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Lettre à ma cousine...



   Camille, mon ange, mon seul soleil, ceci est une lettre d'aveux.

   Depuis toujours nous nous connaissons, nous nous parlons de tout, de rien. Je te sais par coeur et toi seule peux me comprendre. Je me souviens de tout, de toi, même de ce que je ne t'ai pas dis, comme quant je criais ton nom pour t'appeler puis soufflais dans un murmure : "Pourquoi n'est tu pas la ?". J'ai toujours eu peur, tu sais. Peur de te perdre, bien sur, mais plus souvent peur de te blesser. Je t'ai épargné mes tourments, et pour toi j'ai montré au monde que j'était heureuse. Je ne sais plus pleurer pour moi, ma souffrance je la cache, quitte a ce qu'elle s'augmente.
   Si je parle de toi, si j'essais d'expliquer ce qui nous lie, je dis que tu es mon âme soeur. Personne ne l'entend au sens habituel du mot. Impossible : deux fille passe encore, mais entre cousines ce ne peut être que de l'amour filial...
   Et pourtant...
   Quant elle est arrivée dans ta vie, je me suis sentit un peu triste, comme nostalgique... Oh tu avait bien eu des copains avant. Mais ce n'était pas pareil. Elle, tu l'aime, et peut être même que tu l'Aime, avec la majuscule. Alors moi, je suis un peu jalouse, puisqu'il parait que c'est ainsi qu'on dit. Je n'ai pas l'habitude de partager ton coeur avec une autre, pas l'habitude qu'il te manque quelqu'un quand tu es avec moi, au point de ne pas voir de sourire dans tes yeux. Je le lui ai dit, elle te l'a dit; elle m'a dit que tu as versé des larmes pour ça. Pardon. Ca n'en valait pas la peine. Parce que je l'ai acceptée quant même, dans mon coeur, que je suis heureuse  qu'elle soit la, qu'elle t'aime, qu'elle te rende heureuse car si tu es heureuse je me sent mieux. Mais ce matin avant de partir, parce que tu savais, tu m'as serrée très fort dans tes bras, alors je ne regrette pas.
   Ce n'est pas cela que je veux t'avouer, car tu le savait déjà, mais l'autre raison de ma jalousie. Je crois que si je suis un peut triste, c'est parce que c'est une fille. Ne crois pas que je n'apprécie pas que tu aime autant les filles que les garçons. Non. C'est juste que je ne peux m'empécher de penser : si tu aime une fille, pourquoi c'est elle que tu as choisi, pourquoi n'est ce pas moi ? Voila mon aveu Camille. Je t'aime. J'ai envi de t'embrasser quant je te regarde. Tu es vraiment mon âme soeur. Seulement je ne suis pas la tienne. Alors voila, ça ne change rien, je ne veux pas détruire tes idées, ni ta vie car même si ce que je viens de te dire éveillait des sentiments réciproques, cet amour serait sans issue. L'inceste est interdit. Je ne souhaite pas non plus ruiner nos relations car rien n'est différent, c'est la même chose plus mon envie de toi.
   Tu vois, même en te faisant cet aveu je t'en préserve, ou bien est ce seulement un manque de courage ? Car cette lettre tu ne la verra peut être jamais, perdue dans un coin de la gigantesque toile. D'autres la liront, ne sachant pas si c'est la vérité ou une fiction créée par mon esprit, ou peut être même un mélange des deux. La plupart s'en fichera. Mais si tu tombe dessus par hasard, ou si quelqu'un te la montre, tu n'auras qu'a me demander. A toi seule je donnerai la réponse.
                           Ta cousine.

Dae Nirnaeth (http://www.ecrivez.fr.st)


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