Jean-Louis Colonna Cesari 06.18.46.06.03
N° SACEM 00439324648
Chimère
La nuit noire se rapproche, elle tend à prévenir,
Pour que je me prépare à taire les discours,
Et qu’en son sein, blotti, je puisse m’assoupir
Et rêver d’aventures, de peurs ou de l’Amour,
Le soleil disparait, les persiennes se taisent,
Dehors l’imaginaire fait place à la raison,
A vouloir expliquer ce que fut la Genèse
Le jour après la nuit, chacun a sa passion.
La lampe de chevet s’éteint sur le vieux jour,
Seule à veiller sur moi une flamme vacille,
Laissant partir les ombres, les rêves, tour à tour,
Souvenirs volages de la nuit qui scintille.
Mais les spectres sont là à guider mes pensées
Ils vont, seuls, décider quoi faire de ma nuit.
Quand leurs contours charmants rappellent volupté
Je pourrais par Amour repousser les maudits.
Mon cœur est sans rancune, plein de désirs nouveaux
Qui bercent éphémères les songes de ma vie.
Prêt à chercher fortune ou risquer l’échafaud
Je vais, je cours, je vole un magique tapis.
Lors, Confiant, Je m’évade, devin de ces contrées.
Prévoyant, astrologue, mon fabuleux destin,
D’amour, de Chimères ; étrange alacrité
Qui Repousse réveil et le matin-chagrin.
Avant proton-minet, j’ai douze heures pour ce faire,
Pour une renaissance, aller où peu m’importe !
Lampe à huile allumée comme un Rê de lumière
J’éclaire le chemin dés que sorgue m’emporte.
Je voudrais des voyages par delà les estampes,
Parcourir les cartes avec de l’appétit,
Connaitre leur dessous, à la clarté des lampes,
Et n’en rien oublier, pour en faire un récit.
Innocente jeunesse, bercée par l’aventure,
Des contes fatidiques tombés au coin du feu,
Là, le cerveau en flamme, je me pare d’une armure,
Acronyque destiné, mon sentier lumineux
Le vortex en spirale m’a ouvert ses portes,
Luministe chef d’œuvre où vivent les génies
Paysages comblés, cités de toutes sortes,
Maximes délétères aux parfums d’Icarie.
Voila que transporté en vaisseau amiral
Je découvre, envouté, le fond du firmament,
La lune et les étoiles, univers sidéral,
Le chef d’œuvre de Dieu ou le fait d’un dément.
Mon arche si ondule, agréable moment
Qui apporte à l’aurore la marque d’un baiser,
Le si doux préambule aux mirifiques instants,
Quand même l’immortel choisira le péché.
Me voila sur mon ile, mon pays merveilleux
Mon univers étrange, mon brillant Paradis.
Par le chant des sirènes à l’aura dangereux,
Mon royaume des cieux, enfin, mon Amenti.
J’ai découvert l’Amour, ses mythes légendaires
Ourania, la plus pure, dont je n’ai que regrets,
Aphrodite, la belle, ses secrets d’adultères,
La confiance et la peur m’y ont accompagné.
Circé la maléfique aux breuvages odieux.
Elle voulait me saouler des ses poisons mortels.
Mais Hermès joua un chant mélodieux
Pour faire de ma houlette un caducée du ciel.
Héros en Argolide, justicier invisible,
J’ai tué les méduses et leur musée de Cire.
La Gorgone saura que j’y suis invincible.
En chevauchant Pégase j’ai su sauver l’empire.
J’ai vu le temple indou, la chaussée des géants,
Les vestiges d’Anchor, et l’incendie d’Ephèse
Les Gizeh prés du Caire, funèbres monuments,
Le colosse de Rhodes et l’Olympie de Grèce
Je guette ainsi, vaillant, le rythme de la vague,
L’èbe qui me ramène des mers infinies,
Et du monde des fées où la pensée divague…
Le soleil a percé, l’Olifan retentit.
Ma nuit s’est enrichie de contes admirables.
Autour de mon berceau ma mère m’a souri,
Me souhaitant bonjour, de son sourire affable,
Elle chasse les démons de mes rêves maudits.
Singulière compagnie au souvenir fugace,
Perchée au mat de hune, elle épie avec soin,
Elle donne l’espérance et jamais ne se lasse
A me porter fortune et guider mon destin..
Jlcc…
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