La mer, cette demoiselle bleuâtre aux formes onduleuses;
Obséquieuse mais ô combien indocile dans ses humeurs belliqueuses;
Tumulteuse créature dans sa folâtrerie carnavalesque;
Dantesque comme un pâturage sans fin où foisonnent tant de peuples de l'eau;
Tantôt capricieuse, tantôt séduisante dans sa robe aux mille couleurs chatoyantes;
Flottante au gré de son bon vouloir aux quatre coins de notre étoile;
Envolons-nous vers d'autres cieux, ma chère, là où les maux des mots font part à la mélodie du silence;
Où sans outrecuidance, vous me révélerez sans amertume les secrets de vos abysses;
Exquises profondeurs des tréfonds de votre être où nul homme ne posa pied;
Là où la piété de notre symbiose aquatique prendra naissance offrant à la quintessence de nos deux entités;
Une passerelle magique gorgée de vos substances enivrantes et de ma bouche craintive que je vous sacrifie;
Sous un lit de couvertures noirâtres qui altèrent l'éclat de vos délices;
Ne seront remis en cause les auspices du bonheur certain que vous me faites vivre;
Mes yeux exultent de cette danse aquatique à la beauté manifeste où les courbes de votre corps me laissent présager une sensualité sans pareil;
Oh comme j’aimerais pouvoir vous étreindre afin de goûter aux délectations de l’amour amer, à cette saveur de l’insipide, le temps d’une valse;
Et je vous confierai toute ma frêle consistance sans la moindre peur;
Afin qu’ensemble nous la fassions tournoyer dans les tourbillons de nos périlleux mouvements;
Un manège sans fin bercé par la beauté enchanteresse d’un monde sans monstres mécaniques;
Un quelque part, ailleurs, un infini gargantuesque où nul homme ne pourra jamais prétendre vous conquérir;
Vous, mon exquise partenaire,ma Grande Dame bleue, ma tortueuse inlassable;
Avec qui je danse encore et pour toujours sur les notes de votre altesse indomptée.
Utopia GFR (http://perso.infonie.be/utopia_x/Poetry/odebleue.pdf)