Valid XHTML 1.1!
Valid CSS!
Get Firefox!

Texte précedent Texte précedent dans la rubrique Texte suivant dans la rubrique Texte suivant

Le blanc te va si bien



  Le Blanc te va si bien.


«  Je te regarde monter les marches de cet escalier qui te mène bien loin de moi.
J’ai une sorte de fascination pour tes jambes si fines que je devine au travers de ta robe blanche qui sublime ta peau dorée. Et ce contraste merveilleux occupe toutes mes pensées, tu est si belle et si lointaine. Comment te dire un jour toute l’émotion contenue, les non-dits trop lourds à porter, le désir que je caché pendant des mois.
Tout en toi respire la fraîcheur et le bonheur.
Je te regarde marcher en direction de ton époux et je l’envie de t’avoir auprès de lui chaque nuit, de pouvoir respirer à volonté ton parfum fruité, de pouvoir goûter ta volupté…
Sais tu seulement le nombre et la couleur de mes nuits sans sommeil où je veillais allongée, inerte les yeux ouverts à observer le bleu si sombre du dehors ?
Sais tu le battement sourd à mes tempes qui ne supportaient plus l’image de ton visage caressé cent fois dans mes songes ?
Sais tu la souffrance de mon cœur de ne pouvoir te vivre que dans l’ombre d’une amitié fidèle ?
Tu ne liras jamais cette lettre qui te dit tout, qui ne te cache rien.
Je veux te dire ici la pureté de ton visage d’ange. J’aime le rose que le vent fait monter à tes joues et le hâle léger que le soleil laisse sur tes épaules telles une empreinte douce et discrète.
J’aurais tout quitté pour pouvoir passer ma main dans ta chevelure longue et légère, pour caresser ta silhouette longiligne d’adolescente. »

Mais depuis, les années ont passées. L’amertume et le désir ne sont plus de mise.

Je sais que tu m’aimes d’une amitié sincère. Alors je profite simplement du gris et du mauve de tes yeux qui s’éclairent lorsque tu t’adresse à moi, du sourire merveilleux qui ne quitte que rarement tes lèvres.
Je me souviens encore de notre rencontre, et je sais que tu t’en souviens aussi.
Je me retrouvais dans ta fraîcheur et tu te retrouvais dans ma douceur. Très vite nous avons été inséparables. Nous prenions chacune la défense de l’autre devant l’adversité masculine. Les tapis de gym et les marches de la bibliothèque se souviennent encore de nos confidences. Je crois qu’au premier regard nos souffrances se sont reconnues. Toi, tu pouvais comprendre, n’est ce pas ? Pendant combien de temps étais tu la seule à savoir ? N’as-tu jamais parlé de ta blessure à quelqu’un d’autre qu’à moi?
Peut être est-ce à ce moment là que j’ai cessé de croire au hasard…Il n’était pas possible de s’aimer comme cela au premier regard entre amies et partager le même lourd bagage. Tu sais bien de quoi je parle et nous sommes à peu près seule à le comprendre sans se parler.

J’ai encore dans la mémoire la saveur de nos lettres lorsque nos chemins se sont un peu éloignés. Chaque semaine nous nous écrivions, tu me parlais de Vincent, ton amour de vacance, puis de Pierre qui allait devenir quelques années plus tard, ton mari. Et moi je te lisais avec plaisir et je te parlais de mon homme, toujours avec bonheur et pudeur. Tu nous voyais comme un couple épanoui et c’est ce que nous étions jusqu’à ce que le doute s’empare de moi.
Je n’ai pas compris tout de suite à quel point tu me troublais. J’ai pensé pendant des années que c’était cela l’amitié entre fille, se contempler, se confier , s’effleurer comme deux sœurs.

C’est quand j’ai compris que tu avais trouvé ton autre masculin, que j’ai commencé à souffrir. Pourtant j’aurais dû me réjouir de ton bonheur qui emplissait tout l’espace. Moi qui n’avais jamais eu une once de jalousie à ton égard, je me braquais contre ta belle histoire d’amour. Bien sûr je me suis tue, j’avais bien trop peur de te faire souffrir et de te perdre.
Puis il y a eu ses mots à lui, j’étais glacée de l’entendre dire si haut ta beauté. Je me rendais compte d’un seul coup qu’une partie de toi me serait toujours inconnue.
C’est à ce moment là que j’ai failli détruire mon couple. Je ne comprends que maintenant, avec le recul et une forte dose de travail sur moi même  que c’est à cause de mon amitié ambiguë pour toi que la mésentente s’est installée.
J’entrevoyais une facette de mon affectif que j’ignorais jusque là. Et si je me trompais, que les hommes n’étaient pas pour moi un objet de désir ? Cela expliquerait bien des choses et à bien y réfléchir, cela semblait logique. J’ai commencé là une longue traversée du désert qui allait durer une éternité…..

Puis tu m’as annoncée ton mariage prochain…
Tu n’as pas compris quand un jour je t’aie  dit dans un sourire triste que j’avais la sensation de te perdre un peu.…

Mais la vie c’est chargée de me faire oublier et j’ai continué mon chemin.
Lorsque tu m’as vu maman pour la première fois, tu m’as avoué que tu comprenais maintenant  cette sensation étrange. Mon rôle maternel m’avait transformé et tu sentais que plus jamais ce ne serait pareil.

A présent lorsque nous nous rencontrons, nous nous serrons longuement l’une l’autre pour retrouver un peu  ce que nous nous sommes transmises autrefois. Puis je te regarde avec ta fille presque aussi jolie que toi et ton mari avec qui j’essaye désespéramment de trouver un sujet de conversation….

Je sais maintenant que si j’ai souffert autrefois de te voir te marier, c’était parce que je perdais au travers toi, une partie de mon enfance. Notre amitié avait été si fusionnelle qu’en t’éloignant tu prenais toute la place, un peu comme des jumelles qui se séparaient pour la première fois, comme un enfant qui quitte les bras de sa mère dans un cri. Mais heureusement, après les cris vient l’autonomie, la libération nécessaire à l’épanouissement.

Enfin, je peux à nouveau te regarder avec les yeux de l’amour et non plus celui de la convoitise……
Merci ma violette.


Cambria (http://www.ecrivez.fr.st)


Texte précedent Texte précedent dans la rubrique Texte suivant dans la rubrique Texte suivant



Ce texte n'a pas encore été noté.

Pour pouvoir noter ce texte il faut être inscrit et identifié.


Commentez ce texte :


Pseudo : E-mail: Site :

Commentaire :





Ce texte n'a pas été commenté.