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mourrons pour des idées



Que de complications pour réformer l’age de la retraite ! Les gens aspirent à des carrières de plus en plus courtes. 37 ans de travail dans la fonction publique, voire un départ dès 55 ans pour les employés de la SNCF, visiblement moins les gens travaillent plus ils semblent usés précocement. Les éjaculateurs précoces, eux aussi partent les premiers mais cela n’a rien à voir avec notre sujet.

Parmi les carrières les plus courtes, il y a celle des kamikazes. Sauf pétard mouillé, leur carrière ne dure que l’espace d’un instant, brièveté qui tient de la nature même de leur tâche, du concentré de CDD. Enfin CDD, pas tout à fait, car on leur garantit quand même l’emploi à vie et par les temps qui courent c’est quand même un avantage certain !

D'ailleurs, c’est assez tendance en ce moment que de mourir pour Dieu. Déjà en Palestine, les vocations se multiplient comme les petits pains, mais depuis l’impact du 11 septembre, c’est carrément l’explosion. Après le slogan un petit clic vaut mieux qu’un gros clac, il va falloir trouver autre chose pour valoriser le port de la ceinture. En lisant la presse, j’apprends avec stupéfaction que 6 000 nouveaux candidats kamikazes se sont déclarés en Irak, prêts au sacrifice au nom de Dieu. D’ailleurs, on ne sait toujours pas ce qu’il en pense Dieu de tout çà, fait en son nom. Il y en a même pour soutenir qu’il aurait dit « tu ne tueras point ». Même si c’est vrai, cela fait longtemps, Dieu a peut-être changé d’avis et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et il m’étonnerait fort que Dieu soit un imbécile, il me semble donc tout à fait habilité à changer d’avis, mais sans obligation non plus. Parce que si les imbéciles ne changent pas d’avis, c’est faute de phosphorer et de se remettre en question. Ce qui n’implique en aucun cas qu’en réfléchissant on change obligatoirement d’avis, on peut parfaitement réfléchir, voire raisonner juste et conserver le même avis et sans être un imbécile.

Bref, on n’est plus sûr de rien. Le plus simple serait de lui demander, si Dieu existe, il doit être concevable de l’interviewer. Personnellement, je me sens encore un peu jeune pour le rencontrer volontairement, attendre prendrait un temps excessif comme je ne me sens pressé en rien. Et puis quand bien même un coup du sort me rapprocherait brutalement de son QG, j’ai bien peur que dès le premier tri on me dirige aux antipodes des quartiers du seigneur tant je ne me suis guère illustré par ma ferveur religieuse. Mais après tout, ces cohortes de candidats au suicide utile me semblent bien formatés pour ce genre de mission, ils aiment bien Dieu, croient en lui, ils n’ont pas peur de mourir, ils devraient se sentir plutôt plus confiants que moi au moment d’attacher leur ceinture.

Doit-on envoyer 6 000 émissaires à Dieu ? Il ne s’agit pas de faire désordre, c’est pas une manif ! Si on choisit de faire le tri, il risque d’y avoir bousculade, on pourrait organiser un tirage au sort, ou faire un vaste loft story sur Al jezira. Ou si c’est trop compliqué, on choisit la méthode lourde, on envoie tout le monde, la méthode à 6 000 en quelque sorte. Pour l’aspect logistique, un voyage céleste organisé pour 6 000 braves cela ne s’improvise pas, Sarkozy, grand spécialiste du charter en aller simple, saura nous dégoter quelques zingues appropriés, une navette américaine, ariane 5, le concorde en pré-retraite, ce sont là quelques ascenseurs vers l’autre monde qui ont fait leurs preuves par le passé.

Pour ce qui est de connaître la pensée de Dieu, une fois le message transmis par nos messagers, il suffira de se mettre d’accord sur la forme de la réponse. Je propose que si Dieu approuve les sacrifices humains en son nom, il nous renvoie les glorieux sacrifiés de ces dernières années, ceux des avions du 11 septembre par exemple. En dans le cas improbable du contraire, s’il désapprouve ces actions, qu’il fasse comme d’habitude, qu’il se taise et nous laisse affronter seuls les conséquences de nos contradictions, déchirés que nous sommes entre nos instincts de guerriers sanguinaires et notre aspiration sincère à la paix, au bonheur de nos enfants.

« mourrons pour des idées…mais de mort lente »


adavier (http://www.le-psr.com)


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