La surprise et la peur panique s’installèrent dans mon esprit, lorsque je découvris les entailles, morsures et autres sévices que mon torse avait subit… mon torse et le reste de mon corps d’ailleurs…
« Putain Tom, tu en as partout… t’as couché avec une tigresse ou quoi… »…
« Tais-toi Max… je n’en sais rien… le problème, c’est que je ne me souviens de rien… c’est le trou noir… »…
En effet, j’étais incapable de me souvenir, de ce que j’avais bien pu faire pour être dans cet état…J’avais encore un mal de crâne épouvantable, alors instinctivement, j’ouvrais le placard de la salle de bain, pour y prendre des pilules, j’en ingurgitais deux comme souvent…
« Arrêtes… tom, tu avales ces pilules à longueur de journée, depuis quelques temps, sans t’en rendre compte… », Me dit Max…
Il avait raison, mon placard était rempli de petits flacons de pilules, et chose curieuse, elles n’avaient pas d’étiquettes, rien, pour signaler leur provenance…
« Tom, d’où elles viennent ces pilules… tu es allé voir un médecin, il y a quelques jours… tu te drogues… c’est quoi… », M’interrogeât Max…
« Non, je ne me drogue pas, enfin tu le sais… merde on a fait assez de java, un petit joint de temps à autres, mais c’est tout… et je ne suis pas aller chez le médecin, depuis mes treize ans, alors tu vois… », Je faisais les cent pas d’en l’appart à la recherche de réponses, qui tardaient à venir, et qui pour couronner le tout, m’inquiétait fortement… Mon mal de crâne s’envenimait, machinalement, je mis la main dans mon jean, pour y attraper la boîte que j’y avais placé en sortant de la salle de bain, mais Max m’en empêcha…
« Non… pas encore… Tom, pas avant de savoir d’où elles viennent et de quoi elles sont composées, ok… j’ai un pote qui travaille dans un labo, j’irai le voir demain… », Max m’avait arracher la boîte des mains, il se dirigea vers ma salle de bain. Il entra pris la poubelle, ouvrit le placard, et y versa toutes les boîtes, traversa le salon, entra dans la cuisine, et jeta le contenu de la poubelle dans le vide ordure, sans que je bouge…
Mon mal de crâne était insoutenable, pour tergiverser, pendant des heures avec Max, alors j’acceptais sans broncher tous ce qu’il me disait, on a rangé mon appartement, de fond en comble, et puis je me suis allongé sur le sofa, en fin de journée, mon cerveau était en ébullition encore une fois, et je n’en pouvais plus
« Je vais rester cette nuit, il faut que tu saches ce qui se passe et moi aussi, d’ailleurs, je ne peux pas te laisser, dans cet état sans surveillance, et si vraiment, tu ne fais que rêver, on en aura le cœur net… », M’averti Max, en me prenant par le bras, pour me conduire dans ma chambre… Il avait raison, il était temps, de savoir ce qui se passait dans mes nuits, rêves ou réalité, j’étais bien incapable de discerner le faux, du vrai… Et puis, je le devais pour Constance, et peut-être pour cette pauvre danseuse, retrouvée morte, la nuit dernière. Max était persuadé que j’y étais pour quelque chose…
L’endroit était sombre, une bouche d’égout, sous le métro, je traversais un long couloir, éclairés par des néons verts, l’endroit était très humide, mais une vague de chaleur s’engouffrait dans le couloir. Celui-ci déboucha sur une salle de tuyaux, de la vapeur encombrait l’atmosphère, et un bruit sourd raisonnait dans l’immense salle. J’avais l’impression d’avoir été suivi, et puis ma tête… encore et toujours ma tête qui me jouait des tours. Un grondement saccadé, comme si on cognait un marteau sur un de ces tuyaux, voilà ce qu’était le bruit qui m’avait attiré dans ce lieu… Je me retournais brusquement, j’étais sûr que l’on m’épiait… Et pour cause, je l’aperçu parmi la fumée des gaz qui s’échappaient des tuyaux, elle apparu devant moi… Mon dieu, je devais rêver, une panthère, aux yeux bleus, toutes griffes dehors, ouvrant une large gueule, se jeta sur moi. J’étais pétrifié, je fermai les yeux, et quand je sentis sa chaire sur moi, je basculai sur le dos, essayant de protéger ma tête avec mes mains… Un éclat de rire, m’incita à ouvrir les yeux, puis un rire prononcé, je découvris, une superbe créature à califourchon sur moi, une femme aux yeux bleus, comme la panthère, deux secondes plus tôt…
« Tu n’as pas pris ton compte de pilules Tom, aujourd’hui… c’est pas bien… tu n’es pas en forme… mais je vais y remédier… »…
Elle plongea son regard dans le mien, et m’envoya ses ongles longs et acérés en pleine figure, du sang coulât de mes joues, elle se pencha pour laper le breuvage chaud qui dégoulinait… Je la regardais et je ne sais pourquoi j’ai avalé les pilules qu’elle m’engouffra au fond de la gorge. Avec son autre main, elle m’a maintenu la bouche fermée un moment, pour ne pas que je régurgite, elle était si forte que je ne pouvais pas bouger…Mais je ne voulais pas bouger… Son emprise était tout simplement agréable, une fois de plus l’excitation monta aussi vite que les vapeurs se bousculèrent, et que le bruit s’accentua…
