C’est pour offrir ou c’est pour vous ?
Sur l’étalage du marché
Mon regard fut attiré
Par de jolies anémones
Aux pétales roses toutes dentelées.
Délicatement pris le bouquet
Huma, tendrement parfum sucré
Oh ! douceur exquise qui fait rêver,
Délicieux clin d’œil à votre cœur en fête.
Gentiment le tends au marchand
La question ne se fait point attendre
C’est pour offrir ou c’est pour vous ?
Prestement réponds : c’est pour moi !
Et voilà que ni une, ni deux, ni trois,
Le bouquet se trouve emmailloté
Sans aucun autre ménagement
Dans un papier vilain papier tabac.
Le regarde ahuri, dépitée, dis :
Il n’y a même pas un brin de verdure ?
Et revoilà ces pauvres fleurs chavirées,
Re-scotchées, une feuille de ramure ajoutée.
Point de papier sulfurisé comme pour offrir
Point de ruban, point de frou-frou voyez vous,
Vexée que le « vous » soit si mal considéré.
Rétorque : Et bien dites moi, la prochaine fois,
Je ne vous dirai pas que c’est pour moi !
Une femme à mes côté qui a observé
La scène, s’esclaffa : Et bien ! oui, alors
J’étais en train de me demander pourquoi ?
Dites, fleuriste, vous auriez du être poissonnier !
Ou boucher, épicier, je ne sais pas…
Les fleurs c’est délicat comme une femme
La beauté est parti, la poésie envolée.
Sur ce fait je me suis empressée de rentrer
Pour les déposer dans un joli vase enluminé .
Attention !
Ne répondez jamais à cette question.
Tout dépend qui pose cette interrogation.
Marie-Lise EHRET
marie-lise ehret (http://psychanalysteparis.com/ )