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Tais toi pas (violence)



A Marie-Lise Ehret,
>
> Oui, je crois qu'un enfant victime d'abus sexuels peut se trouver
> pris entre quelque chose de l'ordre du 'tu aurais dû le dire' et du
> 'tais toi ' quand il essaie de dire. Il lui faudrait donc parler
> quand il se tait, et se taire quand il essaie de parler. Pas facile...
>
> Cordialement,
>
> M Dupin
-----------------------------------------------

réponse EHRET  Marie-Lise  :

Tais toi pas !

Les violences sexuelles et psychiques exercées contre un enfant, un adolescent, un adulte,
n'ont pas à être prises pour un fantasme .....

Elles ont le droit d'être reconnues comme telles.....

Entendues et reconnues dans la réalité, surtout si il n'y a aucune reconnaissance légale,
ni aucun recevoir à espérer puisque le sadisme, leur revient en pleine figure de ceux qui
l'on exercé....et pas à être “déformées “par la théorie, entendre joue là un rôle important
de réparation à lui seul et je ne dis pas résilience  qui est un mot moderne qui sous tend
un jugement, un devoir une obligation, là où l'être a pu se réparer seul elle y rajoute une
culpabilité là où il n'y en avait pas.Non entendus elle corresponds à une seconde violence,
celle ne pouvoir être dite et d'être ravalée dans le non su et non cru à la manière sadique qui se transmettra alors à la génération suivante.

Les actes subies ne sont  alors aucunement imagianaires ni des mises en scène.

La psychanalyse a ses limites elle ne peut et ne doit taire....

Sous un pseudo fantasme une réalité bien réelle pour l'individu....

Et je partage sur ce fait, les vues d'Alice Miller, psychanalyste comme moi, Ferenczi  et Winicott, l'ont perçus, bien saisi eux aussi.

Allez donc demander à mon grand père si d'avoir été sur le front il pensait au sexuel dans le sens où vous l'entendez....
les gueules cassées vous connaissez ! Son silence était éloquent c'est confondre la cause et la conséquence.

Où est le sexuel dans la libido ?

C'est le genre de silence qui atteint toute une génération peut-être d'avoir touché trop près, l'inconscient  et l'horreur des autres en face....(un individu n'est pas un groupe à lui seul non ?

Aurez vous le culot de dire qu'à DACHAU  ils ont jouis de leur souffrance ?

Jouir dites vous ? jouir ?

Est-ce dans ce sens où  vous l'entendez vraiment....on fusilla ceux qui se révoltèrent contre la vie dans les tranchées...
pour l'exemple...n'est-ce pas ?

Tout enfants ou adultes maltraités ne devient pas forcément maltraitant et toutes les femmes violées ne violent pas leurs enfants.

De est-ce de cette jouissance dont vous parler...? Alors comment ne pas être névrosé ? En étant mort ?

Névrose dites vous...à ce point de maltraitance ce n'est plus de la jouissance c'est de la violence infligé à l'être humain, la mort en face,  n'a rien d'une jouissance.

Vous n'êtes pas sans savoir que pour travailler l'inconscient on divise le moi....où se situe la résistance.

Alors c'est que vous mélanger vie et mort...

La libido ? le sexuel....la religion là dedans...

Jouir allez voir dans le dictionnaire....???

Vous mélanger l'inconscient et la réalité bien vraie, elle....elle doit être reconnue bien réelle
comme tout autre violence exercée contre l'être.

Regardons bien en face les êtres qui ont été torturés, et ces chefs militaires jamais jugés, qui n'ont jamais
rien regretté, ces soldats qui sont revenus d'Algérie, du Vietnam, et que l'Histoire s'aproprie quand cela lui convient
le droit de juger ou de maintenir un silence sous couvert bien souvent d'intérêt  financier ou politique.

Et ces enfants soldats et ces enfants prostitués ou exploités  n'est-ce pas  !

Facile de culpabiliser l'individu pris séparément hors du contexte politique et sociale dans lequel il sévoluent.

Tel qu'un enfant de nos jours n'a pas à supporter le poids du devoir  de mémoire des enfants juiifs, parce que ça arrange l'histoire maintenant, mais ne l'arrangera pas à un autre moment  où la mémoire fera honte et faire silence à toute une population c'est le devoir de l'histoire  de faire son travaille.

A une certaine époque,on louait Napoléon dans nos écoles  et je me souviens avoir pris une paire de claques parce que si  jeune  j'avais osée dire que c'était un tyran.

L'enfant voit l'humain avant le culturel et qui plus est  a peut-être ses propres problèmes. Ce n'est pas à l'enfant de porter ce poids là de l'histoire qui est le poids des adultes, l'enfant lui ne saura peut-être pas gérer cette charge affective....comme un mort qu'on lui ferait porter.


D'autres part l'inconscient collectif n'est pas l'inconscient individuel et particulier que la théorie met tout le monde dans le même panier.

Et que la psychanalyse s'adresse plus à des masochistes qu'à des sadiques..On les voit peu les sadiques en psychanalyse.....ils dépassent rarement trois séances.
Normal ils agissent et ne se sentent aucunement coupables , ils vivent très bien comme ça.

Ceci  n'engage que moi en tant que psychanalyste.
Je parle en claire même si ce n'est pas du gût de tout le monde.

Avec des mots simples.

Marie-Lise Ehret

marie-lise ehret (http://psychanalysteparis.com/ )


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