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Pardon ?



Pardon ?


Le pardon est il une affaire de cœur ?
Je suppose que oui, comment pardonner autrement ?
Cela signifie t-il que je suis sans coeur si je refuse de pardonner ?
Si je ne peux accorder mon pardon, si tant est que ce soit à moi de l’accorder, suis je pour autant rancunière ?
Avoir du cœur est ce toujours renvoyer l’amour même face au mal ?

Si c’est le cas, alors oui, je suis sans cœur et rancunière.
Mais je voudrais croire que mon cœur n’est pas si petit. D’ailleurs le fait de me poser la question n’est-il pas un rai de lumière au bout du tunnel ?
Est il possible qu’écouter son cœur est aussi se donner le temps de panser et repenser sa blessure ? Sommes nous forcé d’aimer quiconque croise notre route ?

J’ai peur que pardonner soit un aveu, un oubli.
Pardonner, s’apparente un peu à amenuiser l’acte. Et si je pardonne, comment savoir si mon adversaire ne va pas distiller le mal dans d’autres âmes ? Ce faisant, c’est aussi moi qui porterais le poids de sa culpabilité.
Mon pardon ne sera-t-il pas interprété comme une guérison, un état de légèreté ?
Or, je ne suis ni guérie ni plus légère.
J’ai seulement envie de sortir enfin de ce puit profond et sombre où aucun espoir n’était permis.
Si je pardonne, ce sera pour aller mieux ou au moins avoir la possibilité de retrouver un bien être perdu.
Mais ce sera alors un pardon égoïste. Pardonner ne devrait-ce pas alléger la faute d’autrui plutôt que d’alléger ma souffrance ?
Pardonner ainsi n’est ce pas comme offrir un cadeau en attente d’un retour ? Ce ne serait plus une offrande, mais bel et bien un échange, un marchandage.
D’un autre côté l’autre m’a blessé en ne pensant qu’à lui. Ne serait-ce pas un juste retour des choses que de pardonner en ne pensant qu’à moi, d’être réparée d’un acte égoïste par autre acte égoïste ?

Je ne sais plus très bien si je pardonne pour les bonnes raisons, ni si c’est un acte de cœur ou de narcissisme. Je sais seulement au plus profond de moi qu’il faut que je le fasse maintenant.

Après tout, nous ne sommes que des êtres faillibles.

Je ne veux pas oublier, je garderais encore longtemps ma cicatrice, ténue, intérieure mais toujours présente au fond de moi. Je ne peux effacer la faute, d’ailleurs, même si je le voulais, ce ne serait qu’une illusion, la blessure transparaîtrait dans chacun de mes choix et de mes doutes.


Je veux seulement, aujourd’hui, soulager ma peine, celle des gens qui m’aiment et ne savent plus comment me sortir la tête de l’eau et celle du bourreau qui n’est qu’un être humain malade.

J’espère que cela me permettra de revivre, de laisser « cela » derrière, moi, qu’enfin «cela » ne me pourrisse plus l’existence…
Je sais que mon Créateur est à côté de moi, et qu’il se chargera de répartir les peines…et aussi les joies. « Cela » n’est plus entre mes mains.

Cambria (http://www.ecrivez.fr.st)


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