Etait-ce les pilules, le bruit, la femme, les vapeurs, mais tout autour de moi, tournoyait… tournoyait… et tournoyait encore… à une vitesse incroyable, j’essayais de lutter, les nausées revinrent aussi, le brouillard sur mes yeux à son tour était lui aussi revenu, je perdais la raison encore une fois… Que ce passait-il, je ne distinguais plus le visage de la femme, au dessus de moi, tout s’emmêlait… J’avais sous les yeux, tour à tour, le visage de Constance, des mains serrant son cou, je ne distinguais pas qui s’acharnait sur cette pauvre fille, mais elle suffoquait, c’était effrayant, quelqu’un lui faisait l’amour et essayait de l’étrangler en même temps… puis ce fut le tour de mes diablesses et leurs rires provocateurs, leurs dents pointues, de la chair, du sang, sans distinguer qui mordait qui…des cris, des filles qui criaient sous les crocs d’un homme dont je ne distinguais pas le visage, mais elles étaient terrifiés, elles étaient pieds et poings liés, une sur un lit, l’autre sur une chaise et la troisième par terre près d’un radiateur, et tour à tour, elle subissait les assauts pervers d’un type qui les violentait… j’avais envi de vomir, de temps à autre, je retrouvais le regard bleus de la tigresse qui m’avait cloué au sol, et puis à nouveau, une main tenant un couteau, un torse avec des entailles, des balafres sur des seins, des cris encore, puis une autre jeune femme couchée sur le ventre subissant les accous sauvage d’une brute hurlant de plaisir, une danseuse dans une boîte de nuit trop sombre, des serpents, et encore des mains qui serrait le cou d’une fille, j’avais peine à reconnaître les visages des toutes ses filles et encore moins celui de l’homme… mais j’étais certain d’avoir vu une lame trancher la gorge, de l’une d’elle… Puis le retour à la normale, enfin c’est ce que je croyais… La femme sur moi, commença à me lécher les joues, le cou, la bouche, comme l’aurait fait un chat ou une panthère, avec ses ongles, elle me griffait le torse. Puis elle prit mon visage dans ses mains, et elle m’embrassa profondément, goulûment… Ma tête… ma tête… j’avais envi de hurler, tellement ma tête me faisais souffrir, je luttais intérieurement, pour rester lucide, mais j’avais trop mal…
« Laisses toi aller Tom… laisses toi faire… cela n’en sera que meilleur… tu le sais bien pourtant… »… me disait la tigresse en s’agitant sur mon bas ventre…
Elle descendit sur mes jambes, pour pouvoir, attraper mon pénis avec sa bouche… Je voulais lutter, mais mon corps s’y refusait, si bien qu’au bout de quelques minutes, je me mis à apprécier les faveurs de ma tigresse… Alors elle recula d’un bon, je secouais la tête, j’écarquillais les yeux pour être sûr de ce que je voyais en face de moi… Ce n’était pas possible, rien n’était réel, cela ne pouvait pas être réel… ma compagne avait le corps marbré comme une panthère, des griffes à la place des ongles, des crocs avaient remplacés certaines de ses dents… Elle rugissait, en me regardant fixement, je me redressais et m’appuyais contre un gros tuyau, le bruit dans la salle était plus oppressant, la fumée de nouveau envahissait les lieus, mais je n’avais aucune envi de fuir, j’avais peur et pourtant, j’étais subjuguer par cette créature mi femme, mi panthère, qui ne tarda pas, à de nouveau se jeter sur moi… Elle m’enroula de ses bras, de ses jambes et nous roulâmes par terre sur le sol humide, enchevêtré l’un dans l’autre, nous avons fait l’amour, de temps à autres je sentais ses griffes me déchirer le dos, ses crocs me percer la bouche, le cou, les joues. Plus fort, je la serrais de plus en plus fort, tellement, je trouvais cela excitant et terriblement bon…Je me surpris même à rugir à mon tour quand le moment de l’extase arriva, nos roulades n’en finissaient pas, j’étais le jouet d’une tigresse, pour mon plus grand plaisir…
Et puis dans un mouvement brutal, elle m’expulsa, je me retrouvai en l’air, pour retomber quelques mètres plus loin, comme un chat aurait jeter une souris, après l’avoir tuer… Je mis quelques temps pour rouvrir mes yeux, et c’est là que je le vis… Lui, ricanant fortement, maladivement, lui, qui me ressemblait tellement, lui mon double…
« Alors Tom… tu vois que tu ne peux plus te passer de ces pilules… n’est pas peur… je ne suis que le reflet de ton imagination… je suis toi… le toi que tu as crée par besoin, pour te donner bonne conscience, regardes… ou peut-être que celui qui est par terre, est le toi que tu voudrais être… ou que tu es vraiment… regardes… », je relevai la tête pour apercevoir ce que mon double me montrait, et je vis le corps d’une jeune fille nues, déchiquetée de toute part, elle baignait dans son sang… « C’est tu qui tu es vraiment Tom… moi… toi…lequel de nous deux est le vrai… c’est toi seul qui a la réponse… Tom… toi seul… »…
Une terrible odeur de gaz me réveilla. Je couru tant bien que mal dans ma cuisine, Max y était, la tête sur la table,
« Max… tu ne sens rien… enfin Max tu es fou, ou quoi… »
Mais Max ne répondit pas, j’éteignais le gaz, et d’une main secouais Max, celui-ci tomba sur le sol, je découvris avec horreur, son cou… on lui avait tranché la gorge et c’est seulement à ce moment là que je m’aperçus que ma cuisine était nappé de sang…
véronique (http://www.ecrivez.org)