Je suis employé par la maladie
pour son empire et sa suprématie je surveille
des foules et des foules d’identités virtuelles
premier symptôme de la maladie
Je suis employé par la maladie
je tiens le fusil, et qu’on s’en tienne au rituel !
et qu’on gangrène les nuits sans sommeil
second symptôme de la maladie
Gangrène égale progression de la maladie ;
il faut que tout reste clos et sans issue,
une solitude sans alternative, une falaise infinie
quatre-vingt-dix milliards de symptômes comptabilisés
La gangrène argumente, la gangrène dit :
Rencontre ne signifie rien !
Contact est une abstraction !
L’échange n’a de sens qu’ici,
Ici est au présent !
L’avenir n’existe pas !
L’avenir doit disparaître !
Et l’identité n’a jamais été qu’imaginaire !
L’imaginaire est une hégémonie hégémoniarque !
Voilà sa toute-puissance le sire Faux !
Fantasmes fantômes, dévorez-les tous !
Le réseau se compose de milliards d’enveloppes fermées où luit un soleil au bout de l’extinction,
en chacune il est là,
en chacune il périt,
comme tous les presque squelettes en leur prison !
quatre-vingt-dix milliards de symptômes comptabilisés
Je suis dans la main de la maladie,
quelque part, l’une des minuscules particules qui composent un ongle,
j’agis, bouge, jongle avec les applications multiples, multiples voix de la maladie
Et que la gangrène augmente ! et que la cadence entre en fusion !
Tous les chemins mènent à la maladie !
Ronge, ronge l’espérance, la maladie vaincra !
Il faut que le flux se tende et que l’espace s’emplisse, il faut qu’il n’y ait plus de place !
Chacun chez soi ! Tout est clos au dehors !
L’avenir est une folie inventée par les fous du passé !
Ici est au présent !
Scande, scande la maladie et ses slogans !
Tous les chemins mènent à la maladie !
La maladie dans le réseau m’appelle,
elle qui n’a nul besoin de moi, moi qui ai tant besoin d’elle...
Ronge, ronge l’espérance, la maladie vaincra.
Recommence, recommence, recommence, allez encore !
Symptômes, slogans, préceptes, partitions, symphonie du bourreau !
Nous sommes tous esclaves, victimes et fautifs, nous sommes tous responsables !
Des gens sont déjà mort par ma faute, et puisque l’avenir n’existe pas,
Je renonce à les comptabiliser.
Oui, je sais ce que je fais.
Tous les chemins mènent à quatre-vingt-dix milliards de symptômes !
Recommence, recommence, recommence, allez recommence !
Tu veux manger ? alors tue ! alors tue !
Alors tue ! Alors tue !
leeroy (http://www.ecrivez.org)