Genèse
Le premier jour, Dieu dit : "Que la lumière soit"
Et la lumière fut.
Le deuxième jour, Dieur créa le ciel et les étoiles, et les planètes.
Le troisième jour, Dieu créa Mme Tartempion qui nous explique, avec le recul, qu'elle soit moins fraîche aujourd'hui.
Le quatrième jour, Dieu dit : Que la Terre soit."Et la Terre fut, avec ses ruisseaux pleins de gaieté, ses arbres pleins d'oiseaux et ses animaux pleins de poils. Alors vint le cinquième jour, et Dieu créa la mer profonde et insondable aux multiples rivages et aux abysses infinis où, tandis que le requin chasse, le mérou pète.
Le sixième jour enfin, Dieux contempla son oeuvre et se dit soudain que toute cette splendeur ne servirait à rien s'il n'y mettait un être supérieur qui pourrait dominer ce trésor inépuisable. Alors Dieu dit : "Que l'homme soit" et le confut.
Le septième jour, Dieu se reposa, car c'était son jour, et parce qu'il avait fait tout seul les trois-huit. Il était très satisfait de son oeuvre et contemplait l'homme qu'il avait crée à son image.
Et Dieu dit encore : "Tu t'appelleras Adam, tu me rendras grâce et louanges car c'est moi le patron, et tu vivras en paix dans l'Eden que j'ai créé pour toi, parmi les fleurs étranges aux mille senteurs inconnues et dans la douceur incroyable d'un été sans fin.
Va et sois heureux, Adam. Le lion royal et l'humble chèvre sont tes amis, ton Dieu veille sur toi et les petits déjeuners sont servis das la chambre jusqu'à neuf heure trente.
"Merci, mon Dieu, de me combler ainsi, dit Adam. Merci pour les fleurs, et pour le lion royal. Et merci pour l'humble chèvre. Dommage qu'il n'y ait pas de femme !" Alors Dieu, du haut de son infinie miséricorde, entendit l'ultime voeu de sa créature qui l'implorait à genoux, infiniment vulnérable et attendrissante avec sa petite âme mesquine et ridicule, dans ce corps tout nu, anarchiquement velu, le out déjà bourré d'angoisses existentielles insolubles : "Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ?Quand est-ce que c'est Noël ?"
Alor Dieu dit : "Que la femme soit !" Et la femme jaillit de la côte d'Adam, spendide et nue, et les anges s'extasièrent car c'était la première fois qu'on voyait une femme à poil sur la Côte.
Puis Dieu dit à la femme :"Allez en paix tous les deux dans mon paradis, chantez, dansez, embrassez qui vous voulez, mais surtout, surtout, j'insiste, ne touchez jamais au fruit défendu, il est traité au diphényl-tétra-chlorobenzène."
De ce jour, Adam et Eve connurent un bonheur exquis. Ils ne connaissaient pas le froid, ni la faim, ni la peur, ni la maladie, ni Julio Iglessias !
De l'aube au couchant, ils passaient leur temps à courir au ralenti dans les cahmps de coquelicots, comme dans les films de Claude Sautet.
Mais l'ignoble, l'immonde, le chafouin, le répugnant, l'infâme, la bête, le monstre, Satan, Mephisto, Belzébuth, le Malin, le Diable veillait.
Il était laid comme un concerto de Schônberg (excuse c'est pour l'histoire!). Habilement grimé en vipère commune, il se cacha dans l'arbre aux fruits défendu. Quand Eve passa sous l'arbre, il laissa glisser son corps glacé autour du cou diaphane de la pulpeuse jeune femme dont les seins lourds auraient joué librement sous le léger corsage de soie, si elle avait porté un léger corsage de soie.
"Femme, dit le Diable, prend ce fruit superbe et gorgé de mille sucs divins de l'éternel paradis"
"Miam, miam, dit Eve en croquant dans la golden maudite. C'est tellement bon que c'est presque un péché."
Et elle en fit croquer un morceau à son concubin.
Alors la colère de Dieu fut terrible. Et c'est depuis ce jour-là que l'homme, à jamais chassé de l'Eden, doit racheter sa faute par le travail. Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine.
Marie-Lise Ehret
Anonyme (http://www.ecrivez.org)