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Inspiration.



S’il est une matière de l’esprit que la plupart d’entre nous recherchent au terme d’une journée de dure labeur où tourmentés par le fouet de la productivité intense, nous nous languissons de la monotonie de l’existence, c’est bien cette denrée rare que peu peuvent se prévaloir de faire jaillir avec simplicité ; elle qui hante les nuits des écrivains de toutes sortes qui cherchent le bon mot parmi l’almanach de la grotte à rêveries.

Vous, que je cherche quotidiennement avec une ardeur excessive dans les tréfonds de mon intimité mais ô combien récalcitrante à ce que je vous couche sans le moindre scrupule sous les filigranes malingres de mon lit de papier.

Combien de fois n’ai je point eu affaire à la fameuse page blanche, ma vierge précieuse toute dénudée qui n’offrait à mon regard qu’une poussière prosaïque.

Comme la chère et tendre demoiselle qui déambule le long de nos trottoirs oniriques le temps de nos sommeils respectifs et nous plonge dans une fantasmagorie de l’esprit délicieusement outrancière, je souhaiterais faire part à cette pléthore de briques à mots les fruits de ma sécrétion interdite.

Paradis hermétiques à la folie de l’être et des cœurs meurtris par les semences du mal engendrées par les perversités intellectuelles de la terre des hommes ou autres odes à l’amour cru, la fougue inspirationnelle commande un affranchissement total des règles imposées par la langue, épicentre mondial du verbe.

C’est au sein de cette liberté tant convoitée par les « fous » de l’écriture et autres parodistes de la langue française que l’inspiration atteint son paroxysme le plus cher.

« Oserais-je donc vous bafouer en vous estropiant d’une lettre » ? prétendrait l’écrivain un tantinet moqueur vis à vis du mot « maux » instauré comme tel ?
Ainsi donc, le « mot » deviendrait « mo » et simplifierait tant la tâche des pédagogues en milieu analphabète, là, où l’apprentissage du « lire » et du « parlé » constitue une réelle difficulté.

Quant à la question de la difficulté de la langue française, je vous répondrais sans hésiter que cette dernière comme tous les langages du monde n’est point évidente à maîtriser.

Et pour cause, évaluez donc le nombre de fautes commises par le commun des mortels.

Sur support papier comme via le formidable tremplin expressif que constitue la plateforme Internet, les fautes pulullent dans un gigantesque méli-mélo de raisonnements en tous genres.

Les néologismes crucifient la complexité orthographique en leur préférant une simplification parfois abusive et les abréviations font office de raccourcis mentaux prônés par les producteurs de l’immédiateté.

Oust les dictionnaires et autres assommoirs garants de la préciosité !

Place à l’instantanéité intellectuelle, à la « réflexion minute », qui ce faisant, conduisent d'une part à oublier l’existence d’un havre de mots richissime au possible et d’autre part à spolier la beauté de la langue via une écriture remaniée.

Les esprits ne forgent plus la langue comme une matière précieuse et scintillante de toute sa quintessence et le mot ne devient plus qu’un accessoire langagier.

La première altercation du non initié avec les colporteurs du « nouveau langage » peut paraître risible comme nous pourrions le démontrer par l’exemple même du monde virtuel où les turbulences de l’être se lâchent sans relâche.

C’est ici que le « mot pulsatif », cher confrère du « mot descriptif » prend tout son sens.

Les belles métaphores des poètes d’antan se perdent dans l’immensité du cosmos virtuel au profit de la pensée expéditive.

* Texte en cours de publication *

Utopia GFR (http://www.game-fr.com)


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