit !
Mais Emeric, qui ne veut pas voir son frère subir les foudres de Mouammar Kadhef par sa faute et qui meurt d’envie de se faire cette jolie nana, accepte sa proposition.
- Très bien, j’accepte de prendre cette femme pour épouse.
- Voilà qui est raisonnable, répond Hermès en posant une main amicale sur l’épaule d’Emeric. Et crois-moi, c’est un sacré coup ! Je te promets des nuits torrides avec elle.
- Pourquoi, tu te l’es faite ? demande Emeric avec un léger pincement de jalousie.
Hermès lui fait un aveu:
- Bien sûr ! Quand Mouammar l’a recrutée, elle était vierge. Il a bien fallu lui apprendre quelques trucs ; tous les serviteurs de son Harem ont été chargés de l’initier. Les distractions se font rares là-bas depuis le départ d’Eva.
- Ah oui, Eva ! Et qu’est-elle devenue cette brave fille ?
- Elle a disparu après nous avoir sucé la figue ! fit Hermès en éclatant de rire.
C’est alors que Primaël se rapproche d’eux, tire une dernière bouffée sur sa pipe, et toise son frère avec sévérité.
- Ok mec, mais je t’aurai prévenu, tu commets là une terrible bourde ! On n’a pas besoin de cette nana dans nos pattes.
Puis il se tourne vers Pandora, le regard mauvais.
- Toi, si t’essaies de niquer mon frangin ou de nous faire une entourloupe, je te renvoie illico dans ton harem, la meuf ! Pigé ?
Hermès s’apprête à repartir mais Emeric l’interpelle.
- Eh ! C’est quoi ça ? demande-t-il en lui désignant le gros sac de sport posé sur le sol.
Hermès se retourne avec un sourire.
- Ah oui, j’allais oublier : ce sont les affaires personnelles de Pandora. Quelques strings de rechange et ses flacons de parfum. Bon, maintenant je vous laisse ! un bateau doit venir me rechercher de l’autre côté de l’île.
- C’est ça, casse-toi ! lui lance Primaël d’une voix glaciale.
Les jours suivants, tandis que Pandora trouve lentement ses marques, Primaël se retranche dans son coin, irrité par les gémissements que pousse le jeune couple lorsqu’ils s’adonnent à leurs parties de baise.
Un beau matin, Emeric fait visiter une partie cachée du palais à sa femme, dans une zone interdite d’accès. Ils pénétrèrent dans un jardin intérieur où des gens complètement nus disputent une partie d’échec ou font l’amour.
- Mon Dieu, c’est qui ces gens ? murmure Pandora avec une mimique de dédain.
- Des clones, répond Emeric. Ils sont purs et ne connaissent pas le pêché. C’est mon frère qui a recruté les meilleurs généticiens du pays pour leur donner vie.
- Il avait bu le jour où il a eu cette idée ? demande Pandora.
- Je n’en sais rien. Mais c’est pour cette raison que Mouammar lui en veut tellement. Il ne supporte pas que mon frère utilise nos meilleurs savants pour créer cette race d’humains pacifiques. Il veut des guerriers fanatiques dévoués pour sa cause. Depuis qu’il a eu vent de ce projet, Mouammar a juré de nous mettre des bâtons dans les roues. Et Primaël est convaincu que tu es l’instrument de sa riposte. Par moments, cela frise la parano.
- Et toi, tu ne crois pas cela, j’espère ? demande Pandora avec un petit sourire.
- À toi de me prouver le contraire, réplique Emeric.
Pandora s’approche de l’un des clones.
- Dis-moi, pourquoi a-t-il créé cette nouvelle race d’humains ?
- Je ne sais pas vraiment. Il prétend que ces êtres seront un jour le salut de l’humanité. Mais je pense plutôt qu’il a voulu faire une mauvaise blague à Mouammar.
Pandora éclate de rire.
- En effet ; j’ai de gros doutes que ces gens soient mieux que nous ! Regarde leur allure loufoque. Et que font-ils ?
- Ils disputent une partie d’échec. Ce sont des surdoués. Et lorsqu’ils ne s’adonnent pas à des jeux intellectuels, ils font l’amour ou prient Allah.
Sur ces paroles, ils regagnent leur appartements. C’est alors que Pandora y découvre un étrange petit coffret à l’intérieur d’une armoire frigorifique cachée dans une pièce. Elle ne l’avait jamais remarqué auparavant.
- Qu’est-ce que c’est ? demande-t-elle en s’apprêtant à l’ouvrir.
Emeric bondit vers elle et la retient par le bras.
- N’y touche surtout pas ! Jamais, tu m’entends ?
- Pourquoi ?
- Parce que celui-ci renferme les éprouvettes avec les empreintes génétiques qui ont servi à créer les clones ! Il y a là le fruit de toute une vie de recherches et mon frère a misé toute sa fortune et toute son âme dans cette formule.
Les jours passent. Pandora fait apparaître peu à peu son vrai visage et lorsque Emeric découvre que celle que Mouammar lui a envoyé est aussi méchante et sotte qu’elle est belle, il est trop tard pour reculer. Un beau matin, il trouve l’armoire frigorifique entrouverte et le coffre contenant les nouveaux gènes humains a disparu.
Elle a choisi un moment où son mari avait le dos tourné pour exécuter la mission que Mouammar lui a confié.
Ils tentèrent vainement de la retrouver, mais il était trop tard.
Et avec la disparition de cette nouvelle boite à Pandore, ils perdirent avec elle l’espérance de rendre un jour l’humanité meilleure !
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