Le dernier voyage
Jallais, serein, dans les rues dune ville
Où jadis les armées trouvaient repos
Où le peuple affamé comptait pour mille
Et riait au jour en courbant le dos
Il fallait en entrant montrer la poussière
Quaprès un long voyage on avait amassée
Et verser les grains légers dans une aumônière
Quun dieu présentait la tête baissée
Orages, tourments, fatigues et chimères
Cessaient alors dans un soupir blessé
Nexistait plus que la paix dune mère
Au bras dun enfant alors apaisé
Mais, au coin dune rue, quarriva-t-il ?
Des hommes furieux me menacèrent bientôt
Et, montrant dun doigt le début dune file
Crièrent de rejoindre le vaste troupeau
Cétait des voyageurs portant dans leurs manteaux
La poussière misérable et le triste fardeau
Dune vie qui se termine sous lil du badaud
Et quon traînait jusques aux portes dun désert
Pour y mourir dans les fosses noires de la terre
Ainsi ma ville se changeait-elle en pierre
Et dans le souffle brusque dune rébellion
On abattit le dieu et son aumônière
En claquant la porte de toutes les maisons
aliénor (http://livreouvert.free.fr)