Un vent souffle, une brise légère et chaude, un souffle qui vient caresser les cheveux de Blanche… légère, comme ce vent ce matin, Blanche coure pieds nus, sur la voie ferrée, comme elle aime a le faire tous les jours… croiser les trains… saluer les touristes, ou ceux qui ne font que de petits trajets pour se rendre au travail,… elle aime à écouter le bruit que fait la ferraille qui arrive, en collant son oreille sur les rails, sale et rouillés d’avoir trop connu de passage !!!!
Blanche tourne, virevolte les cheveux au vent, chante et danse au rythme saccadé que font les rails quand la machine, s’écrasent sur elles…. Les passagers ne la voient pas… les passagers s’en foutent !!!! Blanche leur sourit, envoie des signes, applaudit… dans une ignorance totale… elle continue de chanter et de danser, pensant qu’un jour c’est elle qui prendra un train, pour un long voyage, un voyage qui ne vous ramène jamais !!!
Un merveilleux voyage, qui vous enivre de couleurs, de magie, vous fait découvrir, le monde, des trésors, des merveilles… libre… libre comme blanche… simplette, on vous dira qu’elle est simplette, que c’est une rêveuse, sans cervelle… et alors… vous répondra t’elle… elle, au moins elle connais la liberté, cette liberté qui vous emmène dans les nuages… près du soleil… à l’écart des tourmentés… des stressés qui courent après le temps, s’en pouvoir le rattraper…. Elle se moque de tout, de vous… de moi… qui la regarde, en me demandant pourquoi, je ne peux connaître cette légèreté qui la rend si belle….
Blanche sourit au ciel… aux oiseaux… aux fleurs… elle est heureuse…. Son monde imaginaire est merveilleux… elle n’est pas si bête, elle sait que certains aimeraient lui ressembler, pour ne plus courir… travailler, s’encombrer de femme, enfants,…ou pour ne plus s’esclavager d’homme, de bambins qui vous vieilliront, tellement vite, que vous serez usé avant vos trente ans…
Blanche n’a pas d’âge, parce qu’elle n’a pas d’ennui, dans sa tête tout est beau… tout est poème, elle se fout du temps qui passe… des années qui viendront rider ses yeux… ses joues… son cou, elle coure aujourd’hui auprès des trains, qui passent… comme passe la vie pour nous autres, pauvres esclaves du temps, de l’argent, sans cesse, tourmenter par de faux sentiments…
Elle coure parce qu’elle ne sait faire que ça… la tête dans les nuages… l’esprit en fête… les yeux rivés sur la vie… sur les trains… Blanche me tend la main, je voudrais courir vers elle… m’installer près de son cœur… sourire à la vie… aux couleurs du temps moi aussi, chanter et danser toute la journée, tout simplement, bercée par le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les herbes hautes… caressée par le soleil qui viendra brunir ma peau, et me réchauffer l’âme… mais je ne peux… j’entends qu’on m’appelle…
Le sourire de Blanche disparaît, le vent ne souffle plus… je peux déjà sentir le froid, qui vient sournois glacé mes os, ma tête… je cherche encore blanche !!!! Mais elle n’est plus…. J’appelle… je hurle…. « Attends moi Blanche, emmènes moi… Blanche… Blanche… », Mais rien n’y fait blanche a disparu, emportant avec elle, la douceur du vent chaud et réconfortant… les fleurs colorées… les trains… la vie…
Il est six heures, je me réveille, presque en larmes… la réalité doucement prend place au fur et mesure que mes yeux découvrent ma chambre vide… Blanche n’est plus depuis si longtemps… elle est partie… elle est monté dans un train, celui qui te conduit au paradis… trop malade de ne pas savoir ce monde, de ne pas vouloir ce monde… un monde qui ne la comprenait pas… qui l’ignorait… un monde ne voulait pas d’elle… ma sœur blanche… ma douce blanche… elle s’est jeté sur les rails… en souriant… les cheveux au vent… face à la ferraille… pour l’embrasser… pour s’en aller…
Blanche m’a quitté voilà déjà plusieurs étés…. Blanche… ma jumelle… ma seule amie… l’autre moi…. moi Qui la rejoins chaque nuit en rêves…ma Blanche… si tu avais pu me laisser un peu de ta légèreté… de ta simplicité… de toi… je pourrais enfin… connaître à mon tour… la liberté… et me défaire de la vie en prenant un train … moi aussi…
Un train… pour le ciel… pour l’éternité…
veronique (http://www.ecrivez.org)