Le filet de nuit qui voile encore un peu mes paupières, me laisse un goût de léthargie ce matin… C’est difficilement que j’ouvre les yeux, je suis fatiguée encore, malgré les douze heures d’affilées d’un sommeil presque parfait, dans un lit douillet par ta présence…
Le matin agressif de clarté, avec son ciel dégagé, dont le bleu se réjouit d’être aussi lumineux, m’indispose… Un matin si enjoué pourtant, mais il est pour moi insignifiant, je suis fatiguée encore malgré un déjeuner copieux avalé tranquillement en ta présence…
La matinée se passe dans un silence total, les ombres de nous même se frôlent, d’une pièce à l’autre, une douche chacun son tour, pas de mots, pas de gestes, chacun est à sa place dans la maison chaude pourtant… ma fatigue est lancinante, et contagieuse, et ce malgré ta présence…
Un midi sonnant une faim navrante, une envie d’engloutir de la nourriture réparatrice pour l’un, et juste pour survivre pour l’autre, en l’occurrence pour moi, qui n’avale que le stricte minimum, pour ne pas tomber, pour ne pas sombrer, je suis si fatiguée, toujours et ce malgré ta présence…
L’après-midi généreux de pouvoir encore nous offrir un soleil en cette fin d’automne, m’énerve quand même… La lumière trop forte qui s’étale dans la maison, pour se moquer de ma tête, ma tête qui n’arrive plus à capter les rayons de ce soleil qui se veut pourtant rajeunissant… Je suis si fatiguée encore et toujours, malgré ta continuelle présence…
La soirée délicate s’installe, avec juste ce qu’il faut de fraîcheur, pour enfin se rapprocher un tout petit peu seulement, épaule contre épaule sur le canapé, face à la télé, seul vacarme assourdissant d’ailleurs, après une journée d’une morosité atroce… Je suis épuisée, lassée, vidée, comme chaque jour malgré ta présence…
Ta présence si monotone, si silencieuse, depuis trop longtemps, tu erre dans la maison à mes côtés, sans mots, sans bruit, tu as fini par me contaminer, je suis fatiguée de ta présence…
Tu es présent dans cette maison, dans ce lit si inerte, encore cette nuit, présent et pourtant si distant, si absent, si loin de moi… de moi qui souffre, qui s’épuise à espérer que l’amour qui avant imprégnait ma maison, la chambre, le lit… que l’amour qui m’imprégnait avant, de la tête au pied… revienne… redevienne présent… parce que j’ai fini par être plus que fatiguée, plus qu’épuisée de passer chaque journée dans l’indifférence total… pourtant en ta présence… Mais…
Ta présence d’absence…
veronique (http://www.ecrivez.org)