« Réveille-matin, je te déteste. Tout comme l’horloge, le tic-tac d’une montre, le soleil qui se lève, éblouit, se couche. Les calendriers. La moche nuit qui s’avance. Tout comme le temps. Et surtout sa mesure. Cadrans solaires, pendules, clepsydres. N’existez plus. Taisez-vous, faîtes-vous imperceptibles ; indolores. Eh ! vous les saisons, arrêtez d’être quatre, devenez incomptables. C’est tout ce que je demande.
Je vois la vie qui file, qui s’écaille et qui s’effeuille, me fait attendre que le temps passe tout en feignant de ne rien voir passer. Ah ! Je deviens fou, voilà qu’aujourd’hui –que je hais parler d’un aujourd’hui, d’un hier, d’un avant-hier, d’un demain, d’un après-demain !- je constate la réalité, ce visage, le mien, qui porte mieux les traces des secondes, des décennies que n’importe quoi. »
Il partit quelque part, dans un vide, peut-être dans une pièce close dénuée de toute fenêtre, sans une date, sans un nom, sans un miroir,simplement des murs vides –le meilleur reflet de sa démence. Bientôt, il sentira le temps le prendre par les tripes, viens-là, le pousser dans sa tombe et inscrire sur la pierre : Jean C., 09.04.1979- 15.08.2002. Triste marque de la brièveté.
Eva_Abouahi (http://www.ecrivez.org)