Je vais à toi,
Emmailloté de chair crue
Comme un cri sanglé d’espace
Je vais à toi
Foutu de trop d’abîmes
À me chercher moi-même
Dans ce siècle
Comme on cherche à fuir son ombre
Je vais à toi
Avec un faisceau d’ellipses
En travers de la gorge
À chuchoter des prières
Qui n’ont d’échos
Que dans ta voix
Je vais à toi
Toi qui fis crier ma tête
Comme une envolée d’oiseaux
Qu’un seul coup de fusil met au monde
Je vais à toi
À ne plus savoir ce qu’est la mort
À ne plus la nommer
À la dissoudre en espoir
Sur le terrain vague de ma vie
Je vais à toi
La jungle des mémoires
N’aura pas de répit
Des torrents de tendresse iront jusqu’à toi
Dénoués dans la fosse où s’égosille mon cœur
Je vais à toi
Conquérant de nulle part avec le ciel en bandoulière
Sur des chemins d’errance et de captures féroces
Que le temps n’a pas su garder
Je vais à toi
Capiteux comme un fruit de torture
Dans l’embrasure de mes rêves
Je vais à toi
Dépareillé de mes ressemblances
À me fondre en moi-même
Comme une idole déchue
tristan goliard (http://ecrivez.org)