Jean-Louis Colonna Cesari 06.18.46.06.03
N° Sacem 00439324648
Le banc qui t’aide
U banchiteddu
Un petit banc de pierre qui comme les saisons
Changera ton humeur quelque soit la raison,
Il accueille ta vie, recueille tes passions
Tes amis, avec toi, y diront l’unisson….,
Un petit banc, tout vert, qui le sert en hiver
Dont le bois le réchauffe, l’isole de parterre,
Le jour il se partage en famille, entre frères
Et la nuit il s’en charge en restant bien couvert.
Le jour il entend tout, les cancans et les juges,
Ils voudront s’y assoir, trouver des subterfuges
La nuit il l’attend pour lui donner refuge
Ou y trouver dortoir, après quoi le déluge.
Mais est-ce-bien séant, aux yeux des bonnes gens
Qui, d’un faux naturel, s’y montreront charmants
Un coussin ou un plaid pour transformer le banc,
Pour ne pas partager l’odeur du mécréant.
Prison à ciel ouvert, ne plus croire en la chance,
Garder pour seul espoir de salut cette planche
Où dormir, souffrir, dans la froideur qui tranche,
Laissant place au soleil des enfants le dimanche.
Les bras sont repliés, quand tombe le silence,
Sur un peu de picrate pour y souffrir de transe.
Le col est retroussé sur cette déchéance,
Les yeux fermés y cherchent une reconnaissance.
Un barda délavé sous un sac plastique,
Une course effrénée au pas de gymnastique,
La pluie tombe devant l’entrée d’une boutique
Vitrines caressante de rêves érotiques.
Le banc sera lavé, Douche providentielle,
L’odeur du dépravé par les larmes du ciel,
Le bourgeois oubliera, quand misère ruisselle,
La dignité humaine comme un péché véniel.
Cette once de respect, c’est son chien qui lui donne,
Il veut garder Médor pour être encore un homme.
A l’aune de sa vie, c’est sa qui joie résonne,
Dans le train-train des jours, le glas est monotone.
Un petit banc, tout vert, c’est comme une amnistie,
C’est là que le hasard lui a donné un lit,
Un abri éphémère pour y passer la nuit,
Oublier de penser dans le froid qui grandit.
Je passe bien souvent devant cette litière,
J’y sens avec effroi s’écouler sa misère.
Il est dur cet esprit, saint l’a foutu parterre.
Que voit-il de nous, pourquoi est-il amer ?
Oseras-tu un jour caresser ses cheveux
T’assoir toi aussi avec le malheureux
Lui laver ses guenilles et lui parler un peu ?…
Inaccessible amour, celui des gens heureux.
Donner c’est s’enrichir, c’est offrir du répit,
Egoïste n’est point quand le geste est gratuit,
A remplir gamelle, à donner un louis,
C’est au creux de nos mains que son jardin fleuri.
Juste pour faire plaisir, sans détour et sans honte,
Sans craindre qu’un beau jour on lui rende des comptes,
C’est devant sa misère que les larmes nous montent,
Soit donc solidaire de l’homme qui l’affronte.
Merci pour lui…
colonna (http://www.ecrivez.org)