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vendredi jour du poisson (Un cauchemar véridique)



Le contact froid, métallique du mur derrière rendait la progression encore plus pénible qu’elle ne l’était déjà.
Le sol était recouvert de câbles et de détritus divers et une odeur de mort embaumait le tuyau. J’avançais ainsi jusqu’à rencontrer un panneau, sorte de sas de sortie. Il était formé de plusieurs lamelles de plastique… Et tel un nouveau né tentant de fuir ce ventre putride je m’extirpais de ce passage nauséabond.
La pièce, ou plutôt le couloir dans lequel je venais de pénétrer était surchargé de cartons divers d’où émanaient des odeurs bien plus agressives que dans le tuyau.
On ne respirait pas de la pourriture comme je pu le remarquer de suite…
Les cartons s’amoncelaient sur le coté droit jusqu’à former un mur, derrière on pouvait voir les prémices d’une grille. A gauche, il y avait juste une sorte d’aquarium dans lequel gisait un énorme animal qui ne ressemblait à rien de connu. On aurait dit le croisement d’un bulldog et d’un requin atteint d’une tumeur géante.
Et comme pour m’arracher à la contemplation de ce rejet de la nature, un bruit de ferraille se fit retentir. C’était comme si l’on traînait de lourde chaînes. Attiré par cet étrange phénomène j’arrivais à la hauteur de l’angle du couloir. A ma droite s’élevait une porte d’où s’échappait une lumière instable comme prise d’épilepsie. Ce n’est qu’après avoir compris que d’avancer plus ne serait pas un choix judicieux que je décidais de reculer, même si le seul échappatoire possible était de retourner dans ce tuyau en décomposition. C’est alors que la réponse à ces bruits vint à moi d’elle même. Tout comme la créature dans l’aquarium elle semblait elle aussi atteinte d’un mal inconnu. Et bien que tout dans son apparence démentait le fait que cette chose puisse bouger, elle avançait vers moi. La raison avait repris le dessus, et c’est en reculant que l’idée de faire tomber les cartons germa dans ma tête. Je n’avais rien d’autre sous la main de toute façon. Et tout ce que je souhaitais à cet instant était de mettre le plus de distance possible entre la créature et moi. La ralentir était la seule solution que j’avais trouvé. Ce n’est qu’après avoir fait tomber un maximum de boites que je regagnais le tuyau. Mais, peut être par instinct, je pris l’initiative de jeter un coup d’œil derrière avant de quitter cette pièce des horreurs. Je réprimais ,alors, une exclamation de dégoût au spectacle qui s’offrait à moi tout en pénétrant à nouveau dans ce passage désagréable.
Ce n’est  qu’une fois à l’abri que je laissais derrière moi les images de deux créatures plus difformes l’une que l’autre dont l’une gisait inerte dans un aquarium et l’autre, apparemment incapable de marcher avait réussi à atteindre ce même aquarium, à étirer sa tête pourvu d’innombrables dents et s’était mise à dévorer sa comparse en déchirant chaque lambeau de chair avec une facilité déconcertante.

Amalia (http://www.ecrivez.org)


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