Telle une nymphe chrysalide enrobée de soie, la libertine offrira à vos yeux un regard carminé idolâtre, signe de sa servitude...
Monseigneur, ne tombez point en pâmoison, la vie vous réserve bien des surprises. Je vous vois blêmir sous le poids de l’amour... Sachez qu’un gentleman doit exclure toute passion de sa vie afin de se vouer corps et âme à la toute délicatesse féminine de ce monde. Vous êtes encore bien jeune, vous apprendrez...chassez de vos pensées ces tourments qui assombrissent outrageusement la clarté de votre regard, gardez la tête haute et apprenez à rester aveugle à vos passions. Goûtez l’évanescence de la chair et nourrissez en votre cœur afin de le rendre infidèle. Regardez, mirez, contemplez ici-bas la face de notre société. Voyez-les croupir dans leur sale et vétuste misère, ignorants du faste et de la volupté. Dédaignez la perfide ignominie de leurs besoins primaires et élevez-vous grandiosement jusqu’à un jour effleurer le voile secrètement impénétrable du royaume céleste. La vie est un divin présent, portez sans crainte à vos lèvres charnelles ce met délicat car l’obsolescence ne le guette point. Un jour, vous aurez de grandes ambitions et le monde se portera à vos pieds jusqu’à l’ensevelissement de ses souffrances. Avec une digne préciosité vous agiterez vos doigts d’un geste nonchalant et toucherez la joie du malin mépris. Hautainement, vous tournerez les talons d’un mouvement étudié et atteindrez le snobisme excentrique du parfait calamiteux. Par votre écoeurante richesse et votre fallacieuse stature vous attiserez les haines. Attirez les dans un bocal dont vous fermerez le couvercle et nourrissez-vous chaque nuit de la plus puissante énergie que l’Homme est capable d’offrir. Respirez sa saveur, d’abord lentement, laissant érotiquement vos sens se troubler. Un frisson parcourt délicieusement votre échine... l’excitation s’engouffre dans vos veines jusqu’à vous animer d’un irrépressible affolement... abandonnez-vous goulûment à cette odeur tel un esprit bestial en proie à un souffle puissant incontrôlable, déclanchant le feu miroitant qui mène à la pure folie. Vous atteindrez alors les plus belles perversités de ce monde et comprendrez la vérité. D’ici là, je ne puis rien pour vous, sinon vous soutenir de mes pensées. Laissez-vous entraîner vers cette quête métaphysique qui tourmentera vos charmes nirvaniques. Monseigneur, j’effleure de mes lèvres vos blanches mains et vous place sous la protection de l’esprit d’Oaristys.
suddgumi (http://www.ecrivez.org)