Mort.
Une rage tellurienne ébranle mes nerfs, j’ai la moelle érectile, je darde mes os dans le sel noir de la terre. Je suis Dionysos, je suis un porc, une ivresse sensitive inonde mes pores. En moi giclent des visions lacunaires : une cuisse, une caresse, une carcasse, un coutelas — un éclair. Aurore ! — Azur et or ! Egorgez-moi ! je dors, je dévore. Une fesse, une gigue, un gigot, un melon — un pieu. Une onde de délire s’éploie dans les cieux, les astres se consument en coïts furieux. En moi enfle un chant féroce, champs noirs, bonheur atroce. Je tremble et je ris voici la femme couchée, seins pâles sous la lune qui luit, la gorge tranchée, sang sève de fruit — horreur ! je jouis ! La peau des cerises est un doux mystère ; les arcanes du désir abondent en fruits rouges et formes laiteuses, énormes framboises aux sucs écarlates.
Les seins d’Aphrodite regorgent de lumière.
La volupté s’épanche ondoyant en coulées évanescentes. Fraises charnues. Déluge lactescent sillonné de carmin.
Dans la fêlure d’une folle effrénée j’ai glissé un doigt sensoriel — c’est dans mon crâne que flamboie l’enfer — dans mon crâne embrasé se dénude la viande ultime.
Je suis Dionysos, je suis un porc, je jubile, je jouis de ma mort — saignez-moi, dépecez mon corps.
Je suis le porc céleste.
Mort, mille fois mort.
younisos (http://la-chair.blogspot.com/)