Au fur et à mesure que décline le soir immergé dans un brouillard plus épais et gris, je me fais la réflexion que j'existe entre tous ces êtres aux parcours colorés tristes gais ou sombres;
Alourdies par une journée harassante, mes paupières tout doucement se fondent en deux traits parfaits et immobiles et derrière ce rideau d'une scène improvisée les choses s'animent , lumière un temps douce et tranquille elle met soudainement en mouvement une cohorte de gens tous pressés contre la porte d'une boutique dont le seul lampadaire blafard répand de ci de là un jaune ausi pâle que sont leurs visages emprunts d'une gravité sans nom dans l'espoir déçu de savoir qui ils sont.
Le but semble atteint mais sans satisfaction aucune, l'oeil vide de tout espoir interroge à la chaîne une même infime ferveur, un sourir discret, un plissement de lèvres annonciateur; rien de tout cela.
Comme dans un palais des glaces je me vois plusieurs, je suis partout moi et autre à la fois et devant l'insuportable vérité, d'un élan sans calcul je ma retourne et fuis bouleversé.
Je fends tout à la fois le jour et la nuit, je défie le temps et le bruit et par de là des contrées inconnues et magiques d'un grand coup d'ailes je me pose, dans un tourbillon élégant, au creux d'une main gigantesque.
La paume est un abîme de douceurs exquises ou milles senteurs d'une longue vie émanent et embaumentalentour, des doigts fins et agiles vous protègent de milles maux, index tendu il m'indique la direction, celle qui ne porte pas de nom, celle que je me dois, sous peine d'égarement de suivre sans questions futiles.
Quête d'un instant mystérieux et subtil, je recherche dans l'origine d'ou part la fin pour petu être la rejoindre dans un cycle perpétuel.
La porte du salon claque sèchement et dans un sursaut je me réveille, la nuit est encore noire, ce n'était qu'un rêve!