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en tous mots, une nouvelle



En tous Mots, une nouvelle…

J’adore écrire. Je crois qu’au fond de moi il y a comme un bouillon, un brouet de mille mots qui monte en gamme. Une permanente fermentation d’un électuaire ancien, d’une thériaque salutaire qui prend son origine dans une nuit des temps.
Juste sous l’estomac, vers le creux du nombril, un creuset, un ferment se ravive, filon intarissable semble-t-il, nourri des grands principes, des étymologies, de points et de virgules qui s’exclament de tout, il est là ce fameux germe, en archive historique d’ouvrages et de recueils que je n’ai jamais lu et pourtant ce dépôt mémorial inonde mes pensées et aggrave ou réforme tout le carnet de notes de mes méditations. Est-ce un remède à l’innocence qui vient avec la moitié ? Il y aurait donc l’inculture, qui dure peu face aux années, puis l’aspersion de la culture, une abondante révélation qui se consacre dans l’écriture par le baptême des initiés. Est-ce- cela « l’état de grâce » ?
Pourquoi donc ais-je accès aux secrets des  mithridates ? Sans avoir, de mémoire, mérité plus qu’un autre  ce don de praticien, du verbe il s’entend car je ne prétends pas être un savant physicien dont j’envie le savoir, car quand j’écris  j’ai grand-peur de dire un placebo.
Je veille, tout de même, à prendre avec régularité mon grog favori et surtout, auguste cuistancier, à bien l’accommoder, l’arranger, l’apprêter, le mitonner pour enfin, en vaillant homme de peine, distribuer alentour un morceau bien choisi, tendre pièce de mots ou acide concetto, piquant pour qui le goute. J’en change toujours un peu l’aspect ou la recette aux premières censures. Pas tant pour plaire absolument, mais plutôt pour ne pas offusquer un lettré ou déplaire au commun. L’aristarque admire ou condamne séant par juste un coup de patte ou une raillerie. C’est là que, Philosophe un peu, je me dis que les mots choisis n’ont pas su lui donner le sens que j’espérais. Bâtir et rebâtir, c’est toujours travailler.
J’aime à départir un ténu filet de culture à qui voudra bien me lire ou un peu m’écouter, comme on faisait jadis, en place du marché, devant le charlatan bonimenteur qui hâblait, camelot, porte-balle d’un espoir qu’il disait avoir tiré d’un patrimoine hérité, Dieu merci, de quelque Philosophe ou autres puits de science, grands sages ou encore de son Grand Maître Théoricien, lui le disciple appliqué, élu de Diafoirus.
Que mes écrits ou que mes dires puisses servir à s’endormir vaudrait à affirmer qu’ils sont soit de terribles  clystères soit qu’ils accouchent de chimères hallucinantes qui transportent l’imagination par delà la conscience, vers la rêvasserie.
Je prends, fat, fait et cause pour le second a priori, il n’est est d’autre qui me plaise et surtout qui me presse à pulluler d’écrits pour t’en donner lecture.

Est-ce là un élan de grande générosité ?



La grande générosité dites-vous….

Tiens, parlons en de celle-ci,  de cette vertu qui réclame déjà, avant que de donner. N’exige-t-elle pas, pour aller plus loin où poursuivre propos, de se commettre en partage,   de la confiance au moins.
Je vous surprends, j’en suis sur, mais n’est-ce-point vrai qu’elle ne s’exerce que vers celui ou ceux qui nous inspirent ou bien qui nous implorent, qui nous tendent les bras, qui donnent l’accolade, qui flattent notre égo en usant leurs genoux : Alors là, en fiérot personnage, on donne, on s’applique, on abonde, on accole, on administre, on adjuge conciliant,  enfin, pour dire, on lui concède un peu pour, en retour, tirer de ce bail précaire, un ex-voto glorieux dont on saura quoi faire.
Mais il y aura-t-il un jour un jugement dernier ?...
Loin de moi l’idée de vous conseiller le contraire de ce faire ? Présumant de cet avenir je ne peux, pour être votre Ami, vous pronostiquer le contraire de tout ce qui est dit !

C’est comme ceux-là, les conseilleurs, qui ont besoin de dire et de dire et de dire, pour se persuader eux même de leur stabilité, de leur solide embase établie sur les legs du passé. Forts de leur expérience ? Je veux bien entendre qu’ils le sont ou du moins qu’ils le disent, mais que feront-ils ? Trahiront-ils, eux aussi, devant le tréssaut de la vie, qui touche au plus profond, en torture intense du corps ou de l’esprit, et qu’ils devront chanter ou perdre leurs Amis. Là, orphelins du conseil, ils devront prendre parti quoiqu’il en coûte de s’exécuter dans cette conjoncture en contrant la manigance des marchés pour les dupes et les manipulés.
Je l’ai vu, je sais ce qu’est la bête noire de l’inquiétude d’aujourd’hui, heure après heure, seconde après seconde, avant que de penser à celle de demain. La bête noire du tourment, du martyre, de la juste ou calomnieuse punition, de la gêne, du supplice administré par l’homme acharné ou orchestré par Mère nature. J’ai vu cela, disais-je, et pourtant, j’irai, pour vous, maintenant, de mon propre Conseil, ne vous attardez pas à vouloir la dompter, elle est bien trop sauvage, bien trop croque-mitaine pour les humbles parias.
Tiens à propos de bêtes sauvages, rions-en un peu…

Je suis allé au cirque, l’enfance de rêve, les rires des grands…
Savez-vous encore rire ? N’avez-vous pas remarqué que le rire dérange ?
Il est exubérant, trop haut, mal à propos, il fait même, parfois, fi du plus grand tourment, il glousse au moment ou le coït enrage, il ignore dédaigneux, il persifle ironique, il ridiculise, il raille, il pleure de rire, il pouffe pour surprendre, il se tord, fait risette, s’amuse de bon cœur, se fend, se meure, se gondole, s’éclate…
Le rire est rituel, une arme pour certains mais pour d’autre c’est sur, le rire est bien gênant.
Je voudrais qu’en à moi, qu’on considère le rire car il est instinctif, passionné, le reflet des pensées et ne dit on pas toujours qu’il faut être affectif, s’obliger par tous temps au plus grand des respects pour les grands Sentiments…
Puis-je vous instiguer à ne pas fourbir vos armes pour ne pas bélliquer, le Rire en est la première, la plus terrible, sans réplique, elle lui va laisser une trace à jamais. On peut bien pardonner une bonne engueulade et même une calotte sera considérée, mais que pensera-t-on, au long terme, d’un rire arrogant, dédaigneux, insolent dont la morgue divulgue, dénonce même,  le manque de respect…

J’en étais au cirque …….

Je vous dirais tout ça aux prochaines nouvelles

Si cela vous incommode, je rengainerai ma nouvelle, et m'en retournerai droit, comme je suis venu...
Molière

Bises

Jean-Louis.

colonna (http://www.ecrivez.org)


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