Jai mangé tous mes gâteaux. Ils étaient très bons, crémeux, cétait doux de les sentir contre ma gorge. Jaurais pu les partager, ça aurait été doux, aussi, mais il ny avait personne à qui en proposer. Les gens aiment plus les gâteaux.
Assise sur mon banc jai vu passer des milliers de gens, vestés, mantonnés, habillés pour lhiver. Les milliers de gens me regardaient aussi, et ça faisait dans leur tête : « Regardez-moi cette grosse qui sempiffre
». Les milliers de gens naiment pas les grosses, ils naiment pas quon sempiffre à côté deux. On dit que les grosses gens, cest dégoûtant.
Alors voilà, jai mangé tous mes gâteaux, assise seule sur mon banc qui râpe, ma jupe effilochée. De toute façon, elle commence à me rentrer dans le derrière. Jadore les sucreries, mais sans personne avec moi à lécher sur ses lèvres les miettes qui dépassent, bon.
Il y a un chat, dans mon appartement. Je lai appelé Framboise. Lautre jour, il a refusé sa part de thon aux olives. Les restes de blanquette, pareil. Avec sa tête de chat, il a dit : « croquettes ». Même le chat. Bon.
Et la voisine aussi. Elle est toute grise, maintenant. Elle dit plus bonjour.
Moi, jai toujours un creux, cest vrai. Personne pour le combler. Parce que je suis grosse. Jai le cur gros.
Cest dommage, le cur, on le porte pas en mini-jupe, cette année
aliénor (http://livreouvert.free.fr)